UFC-Que Choisir Pays de St Omer, Montreuil sur Mer et de la Côte d'Opale

Stratégie alimentaire La Commission renverse la table !

Stratégie alimentaire 

 

La Commission renverse la table !

S’il est encore trop tôt pour s’enthousiasmer, c’est une belle victoire d’étape obtenue par l’UFC-Que Choisir et ses alliés du Bureau Européen des Unions de Consommateurs en vue d’une alimentation plus saine et durable. En effet, en dévoilant sa feuille de route sur la nouvelle stratégie alimentaire – « de la ferme à la fourchette » – la Commission européenne a répondu à bon nombre de nos appels : Nutri-score, lutte contre les pesticides, traçabilité, antibiorésistance, la Commission fait enfin preuve d’un peu d’ambition.

 

En effet, loin de répondre au lobby agroalimentaire, l’exécutif européen prône la mise en place d’un étiquetage nutritionnel simplifié obligatoire en face avant des produits alimentaires d’ici fin 2022. Si la date est tardive et que le Nutri-score, plébiscité par plusieurs Etats membres, n’est pas (encore) explicitement cité, c’est clairement une avancée majeure en termes d’information des consommateurs et de lutte contre l’excès de gras, de sucre, de sel dans l’alimentation… Notre initiative citoyenne européenne pronutriscore (retirée en raison du Covid et de la dynamique enclenchée auprès de toutes les parties prenantes) n’est pas passée inaperçue… Loin de là ! En termes d’information des consommateurs, la Commission entend également avancer sur une généralisation de l’obligation d’afficher l’origine des produits alimentaires, ainsi qu’un étiquetage environnemental. S’agissant des pesticides, elle prône une réduction de 50% de leur utilisation (certes d’ici 2030 !…) et le renforcement des exigences environnementales lors de leur autorisation ainsi que l’amélioration du suivi statistique de leur utilisation. Enjeu majeur de santé publique également, l’antibiorésistance n’échappe pas au radar européen avec un objectif ferme de réduction de 50% des ventes destinées à l’élevage et l’aquaculture…

Des objectifs concrets et ambitieux certes, mais ne voyez pas dans ce billet un plein satisfecit de ma part : plusieurs dates butoirs sont bien tardives (souvent 2030), parfois la Commission se contente de fixer des objectifs certes ambitieux mais sans définir les modalités concrètes, et elle compte enfin encore souvent sur l’autorégulation des professionnels (marketing notamment)… Mais quand même, dans un domaine aussi crucial que l’alimentation, la Commission ne semble plus prête à nous faire avaler n’importe quoi. Reste maintenant à concrétiser cette feuille de route et à l’articuler avec les autres politiques européennes : la PAC bien sûr, mais aussi la politique commerciale et ses accords de libre-échange à haut risque !

Alain Bazot

Président de l’UFC – Que Choisir

28 mai 2020

Ingrédients dans les cosmétiques Le résorcinol épinglé, l’aluminium blanchi

Ingrédients dans les cosmétiques

 

Le résorcinol épinglé, l’aluminium blanchi

Deux ingrédients largement utilisés dans les cosmétiques, le résorcinol et l’aluminium, viennent de faire l’objet d’avis d’experts qui confortent les choix que nous avons faits dans le cadre de notre application QuelCosmetic.

 

Il est à la fois colorant, antioxydant, antiseptique : le résorcinol a plus d’une corde à son arc, raison pour laquelle il est largement utilisé. L’industrie des pneus, celles des colles ou des résines en emploient, mais il est aussi présent dans des produits auxquels nous sommes exposés plus directement : les colorations pour cheveux en contiennent très souvent, les crèmes antitaches et les crevettes quelquefois, le médicament Synthol en renferme également. Or, il est connu depuis des années comme un puissant allergène. Moins bien établi jusqu’ici, son potentiel de perturbation endocrinienne vient d’être confirmé par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail). C’est plus précisément sur la fonction thyroïdienne que le résorcinol produit ses effets délétères. Des observations chez des patients montrent qu’une exposition médicamenteuse importante à ce composé peut mener à des hypothyroïdies sévères avec leur cortège de conséquences (goitre, œdème généralisé, etc.). Les tests expérimentaux confirment ce lien. L’Anses attire en particulier l’attention sur le cas des femmes enceintes chez qui une hypothyroïdie, même faible, « peut provoquer des désordres irréversibles du neurodéveloppement chez l’enfant à naître. De plus, il est difficile d’établir une dose d’exposition sans risques, en particulier dans les populations sensibles comme celles présentant une hypothyroïdie latente ou lors des périodes critiques du développement du fœtus, par exemple. » L’agence propose donc aux instances européennes de considérer le résorcinol comme « perturbateur endocrinien avéré » et « substance extrêmement préoccupante ». Ce classement conduirait à un encadrement de son utilisation voire, peut-on espérer, à son interdiction dans les produits auxquels les consommateurs sont directement exposés comme les cosmétiques, aliments et médicaments.

À l’inverse, le comité d’experts de la Commission européenne a blanchi l’aluminium, utilisé dans les antitranspirants, dentifrices et rouges à lèvres. Il avait sursis à statuer en attendant d’obtenir des données sur la pénétration cutanée de ce composé. Celles-ci sont rassurantes, de même que les calculs visant à évaluer les risques d’ingestion lors de l’utilisation de dentifrices ou de rouges à lèvres. Au terme d’un examen approfondi, les experts concluent à l’innocuité de cet ingrédient aux doses utilisées dans les cosmétiques. C’est en particulier dans les antitranspirants que l’utilisation de ce composé est généralisée. La proximité entre l’aisselle et le sein avait un temps conduit à soupçonner l’aluminium de jouer un rôle dans l’apparition de certains cancers du sein. Finalement, ce lien n’est pas établi.

Ces deux publications confortent nos choix dans le cadre de notre application QuelCosmetic : considérer l’aluminium comme sans risque et le résorcinol, au contraire, comme présentant un risque significatif.

Fabienne Maleysson

28 mai 2020

Vélos et vélos électriques Decathlon lance la location par abonnement

Vélos et vélos électriques

 

Décathlon lance la location par abonnement

Après la location longue durée sur 12, 24 ou 36 mois, Décathlon étoffe son offre de location de vélos avec une formule à l’abonnement, sans engagement de durée. Baptisée Décathlon Rent, cette offre a vocation de test : dans un premier temps elle sera limitée à Paris et à Lyon, avec 5 modèles de vélo, dont 2 à assistance électrique. Les tarifs, entre 15 € et 75 €/mois, comprennent une garantie contre le vol et l’entretien du vélo.

Decathlon renforce son offre de location. En cette période post-confinement qui fait naître des vocations de cyclistes, et alors que l’abonnement s’installe peu à peu dans les habitudes de consommation, l’enseigne va tester une offre de location par abonnement de vélos et de vélos à assistance électrique. À partir du mois de juin, il sera ainsi possible de louer un vélo entre 15 et 75 € par mois en fonction du modèle, sans aucune période d’engagement. Une proposition beaucoup plus souple que l’offre de location longue durée (LDD) mise en place en juin 2019 (lire encadré). Pour interrompre l’abonnement, il suffira de résilier en ligne puis de rapporter le vélo en magasin.

UN ABONNEMENT TOUT COMPRIS

Le service, baptisé Décathlon Rent, sera s’abord testé à Paris (première quinzaine de juin) et à Lyon (deuxième quinzaine de juin) dans quelques magasins (1). « Nous avons besoin de tester ce service en grandeur réelle, explique Yann Carré, responsable des offres de location de Décathlon. Le tarif englobe l’entretien, un antivol et une assurance contre le vol et la casse, dans l’esprit de proposer au client un usage tranquille du vélo en ville. » Votre pneu est crevé ? Le câble de frein a lâché ? Le pédalier a du jeu ? Vous pourrez vous rendre dans un magasin Décathlon ou faire appel à Cyclofix, un réparateur ambulant partenaire, pour le faire réparer sans débourser un centime. « Il y aura bien sûr des exclusions de garantie, car on ne pourra pas prendre en charge toutes les dégradations, notamment si elles ne découlent pas d’un usage normal du vélo », précise Yann Carré, qui pense par exemple à une selle lacérée ou un cadre anormalement tordu. Ces exclusions seront prévues dans les conditions générales, que nous n’avons pas pu consulter, faute d’être finalisées.

DES TARIFS CORRECTS

L’enseigne se donne l’année 2020 avant de tirer un premier bilan du service. Concrètement, vous pourrez choisir entre 5 vélos de la marque :

Modèles Tarifs
Single speed (vélo à vitesse unique… déconseillé en cas de dénivelés !)
Btwin Elops Speed 500
15 €/mois
Vélo de ville
Btwin Elops 540
20 €/mois
Vélo sportif à 9 vitesses
Btwin RC Triban Flat Bar
35 €/mois
Vélo électrique
Btwin Tilt 500 E
55 €/mois
Vélo électrique
Btwin Elops 920 E
75 €/mois

Malgré les 15 € de frais qui seront facturés lors de la souscription, ces tarifs semblent corrects au regard de la souplesse du service. Vous pourrez par exemple tester vos trajets quotidiens avant d’opter pour un modèle, changer de vélo à mesure que Decathlon intègrera de nouveaux modèles, ou bien profiter d’un vélo juste pour une période transitoire. Mais attention, tous les modèles ne seront pas disponibles à Paris et à Lyon et surtout, la flotte initiale sera limitée à quelques centaines de vélos.

PLUS INTÉRESSANT QUE LA LOCATION LONGUE DURÉE

Decathlon propose depuis juin 2019 une offre de location longue durée (LDD) de vélos. Le client s’engage sur 12, 24 ou 36 mois à louer un vélo pour un coût mensuel compris entre 27,90 € et 59,90 € selon le type de vélo (modèle de course, de ville, vélo électrique ou VTT électrique). Globalement plus chère, donc, que l’offre sans engagement. Et de surcroît, beaucoup moins souple. Aux loyers s’ajoute le coût de différentes options, qui varie selon les modèles de vélo et la durée d’engagement. Comptez entre 7 et 10 €/mois pour une assurance contre le vol, 8 à 16 €/mois pour une extension de garantie et 5 à 12 €/mois pour un forfait d’entretien étendu (pour lequel les pièces détachées resteront à votre charge). Le groupe MyPangee, qui gère le service, a aussi la main lourde au moindre pas de côté. Changer de RIB pour le prélèvement des loyers sera facturé 20 €, autant que demander une copie de votre contrat ou vous envoyer une lettre recommandée. Par ailleurs, il s’agit d’un contrat de LDD, non de LOA (location avec option d’achat) : impossible d’acheter le vélo à la fin du contrat. Au bout de 36 mois, pour un vélo de route Van Rysel loué 35,50 €/mois, pour lequel Décathlon facturera 136 € d’apport, avec une extension de garantie et un forfait entretien, vous aurez ainsi dépensé 1 903,60 € (2) pour un vélo qui ne vous appartiendra pas, vendu 1 299 € neuf. Quant à interrompre le contrat avant son terme, n’y pensez pas : les conditions générales précisent que vous vous engagez « irrévocablement » (art. 3) ! À moins d’un motif légitime (surendettement, incarcération…), MyPangee serait en droit d’exiger tous les loyers en cas de résiliation anticipée.

 

(1) L’offre Décathlon Rent sera proposée dans 4 magasins parisiens (Décathlon Madeleine, Décathlon Montreuil, Décathlon Rive Gauche et Décathlon Rosa Parks) et dans les 8 magasins de l’agglomération lyonnaise (Décathlon Lyon Part-Dieu, Décathlon Confluence, éecathlon City Grolée-Carnot, Décathlon Bron, Décathlon Beynost, Décathlon Ecully, Décathlon Limonest, Décathlon Villefranche).

(2) Coût total du vélo : 136 € + (35,50 € x 36 = 1 278€) + (8,10 € x 36 = 291,60 €) + (5,50 € x 36 = 198 €) soit 1 903,60 €.

Camille Gruhier

 

28 mai 2020

Bonus écologique et prime à la conversion Coup de pouce temporaire

Bonus écologique et prime à la conversion

 

Coup de pouce temporaire

À partir du 1er juin et jusqu’à la fin de l’année, le bonus écologique pour l’achat d’un véhicule propre et la prime à la conversion sont revus à la hausse. Attention, pour cette dernière, seuls les 200 000 premiers automobilistes à se débarrasser d’un véhicule éligible et achetant une voiture neuve pourront en bénéficier.

 

Dans sa volonté de « renouveler le parc automobile français en faveur des véhicules propres », le gouvernement a décidé d’augmenter le bonus écologique 2020 pour l’achat d’un véhicule électrique et hybride rechargeable à partir du 1er juin et jusqu’à la fin de l’année. Ainsi, pour les particuliers, le bonus des véhicules électriques passe à 7 000 € (au lieu de 6 000 €) lorsque le prix d’achat est inférieur ou égal à 45 000 €. Dans les mêmes conditions, les professionnels qui souhaitent acheter un véhicule électrique (voiture ou utilitaire léger), pourront toucher un bonus de 5 000 €. Un nouveau bonus de 2 000 € est mis en place pour l’achat de véhicules hybrides rechargeables dont l’autonomie en mode 100 % électrique est supérieure à 50 km et d’un prix inférieur ou égal à 50 000 €. Il concerne les particuliers et les entreprises.

PRIME À LA CONVERSION LIMITÉE

La prime à la conversion, qui permet d’obtenir une prime si on se débarrasse d’une ancienne voiture, est également concernée. Le montant alloué passe à 3 000 € pour l’achat d’un véhicule thermique et à 5 000 € pour l’achat d’un véhicule électrique ou hybride rechargeable dont l’autonomie est supérieure à 50 km en mode 100 % électrique.

Les critères d’éligibilité sont revus afin de convenir à plus de foyers : le seuil du revenu fiscal de référence est relevé à 18 000 € (13 489 € jusqu’alors) et la prime peut être perçue pour la mise au rebut d’un véhicule disposant d’une vignette Critair 3 (véhicules essence immatriculés avant 2006 et véhicules diesel immatriculés avant 2011).

Grande nouveauté, la prime à la conversion est désormais ouverte pour la transformation de sa voiture en modèle électrique (transformation dite « retrofit électrique » qui consiste à remplacer le moteur thermique existant par un moteur électrique), au même titre que l’achat d’un véhicule électrique d’occasion. Enfin, l’État met en place une surprime d’un maximum de 2 000 € lorsque le bénéficiaire habite ou travaille dans une « zone à faibles émissions » (1), pour l’achat d’un véhicule électrique ou hybride rechargeable.

Attention toutefois, cette mesure ne concernera que les 200 000 premières demandes de prime à la conversion. Lorsque ce niveau sera atteint, l’ancien barème sera rétabli. Ce qui devrait être rapidement le cas si le marché reprend son rythme normal. En effet, selon le CCFA (Comité des constructeurs français d’automobiles), il s’est vendu tous les mois un peu plus de 184 500 voitures particulières neuves sur l’année 2019. À ce rythme, dès la fin de la première semaine de juillet, cette prime à la conversion ne serait déjà plus en vigueur.

 

(1) La zone à faibles émissions (ZEF), aussi appelée zone à circulation restreinte (ZCR), permet de limiter le trafic routier en fonction de la vignette Critair. C’est par exemple le cas à Paris, dans 79 communes situées à l’intérieur du périmètre de l’autoroute A86, à Grenoble et 38 communes alentours, Lyon, Marseille, etc.

Yves Martin

28 mai 2020

Fraude au compteur kilométrique Et si on s’inspirait de la Belgique ?

Fraude au compteur kilométrique

 

Et si on s’inspirait de la Belgique ?

Si en France on ne dispose d’aucun moyen pour certifier le kilométrage d’une voiture, en Belgique, le document Car-Pass indique un suivi précis. Le bilan 2019 démontre son efficacité et ne recense que 0,2 % de fraude.
Dans notre enquête sur la fraude au compteur kilométrique, nous évoquions l’intérêt du système Car-Pass instauré en Belgique et dont il serait judicieux de s’inspirer. En vigueur depuis 13 ans, ce système permet un suivi du kilométrage des voitures. Il aurait protégé environ un million d’acheteurs de voitures d’occasion de la fraude au kilométrage. Le bilan 2019 montre toutefois que le système n’est pas 100 % infaillible et qu’il persiste encore quelques cas de malversation. 1 454 voitures ont ainsi été identifiées comme trafiquées en Belgique avec, en moyenne, un abaissement de 61 015 km du kilométrage affiché au compteur. Cela correspond à 0,2 % des documents Car-Pass édités sur l’année (sans tenir compte de ceux ayant été délivrés pour les véhicules d’importation, hormis ceux venant des Pays-Bas). La palme revenant à une Mercedes 250 D de 1989 qui a subi une cure de jouvence drastique et vu son compteur abaissé de plus de 520 000 km !

SURTOUT DES ALLEMANDES
Le bilan montre également que, bien que presque toutes les marques et tous les âges soient présents dans les statistiques, les fraudeurs ciblent principalement les voitures et camionnettes de marques allemandes. Cette tendance est également visible dans le top 10 (voir tableau). De même, la marque Volkswagen, et plus particulièrement les plus anciens modèles de Polo et de Golf, apparaît de façon récurrente. 85 % des véhicules trafiqués sont âgés de moins de 15 ans : logique car plus la voiture est ancienne, moins la fraude est lucrative.

LE CAR-PASS IMPLIQUE TOUTE LA FILIÈRE AUTO
Le principe de Car-Pass est d’imposer aux professionnels de l’auto d’indiquer certaines informations du véhicule, dont le kilométrage, dès qu’il intervient dessus. Ainsi, lorsqu’un garage, un centre auto, un pneumaticien ou un centre de contrôle technique exécute des travaux sur un véhicule, il relève le compteur kilométrique. Il transmet ensuite cette information ainsi que la date des travaux et le numéro de châssis du véhicule au système Car-Pass. De même, dès qu’une voiture ou une camionnette est immatriculée pour la première fois en Belgique, un certain nombre de données du véhicule sont transmis : numéro de châssis, marque, modèle, date de première immatriculation (en Belgique), norme de pollution, émissions de CO2 et type de carburant. Les experts automobiles sont légalement tenus de signaler les véhicules gravement accidentés à Car-Pass. Enfin, les constructeurs et importateurs sont tenus de communiquer les actions de rappel.

Il serait sage d’imposer ces mêmes règles en France et, mieux, dans toute l’Union européenne afin de juguler le fléau du trafic de compteur kilométrique qui pénalise les acheteurs de véhicules d’occasion.

Top 10 des voitures d’occasion dont le compteur a été trafiqué en 2019 en Belgique selon Car-Pass
Marque Modèle Année de
1re immat. Avant-dernier kilométrage Dernier kilométrage Différence
Mercedes 250 D 1989 749 253 228 372 520 881
Iveco Daily 2008 534 734 126 820 407 914
Porsche Cayenne 2010 501 007 114 579 386 428
Audi 80 1988 470 620 138 236 332 384
Volkswagen Caddy 2015 456 325 140 206 316 119
BMW 320 d 2004 571 478 260 312 311 166
Iveco Daily 2008 391 530 83 981 307 549
Mercedes* G 270 CDI 2006 402 501 96 744 305 757
Fiat Ulysse 1999 359 690 60 839 298 851
Mercedes* E 220 CDI 2014 473 541 176 600 296 941
* Véhicule importé depuis les Pays-Bas.
Yves Martin

Rechercher sur le site

26 mai 2020

Contrôle technique Les centres débordés

Contrôle technique

 

Les centres débordés

Le 23 juin, c’est la date officielle de la fin de la tolérance pour les automobilistes n’ayant pas pu réaliser le contrôle technique dans les délais. Désormais, tous se précipitent dans les centres de contrôle, au risque de ne pouvoir passer à temps.

Dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, l’ordonnance n° 2020-306 avait annoncé un report du délai imposé par l’administration pour réaliser les contrôles techniques à partir du 12 mars. Le ministère de l’Action et des Comptes publics a enfin indiqué, via l’ordonnance n° 2020-560, la date officielle de la fin de cette tolérance. Elle est fixée au 23 juin 2020. Cette suspension permettait aux automobilistes confinés et n’ayant pu réaliser le contrôle technique dans les temps de ne pas être pénalisés. À partir de cette date, il faudra donc que tous les véhicules concernés soient passés dans un centre.

RISQUE D’ENGORGEMENT

Mais cette date butoir relativement proche pourrait se traduire par des embouteillages dans les centres et de nombreux automobilistes pourraient ne pas réussir à passer leur contrôle technique. Des centaines de milliers de conducteurs ne seraient ainsi plus en règle après le 23 juin.

Plusieurs éléments sont en cause. Sans même la crise sanitaire du Covid-19, la période de mars à mai 2020 devait être assez chargée en nombre de contrôles techniques. Car beaucoup d’automobilistes avaient avancé leur échéance au printemps 2018 pour éviter de devoir subir la réforme du contrôle technique rendant l’examen plus difficile, entrée en vigueur en juin 2018. Et comme le contrôle a lieu tous les 2 ans, ce sont autant de voitures qui arrivent dans les centres. Selon les estimations, plus de la moitié (55 %) des véhicules qui devaient effectuer leur contrôle technique en mars ne l’ont pas fait. Ce taux grimpe à 83 % en avril !

À cela s’ajoute l’allongement du délai de contrôle. Le groupe SGS (réseaux Auto Sécurité et Sécuritest) avance que les délais de réalisation d’un contrôle vont s’allonger de 20 % en raison des mesures sanitaires que les opérateurs doivent prendre : désinfection des équipements, pose de housses de protection dans les véhicules, etc. Autant de facteurs qui amènent inéluctablement à un engorgement des centres. Le groupe SGS constate déjà un délai d’attente de 15 jours, au lieu de 2 habituellement malgré les mesures prises avec, notamment, l’élargissement des amplitudes horaires et l’incitation à prendre rendez-vous et payer en ligne afin de gagner du temps.

Yves Martin

26 mai 2020

Casques de moto Nouvelle norme d’homologation

Casques de moto

 

Nouvelle norme d’homologation

Pour être commercialisé en France, un casque de moto doit être homologué selon la norme en vigueur. Vieillissante, l’actuelle norme 22.05 va être remplacée par la 22.06, plus sévère, en juin 2020. Elle ne sera toutefois imposée aux fabricants qu’à partir de 2023.

 

La nouvelle norme d’homologation des casques de moto et scooter devrait être votée en juin. Elle imposera des tests plus sévères et les fabricants auront 3 ans, jusqu’en 2023, pour s’y conformer. Toutefois, certains d’entre eux ont pris les devants et seraient à même de proposer des casques répondant à cette nouvelle norme dès cet été.

Tous les casques vendus en France sont conformes à la norme d’homologation actuellement en vigueur (ECE 22.05), mais la protection qu’ils offrent n’est pas toujours optimale. Notre enquête sur le niveau de protection des casques a en effet démontré que les conditions de chocs réels ne correspondent pas vraiment à celles utilisées pour leur homologation. Vieille de 20 ans, la norme est enfin remise au goût du jour et imposera des critères plus sévères.

Si la méthode ne change pas (on laisse tomber le casque sur un support dur), elle intègre désormais des tests d’impacts sur différents angles et à différentes vitesses. Il est aussi prévu que les casques modulables, de plus en plus utilisés par les motards, soient testés avec la mentonnière fermée mais aussi ouverte. La norme 22.06 imposera également un contrôle de la résistance des matériaux face à l’abrasion et prendra en considération les dommages causés au cerveau par les rotations. Ainsi, des capteurs placés dans le casque mesureront cette rotation lors des impacts. Afin d’être homologuées 22.06, les visières devront résister à l’impact à haute vitesse de billes d’acier (elles sont projetées à une vitesse de 60 mètres par seconde, soit 216 km/h !). Les visières devront alors ne pas se briser, se fendre, se déformer ou se détacher du casque. Les visières solaires seront autorisées seulement si elles ne réduisent pas le champ de vision (en dessous de 105° en périphérique) et si elles n’empêchent pas l’ouverture de la visière principale. Les visières principales teintées ne seront autorisées que si elles laissent passer un minimum de 35 % de transparence (contre 50 % aujourd’hui). Elles recevront alors un marquage spécifique précisant qu’elles ne doivent être utilisées qu’en journée.

Pour répondre à ces nouvelles exigences, les casques risquent d’être plus gros, plus imposants, plus lourds (ce qui pourrait nuire au confort) et, certainement, plus chers. Il ne sera toutefois pas obligatoire de changer son casque pour un répondant à la nouvelle norme. En revanche, si votre casque commence à dater (s’il n’y a pas de date limite, des signes traduisent un casque vieillissant : mousse en mauvais état, impacts sur l’extérieur, sangle et système de fermeture usés…) il serait judicieux d’attendre un peu et d’opter pour un modèle homologué selon la nouvelle norme ECE 22.06 pour obtenir le meilleur niveau de protection.

Yves Martin

23 mai 2020

Covid-19 Un Covid-Score pour estimer les risques individuels

Covid-19

 

Un Covid-Score pour estimer les risques individuels

Une équipe lilloise de chercheurs vient de lancer un outil qui permet de calculer un score de risque individuel de développer la maladie du Covid-19 et d’en décéder. L’idée est d’évaluer le risque pour soi-même mais aussi de comprendre les risques de nos proches et des publics fragiles pour mieux les protéger.

 

Un outil de plus dans l’arsenal du déconfinement. Le Covid-Score (1) entend permettre à chacun d’évaluer son risque personnel de contracter le Covid-19 et d’en décéder, pour mieux adapter ses comportements. L’outil est lancé par l’équipe du Pr Philippe Amouyel à l’Institut Pasteur de Lille avec la participation de l’Espace éthique de la région Île-de-France. Même s’il présente quelques limites et n’est validé pour l’heure ni scientifiquement ni officiellement, il pourrait être utile, alors que le gouvernement n’a pas choisi de prolonger le confinement des plus fragiles.

 

QU’EST-CE QUE LE COVID-SCORE ?

Il se présente sous la forme d’un score de risque associé à un code couleur, du vert au rouge, par analogie avec le Nutri-Score (qui, lui, donne une évaluation de la qualité nutritionnelle d’un aliment). Pour calculer le Covid-Score, l’outil prend en compte le sexe, l’âge et la corpulence, estimée par l’indice de masse corporelle (IMC). Trois paramètres dont on sait qu’ils sont prépondérants : les personnes âgées, les hommes et les personnes en surpoids sont plus à risques de complications et de décès.

Si vous ne connaissez pas votre IMC (il se calcule en divisant le poids en kilo par la taille en mètre, au carré) , l’outil le déduit de vos poids et taille. Le résultat final se lit dans une table de risque. Exemple : vous êtes une femme de 40 à 49 ans, avec un indice de masse corporelle compris entre 25 et 29, votre risque de décéder de la maladie est de 0,1, soit 10 fois moins que celui de la population totale. L’étiquette est donc verte. Par contre, un homme de 70 à 79 ans, avec le même IMC, obtient un score orange, avec un risque 6,7 fois plus élevé que la population générale.

Covid-Score
Le tableau qui permet d’évaluer son Covid-Score.

 

À QUOI SERT-IL ?

Le résultat s’accompagne de conseils personnalisés selon la couleur obtenue : reprise ou non d’activités et de visites familiales, mesures de protection de l’entourage, invitation à prendre conseil auprès du médecin traitant… Selon ses développeurs, l’outil pourrait être un des éléments de décision pour des cas très concrets de la vie quotidienne. Même si certaines règles ont été édictées par le gouvernement, une certaine liberté subsiste dans le cadre de ce qui est autorisé. « Avec le déconfinement, beaucoup d’entre nous se posent des questions : puis-je remettre mon enfant à l’école sans risque ? Peut-il être gardé par ses grands-parents ? La population est noyée dans de nombreuses injonctions, qui ne prennent pas en compte la spécificité des situations individuelles, observe le PAmouyel. Notre outil se veut une aide à la responsabilisation du public. »

 

LES LIMITES DE L’OUTIL

Il est important de noter que le Covid-Score ne s’applique qu’aux personnes en bonne santé. Les personnes atteintes de pathologies chroniques sont exclues du calcul. Si vous souffrez de cancer, d’insuffisance rénale, cardiaque, d’hypertension ou d’autres antécédents cardiovasculaires, si vous êtes diabétique, ou si vous présentez un déficit immunitaire, par exemple avec un VIH non contrôlé, cet outil n’est pas pour vous. Vous êtes considéré comme à haut risque de développer une forme grave de la maladie, ce qui revient à être classé en rouge dans le Covid-Score. De même, au vu de l’incertitude scientifique sur leur situation, les femmes enceintes ne sont également pas concernées et doivent prendre un maximum de précautions. Hormis ces limitations volontaires, il faut garder en tête que l’outil résulte d’une initiative privée d’équipes de recherche mais qu’il n’a pas encore été validé par des pairs lors d’une procédure de publication dans une revue avec comité de relecture. S’il a été présenté au Conseil scientifique, celui-ci n’a pas émis d’avis le concernant, l’outil n’est donc pas un outil officiel. Il ne saurait en outre se substituer à l’avis de votre médecin traitant. Enfin, ce risque est à mettre en balance avec la situation dans votre département.

 

UN OBJECTIF PRIMORDIAL : PROTÉGER LES PLUS À RISQUE

Le Covid-Score peut néanmoins vous aider à prendre des décisions non seulement pour vous mais aussi pour protéger les autres. « Par exemple, vous êtes un homme de 35 ans avec un IMC inférieur à 25, en couple avec une femme de 33 ans avec un IMC inférieur à 25 et deux enfants de 3 et 5 ans. Le risque dans votre famille est très faible de contracter le Covid-19 et d’en décéder. Mais vous voudriez faire garder vos enfants hors école par leur grand-père âgé de 70 ans obèse (Covid-Score = 11,5) et par leur grand-mère âgée de 65 ans avec un IMC inférieur à 25 (Covid-Score = 0,5). Si vous n’avez pas d’autre solution de garde, il est indispensable que ce soit la grand-mère qui s’occupe des enfants et que le grand-père reste éloigné en leur présence et respecte scrupuleusement les mesures barrières au sein de son couple. Si vous habitez dans un département rouge, il vaut mieux éviter de donner les enfants à garder aux grands-parents », illustre le Pr Amouyel.

En effet, l’inquiétude existe qu’un second pic épidémique et un nouvel engorgement du système de santé surviennent. Si le déconfinement n’intègre pas des mesures de protections renforcées vis-à-vis des personnes à risque de souffrir d’une forme grave de la maladie, le risque est bien réel suggère une étude épidémiologique mise en ligne le 6 mai mais pas encore validée (2). Le Dr Nicolas Hoertel, médecin-chercheur à l’hôpital Corentin-Celton (AP-HP), qui a participé à cette étude estime donc que « l’information est primordiale, il faut que les gens à risque sachent qu’ils le sont. Deuxième point crucial, il faut que ceux qui ne sont pas à haut risque les protègent par leurs comportements. Dans ce contexte, un outil tel que le Covid-Score est une très belle initiative, un appel à l’altruisme et à la responsabilité individuelle. Il ne s’agit pas d’opposer les deux groupes, ceux à haut risque et ceux qui le sont moins, tout le monde doit se protéger, protéger les autres et sauver des vies ». Un appel à ne pas mal interpréter le code couleur : le vert ne doit pas être synonyme de relâchement, comme le précise d’ailleurs l’outil lui-même.

 

(1) http://www.covid-score.fr/
(2) https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.04.30.20086264v1 (en anglais)

Noëlle Guillon

23 mai 2020

Coronavirus-Vols annulés L’UFC-Que Choisir assigne 20 compagnies aériennes

Coronavirus-Vols annulés

 

L’UFC-Que Choisir assigne 20 compagnies aériennes

Suite aux mises en demeure adressées à 57 compagnies aériennes qui entendaient faire obstacle au droit au remboursement des passagers aériens aux vols annulés, et après le ferme rappel à l’ordre de la Commission européenne sur le droit de choisir entre remboursement et avoir pour les passagers aux vols annulés, l’UFC-Que Choisir, face à la persistance des mauvaises pratiques et aux annonces en trompe l’œil, assigne 20 compagnies aériennes.

En effet, si certaines compagnies ont répondu positivement à la mise en demeure de l’UFC-Que Choisir, de nombreux transporteurs aériens ont ignoré l’avertissement de l’UFC-Que Choisir et de la Commission européenne. Ils continuent de violer la réglementation en imposant aux passagers des bons d’achat en guise de remboursement de leur vol annulé. Ce faisant, l’UFC-Que Choisir n’a d’autre choix que de porter le combat devant les tribunaux.

LES MAUVAISES PRATIQUES PERSISTENT

Si quelques compagnies sur les 57 épinglées ont déjà modifié leurs modalités de remboursement et respectent désormais le droit pour les passagers de choisir entre un remboursement en argent ou un bon d’achat, la majorité des transporteurs persiste à imposer des avoirs, au mépris de la réglementation.

Certaines compagnies font croire aux consommateurs que la situation particulière de pandémie leur permettrait de ne proposer qu’un bon d’achat. D’autres acceptent de rembourser leurs passagers mais en suspendent le paiement jusqu’à une date indéterminée, voire après la fin de la crise sanitaire.

Dans ces conditions, elles violent délibérément les droits des passagers, mais en outre elles font naître un sentiment de défiance qui n’aidera pas au redémarrage de leur secteur. En effet, comme l’a rappelé la Commission européenne, les consommateurs sont aussi victimes de la crise, et certains, confrontés à des problèmes de pouvoir d’achat, ne peuvent accepter un avoir imposé…

L’ANNONCE EN TROMPE L’ŒIL D’AIR FRANCE KLM

Loin de répondre à la mise en demeure qui lui a été adressée, l’annonce d’Air France qui limite le droit au remboursement pour les seuls vols annulés après le 15 mai continue de causer préjudice aux très nombreux passagers aux vols annulés depuis le début de la crise. Il n’est pas acceptable que les consommateurs subissent une discrimination selon la date d’annulation, cette dernière étant qui plus est fixée discrétionnairement par la compagnie aérienne.

UNE ACTION EN JUSTICE POUR GARANTIR LE DROIT DU CONSOMMATEUR DE CHOISIR SON MODE DE REMBOURSEMENT

L’UFC-Que Choisir rappelle qu’elle entend défendre le droit des consommateurs d’avoir le choix entre remboursement et bon d’achat, conformément à la réglementation. C’est la raison pour laquelle l’UFC-Que Choisir lance une action devant le Tribunal Judiciaire de Paris contre les principales1 compagnies aériennes qui ne respectent ce choix. Ainsi, l’association demande aux juges de contraindre les transporteurs aériens, sous astreinte, de mettre fin à leurs agissements illicites.

Alors que l’association serait en droit d’exiger plusieurs milliers d’euros pour l’atteinte faite à l’intérêt collectif des consommateurs, elle souhaite simplement que les compagnies se conforment à la réglementation et respectent les droits des consommateurs. C’est pourquoi elle ne sollicite pas, pour l’instant, de dommages et intérêts pour inciter les compagnies à rapidement se mettre en règle.

L’association n’appelle pas à tous crins les passagers à exiger le remboursement s’ils ont confiance dans un avoir et s’ils peuvent faire autrement. Là encore, la balle est exclusivement dans le camp des compagnies qui ont une marge de manœuvre pour inciter les consommateurs à faire un tel choix. Elles peuvent bonifier les avoirs afin d’en faire une alternative crédible et fiable au seul remboursement. La gardienne des traités européens invite également les compagnies aériennes à rendre le bon d’achat qu’elles proposent plus attractif. Mais ces bons doivent obligatoirement être garantis contre toute faillite éventuelle, offrir aux passagers une large souplesse dans leur utilisation.

LISTE DES COMPAGNIES AÉRIENNES

Air France Ryanair Transavia France Vueling Airlines
Lufthansa Volotea Air Algérie Air Corsica
Royal Air Maroc Air Caraïbes Turkish Airlines TAP Air Portugal
Tunisair Norwegian Emirates Corsair
KLM Air Austral Air Europa Air Transat

NOTES

(1) Sur la base du Bulletin Statistique de la Direction Générale de l’Aviation Civile pour l’année 2018 (https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/bulletin_stat_trafic_aerien_2018.pdf)
21 mai 2020

Accord UE-Mexique Vous avez dit « jour d’après »?

Accord UE-Mexique

 

Vous avez dit « jour d’après »?

«Déléguer notre alimentation (…) à d’autres est une folie », avait estimé Emmanuel Macron mi-mars à l’aube du confinement, parlant de « rupture », de « jour d’après » avant de prolonger mi-avril en appelant à « rebâtir une indépendance agricole »… « Rien ne sera plus comme avant »… Vraiment ? Que penser alors de l’accord commercial avec le Mexique annoncé le 28 avril dernier par la Commission européenne… ?

 

Un nouvel accord de libre-échange après le (feu) TTIP, le CETA (dont le projet de ratification est bloqué au Parlement) prolongeant son entrée en vigueur provisoire…. Que peuvent réellement attendre les consommateurs de ce nouvel accord bouclé et négocié en toute opacité ?

Cet accord entend réduire fortement ou exempter de droits de douane la quasi-totalité des biens échangés. Se traduira-t-il au moins par un gain de pouvoir d’achat ? Rien n’est moins sûr ! Les précédents accords nous ont appris à être méfiants. Pour ce qui est des avantages pour les consommateurs, ceux-ci sont bien hypothétiques là où les risques sont bien réels !

Les citoyens Français et Européens recherchent avant tout à bénéficier de garanties sanitaires, surtout en cette période de crise. L’Union européenne est réputée être l’une des régions les plus protectrices dans ce domaine. Toutefois, des voix s’élèvent, dont celle de l’interprofession française de l’élevage et de la viande, pour dénoncer les 20 000 tonnes de viande bovine mexicaine qui pourront intégrer le marché européen, alors qu’elles ne respecteraient pas les exigences sanitaires requises. Ces affirmations posent la légitime question de la capacité de contrôle des États membres. Une étude réalisée il y a quelques mois, démontrait la réduction considérable, en Europe et plus particulièrement en France, des effectifs des services officiels de contrôle et les risques qu’elle comporte pour les consommateurs. À titre d’exemple, les services de contrôle français avaient relevé 17% d’infraction dans les lots de viande fraîche entrant sur notre territoire depuis les autres pays européens, 21% dans les produits laitiers et 25% dans les produits transformés à base de viande sur la période 2010-2011. Si le nombre et la qualité des contrôles sont alarmants au sein des États membres, qu’en est-il aux frontières européennes ? L’UE et les États ont-ils les moyens de leurs ambitions ?

Par ailleurs, les consommateurs doivent détenir les clés pour opter s’ils le souhaitent pour une consommation plus durable. Si certains désirent consommer européen, ils doivent bénéficier d’une information claire sur l’origine du produit. Dans le cadre de l’alimentation, nous appelons à une pérennisation de l’expérimentation de l’affichage de l’origine pour le lait et la viande dans les produits transformés. Cette obligation d’information mériterait également d’être étendue à d’autres catégories de produits. De la même manière, malgré les belles promesses selon lesquelles il n’encouragera pas les politiques « moins disantes », l’accord, qui entend démultiplier les échanges et les flux entre les deux continents, ne semble comprendre aucune mesure contraignante en matière d’environnement ou de préservation de la biodiversité… Ne semble car oui, à part quelques synthèses ou discours, cet accord, comme les autres, est entouré d’opacité… Sous la pression, un comité stratégique associant la société civile avait été mis en place par le gouvernement français pour le TTIP mais là, rien ni à l’échelon européen, ni à l’échelon français…

Prenant le Président de la République au mot, j’ose donc espérer qu’afin d’assurer notre souveraineté alimentaire et sanitaire, ainsi que la protection de notre environnement, la France va œuvrer à renforcer les garanties pour les consommateurs, ainsi que de la transparence, avant d’envisager toute ratification… Ce n’est sans doute qu’une question de jours… « d’après » !

 

 

Alain Bazot

Président de l’UFC – Que Choisir

21 mai 2020

Vacances Où va-t-on pouvoir partir en vacances cet été ?

Vacances

 

Où va-t-on pouvoir partir en vacances cet été ?

Après deux mois de confinement, de nombreux Français sont désireux de changer d’air et s’interrogent sur leurs possibilités de déplacement cet été. S’il semble acté que les voyages en France seront possibles, ce ne sera pas forcément le cas en Europe… et encore moins plus loin.

 

Les chiffres sont éloquents. Selon l’Organisation mondiale du tourisme, 100 % des destinations mondiales ont encore des restrictions sur les voyages en place et 72 % ont même complètement fermé leurs frontières (dont 83 % des destinations européennes), selon les données collectées le 27 avril 2020. De son côté, l’Association internationale du transport aérien (Iata) n’entrevoit pas de retour à la normale dans le secteur avant 2023. Dans ce contexte d’épidémie de Covid-19, et alors que la France n’en est qu’à la première phase de son déconfinement, difficile pour les Français de choisir une destination où partir cet été.

Une chose est sûre (ou presque, l’épidémie étant imprévisible) : il sera possible de se déplacer en France cet été. Le Premier ministre Édouard Philippe l’a annoncé jeudi matin. « S’agissant des vacances, sous réserve de l’évolution de l’épidémie et de possibles restrictions très localisées en fonction de son évolution, nous privilégions une hypothèse raisonnable : les Français pourront partir en vacances en France [métropole et outre-mer, ndlr] au mois de juillet et au mois d’août », a-t-il déclaré au moment de présenter le plan du gouvernement en faveur du secteur du tourisme. Il est donc d’ores et déjà possible de réserver ses hébergements, a-t-il ajouté. En effet, « les acteurs du tourisme, de l’hôtellerie, se sont engagés à faire en sorte [que les voyageurs] soient intégralement remboursés dans l’hypothèse où l’évolution de l’épidémie ne rendrait pas possible le départ en vacances ».

Le Premier ministre n’a pas évoqué les séjours à l’étranger – pour l’instant interdits aux Français jusqu’au 15 juin. Sans doute parce qu’il s’agissait de présenter un plan de soutien au secteur du tourisme en France… mais aussi parce que la situation est encore floue sur les destinations qui rouvriront cet été.

Ce mercredi, la Commission européenne a présenté ses recommandations concernant la réouverture progressive des frontières intérieures de l’Union. Elle préconise ainsi la réouverture des frontières entre pays voisins présentant un même profil sanitaire (mesures mises en place pour prévenir l’épidémie, taux de contamination, etc.). C’est d’ailleurs ce qu’ont prévu les États baltes à partir du 15 mai : l’Estonie, la Lituanie et la Lettonie, où le virus ne circule plus, ont rouvert leurs frontières. L’Allemagne a décidé d’en faire de même avec le Luxembourg le 16 mai et prévoit une réouverture de ses frontières avec la France le 15 juin. Si cette réouverture se fait en ordre dispersé, c’est parce qu’il revient aux États d’ouvrir ou non leurs frontières : les recommandations de la Commission européenne ne sont que des suggestions.

DES DÉCISIONS EN JUIN

Il est donc encore impossible de connaître les destinations qui seront ouvertes aux touristes français cet été, ou à quelles conditions (dont la possibilité d’une quatorzaine obligatoire dans certains pays, ou d’un test à l’arrivée). « On saura début juin » s’il est possible de voyager en Europe, a prédit, lors d’une interview le 12 mai, Emmanuel Macron. « On va limiter les grands déplacements internationaux, même pendant les vacances d’été. On restera au moins entre Européens, peut-être en fonction de l’évolution de l’épidémie faudra-t-il réduire un peu plus », a expliqué le chef de l’État. Le secrétaire d’État chargé du Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, a précisé le même jour que « les ministres du Tourisme européens ont convenu de travailler ensemble à la réouverture des frontières intérieures », afin de mettre en place « une restauration phasée et coordonnée des frontières »« À mesure que les uns et les autres nous maîtrisons la circulation du virus, nous pourrons aller vers des restrictions davantage ciblées », a-t-il complété.

Concernant les voyages hors de l’Europe, là aussi, la situation dépendra de l’ouverture des frontières, qui se fera selon le bon vouloir des États. Les consommateurs devront aussi faire avec la baisse du nombre de vols et de destinations desservies : le trafic aérien mettra en effet de long mois avant de retrouver son niveau d’avant-crise.

Morgan Bourven

21 mai 2020

Purificateurs d’air Des résultats mitigés

Purificateurs d’air

 

Des résultats mitigés

Nos confrères allemands de Stiftung Warentest ont testé des purificateurs d’air à filtres vendus outre-Rhin, mais six d’entre eux sont également disponibles en France. Faut-il s’équiper ?

 

Les tests de purificateurs d’air effectués en laboratoire par nos homologues allemands ont porté sur l’élimination de 3 types de polluants très différents :

  • les pollens qui déclenchent tant d’allergies en cette saison ;
  • le formaldéhyde, un gaz cancérogène par inhalation très représentatif des composés organiques volatils (COV), ces nombreuses substances chimiques qui contaminent l’air intérieur de nos logements ;
  • la fumée de cigarette.

À en croire les fabricants, les purificateurs d’air éliminent « 99,97 % des particules ultra-fines et des allergènes ». À l’épreuve des essais en laboratoire, il en va tout autrement.

LES RÉSULTATS DE LABORATOIRE

Le pollen

Les purificateurs d’air sont plutôt efficaces sur le pollen. Ils l’éliminent en moyenne à 90 % dans une pièce de 16 m2. Le test a cependant porté sur de grandes quantités, à savoir 2 millions de particules de pollen par m3 d’air. Or en période d’allergies au bouleau ou de rhume des foins, il suffit de quelques particules pour qu’une personne sensibilisée réagisse. Seuls le Philips, le Soehnle et le Rowenta parviennent à un taux d’élimination des pollens de 95 %, le Dyson n’est qu’à 83 %.

Le formaldéhyde

Grâce à leur filtre à charbon actif, les appareils se vantent également d’éliminer le formaldéhyde. Or aucun n’y est parvenu. Le Soehnle est seulement à 45 % d’efficacité, et les autres encore moins, 11 % par exemple pour le De Longhi. Ils sont incapables d’éliminer la pollution chimique des logements.

La fumée de cigarette

Concernant la fumée de cigarette, tout dépend du volume de la pièce. Ramené à la superficie, le Dyson en élimine 90 % en 20 minutes, mais dans un espace réduit, sur seulement 7 m2. Les Philips, Soehnle et Rowenta font nettement mieux, sur 19 à 23 m2. Mais il s’agit là de performances à l’état neuf.

Le laboratoire leur a donc fait subir un test d’endurance sur la fumée de cigarette. La capacité des purificateurs d’air à l’absorber s’est alors effondrée, seul le Philips a bien supporté l’essai.

Cette chute spectaculaire des performances signifie qu’à l’usage, le changement de filtre doit être fréquent. Vu leur prix, à partir de 39 € mais jusqu’à 140 €, le purificateur d’air coûte une fortune !

ALORS FAUT-IL ACHETER UN PURIFICATEUR D’AIR ?

En cas de sensibilité exacerbée aux pollens, pourquoi pas. Le purificateur d’air peut être utile, à condition toutefois de changer régulièrement les filtres pour qu’il conserve son efficacité.

Pour la contamination chimique de nos logements, il est en revanche inutile. Mieux vaut aérer régulièrement et réduire les sources d’émission de polluants.

Gare en tout cas aux promesses des fabricants. Ils annoncent jusqu’à 106 m2 de surfaces traitées. En réalité c’est très inférieur, au mieux 23 m2.

Attention, plusieurs purificateurs d’air sont connectés, ils fonctionnent avec une appli. Ils communiquent des données autres que celles nécessaires au fonctionnement de l’appareil. Nos confrères ont noté qu’ils donnaient leur localisation, une information loin d’être indispensable et qui interroge sur la protection des données personnelles.

LE CLASSEMENT DES PURIFICATEURS D’AIR

Nous avons ramené les résultats de nos confrères à la notation Que Choisir. Il n’y a pas de meilleur choix, les performances de ces purificateurs d’air étant insuffisantes.

purificateur philips

 

 

Philips AC2889/10

Prix : 430 €
Changement des filtres : 80 €
Avec appli

 

 

 

purificateur soehnle

 

 

Soehnle Airfresh Clean Connect 500

Prix : 300 €
Changement des filtres : 39 €
Avec appli

 

 

 

purificateur Rowenta

 

 

Rowenta Intense Pure Air Connect PU6080

Prix : 360 €
Changement des filtres : 100 €
Avec appli

 

 

 

purificateur Honeywell

 

 

Honeywell HPA710WE Premium

Prix : 350 €
Changement des filtres : 140 €
Pas d’appli

 

 

 

purificateur Dyson

 

 

Dyson Pure Cool Link Tower

Prix : 599 €
Changement des filtres : 56 €
Avec appli

 

 

 

purificateur De Longhi

 

 

De Longhi AC 230

Prix : 349 €
Changement des filtres : 45 €
Pas d’appli

 

 

 

★★★ Très bon   ★★ Bon   ★ Moyen   ■ Médiocre   ■■ Mauvais

Élisabeth Chesnais

Éric Bonneff

Directeur Essais comparatifs

21 mai 2020

4eme défi du Printemps des consommateurs responsables

Bonjour à toutes et à tous,

Vous avez envie d’un nouveau défi pour consommer plus responsable ?

Défi n°4 : Et si vous supprimiez votre consommation de bouteilles en plastique ?

Savez-vous que l’eau du robinet permettrait d’économiser 10kg de bouteilles en plastique par an et par personne ? Non seulement plus écologique, elle est aussi plus économique 0,003 € le litre en moyenne contre 0,40 pour l’eau minérale.

 

=> Découvrez la qualité de l’eau du robinet de votre commune https://www.quechoisir.org/carte-interactive-qualite-eau-n21241/

18 mai 2020

Vols annulés La Commission européenne insiste sur le droit au remboursement

Vols annulés

 

La Commission européenne insiste sur le droit au remboursement

La Commission européenne a rappelé, mercredi 13 mai, le droit des passagers à bénéficier d’un remboursement lorsque leur vol est annulé. Elle a par ailleurs adressé un rappel à l’ordre aux pays récalcitrants, dont la France, avant un lancement éventuel de procédures en infraction.

 

La Commission européenne a présenté mercredi un ensemble d’orientations et de recommandations visant à redresser le secteur touristique au sein de l’Union européenne (UE), très affecté par l’épidémie de Covid-19. Ce paquet « Tourisme et transports » s’intéresse notamment à la levée des restrictions aux frontières intérieures de l’UE et au rétablissement des transports et des activités touristiques. Il promeut aussi des recommandations sur les avoirs délivrés en cas d’annulation d’un séjour touristique ou d’un vol sec.

« Nous ne voyagerons pas loin si les entreprises telles que les hôtels et les compagnies aériennes ont fait faillite, souligne Margrethe Vestager, vice-présidente exécutive de la Commission européenne. Et pourtant, beaucoup de ces entreprises subissent une forte pression. Elles sont prises entre la nécessité de rembourser les voyages annulés et la réalité, à savoir que les nouvelles réservations sont encore rares. » Alors si « la base est que les consommateurs européens ont droit à un remboursement en espèces, si tel est leur souhait », la Commission européenne a adopté des recommandations afin de rendre les avoirs plus attractifs, a expliqué la commissaire danoise. Les avoirs permettent en effet d’alléger la crise de liquidités à laquelle font face les entreprises.

La Commission européenne recommande ainsi, entre autres, que les avoirs distribués aient une validité minimale de 12 mois, que le remboursement des sommes non utilisées soit automatique dans les 14 jours suivant leur expiration (ou que le remboursement soit possible au bout de 12 mois pour les avoirs ayant une validité plus longue), qu’ils soient transférables gratuitement à un tiers, mais aussi qu’ils soient bonifiés par rapport à la valeur du billet payé par le passager et qu’ils puissent être utilisés auprès des différentes compagnies d’une même alliance. Et surtout, la Commission recommande aux États membres de mettre en place des fonds de garantie permettant le remboursement de ces avoirs en cas de faillite ou d’insolvabilité du transporteur ou de l’organisateur du voyage. « Le système de protection contre l’insolvabilité doit être mis en place au niveau national, soit par le secteur public soit par le secteur privé (il peut s’agir d’un fonds ou d’un assureur) », précise le texte de la recommandation. Autant d’idées préconisées par l’UFC-Que Choisir depuis le début de la crise, afin d’inciter les consommateurs à utiliser cette option, plutôt que de la leur imposer.

UNE « LETTRE D’ENCOURAGEMENT » AUX ÉTATS MEMBRES

La délivrance d’un avoir, a insisté Margrethe Vestager, doit rester un choix. Citant les consommateurs « qui ont perdu leur emploi ou qui ont dépensé l’entièreté de leur budget vacances » dans la prestation annulée, elle a annoncé que la Commission allait envoyer instamment une lettre aux pays ne respectant pas la réglementation européenne qui prévoit le choix entre un avoir ou un remboursement en espèces. C’est notamment le cas de 12 pays, dont la France, qui ont réclamé à l’Europe un changement de réglementation et laissent sans broncher leurs compagnies bafouer le droit européen.

Margrethe Vestager a d’abord expliqué que cet envoi signifiait l’ouverture d’une procédure d’infraction à l’encontre de ces 12 pays. Elle a été contredite peu après par la commissaire européenne aux Transports, Adina Valean : « Ce n’est pas une lettre signalant une infraction. Appelons cela… une lettre d’encouragement », a-t-elle rectifié. Une piqûre de rappel envoyée aux 27 pays membres et non aux seuls États récalcitrants, précise-t-elle. Mais la volonté de sévir n’a pas complètement disparu, à en croire les propos du commissaire européen à la Justice, Didier Reynders, qui a dans le même temps déclaré lors d’un entretien à la presse : « Une douzaine d’États membres semblent avoir pris des mesures contraires au droit de l’Union. Si l’État membre ne se met pas en conformité, nous examinerons les recours possibles, dont celui en infraction. » Selon une source de la Commission citée par le magazine Contexte, la réponse des États à cette lettre est attendue pour le 27 mai au plus tard. Au-delà, si la violation systématique du règlement est caractérisée, les procédures d’infractions seront lancées « probablement très rapidement », a promis Adina Valean.

Infraction ? Pas infraction ? En attendant d’être fixés sur leur sort, les États ont, en tout cas, jusqu’au 2 juin pour exposer leurs arguments à la Commission concernant ses recommandations sur les remboursements. Pendant ce temps, les consommateurs souhaitant obtenir un remboursement peuvent tenter de faire valoir leurs droits auprès des juridictions compétentes ou des compagnies aériennes. Compagnies qui n’ont pas tardé à réagir à ces recommandations. Dans un communiqué commun, Airlines for Europe (A4E), l’International Air Transport Association (Iata), Airlines International Representation in Europe (Aire) et l’European Regions Airlines Association (Era) ont, sans surprise, regretté que la Commission européenne n’ait pas modifié le règlement européen – qu’elles ont choisi de ne pas appliquer, rappelons-le. Elles ajoutent que le fait que les recommandations sur les avoirs soient non contraignantes risque de rendre la situation actuelle encore plus confuse et créer des attentes chez les consommateurs, auxquelles toutes n’auront pas la capacité de répondre.

EN PRATIQUE : COMMENT DEMANDER LE REMBOURSEMENT

Comme l’a rappelé la Commission, les compagnies aériennes ne peuvent pas imposer un avoir. Si les conditions sont intéressantes, vous pouvez l’accepter, sinon vous avez tout à fait le droit de demander le remboursement de vos billets. Commencez par contacter la compagnie aérienne (voir notre lettre type) pour lui signifier que vous refusez l’avoir. Si vous ne recevez pas de réponse – ou une réponse négative – dans un délai raisonnable, vous pouvez introduire une plainte auprès de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) (1), chargée du respect des droits des passagers. Cette autorité doit, en théorie, vous fournir un avis juridique non contraignant sur la suite à donner à votre plainte. Malheureusement, en pratique, elle est aux abonnés absents depuis le début de la crise… Si cela ne suffit pas, il est possible de vous adresser à un organisme de règlement extrajudiciaire des litiges ou, si vous avez acheté votre billet en ligne, à la plateforme de règlement en ligne des litiges mise en place par l’Union européenne (2). Vous pouvez aussi intenter une action en justice en recourant à la procédure européenne de règlement des petits litiges (2) ou en saisissant les juridictions nationales. Dans tous les cas, n’hésitez pas à vous rapprocher de l’une de nos associations locales, qui vous guidera afin de faire valoir vos droits.

(1) Vous pouvez signaler votre litige par voie postale à l’adresse suivante :
DGAC, Direction du transport aérien, Mission du droit des passagers, Bureau des passagers aériens (MDP/P2), 50 rue Henry Farman, FR – 75720 Paris Cedex 15.

(2) https://ec.europa.eu/info/live-work-travel-eu/consumers/resolve-your-consumer-complaint_fr

Morgan Bourven

17 mai 2020

Chaînes de sport Des dédommagements à la demande

Chaînes de sport

 

Des dédommagements à la demande

Fin de saison pour la Ligue 1, interruption des championnats de foot espagnol, italien, anglais, de la Ligue des champions et de la Ligue Europa… Le coronavirus a privé les amateurs de foot de nombreux matchs, mais aussi de leur retransmission à la télévision. Les abonnés à Canal+, BeIN Sports et RMC Sport continuent pourtant à payer leur abonnement, et aucune des chaînes n’a l’intention de les dédommager. À moins, peut-être… de le réclamer.

 

Les centaines de millions d’euros dépensés par les diffuseurs pour acquérir les droits de retransmission en France des championnats témoignent de l’enjeu que représente le foot à la télé. Pour la seule Ligue des champions, l’addition s’est élevée à 1,125 milliard d’euros pour la période 2021-2024 ! De l’autre côté de l’écran, les amateurs de foot s’abonnent aux chaînes payantes pour profiter de ces retransmissions. Plusieurs abonnements sont même nécessaires pour couvrir les principaux championnats et compétitions, et il faut changer si les droits changent de main d’une période à l’autre. Ainsi, RMC Sport diffuse aujourd’hui en exclusivité les matchs de la Ligue des champions, mais à partir de 2021 il faudra zapper sur Canal+ et BeIN Sports. Quant aux autres championnats d’Europe, comme la Liga (Espagne), la Serie A (Italie) ou la Bundesliga (Allemagne), c’est aujourd’hui à BeIN Sports qu’il faut être abonné. Nouveau dans le jeu, l’espagnol Mediapro a aussi fait une entrée fracassante en décrochant en France plusieurs matchs prestigieux des Ligue 1, Ligue 2 et Ligue Europa pour la période 2021-2024.

DES DIZAINES DE MATCHS NON RETRANSMIS…

Pendant ce temps, alors que le coronavirus a interrompu toutes les compétitions, les abonnés continuent à payer leur abonnement. L’arrêt définitif de la Ligue 1 et de la Ligue 2, fin avril, les prive de dizaines de matchs. Quant aux autres championnats, reportés, le flou sur la reprise règne et durera probablement plusieurs mois encore (une lueur toutefois en ce qui concerne la Bundesliga, qui doit reprendre ce jour). En fonction des cas (offre avec ou sans engagement, au mois ou à l’année, par l’intermédiaire d’un package entre chaînes, etc.), les sommes sont loin d’être négligeables. Comptez par exemple 25 €/mois pour RMC Sport sans engagement (une option à 9 €/mois réservée aux clients de SFR, sa maison mère), 15 €/mois pour BeIN Sports ou encore 40 €/mois pour Canal+ et son pack Sports.

… MAIS PAS DE DÉDOMMAGEMENT GLOBAL AU PROGRAMME

Pourtant, les diffuseurs n’ont manifestement pas l’intention de dédommager leurs abonnés. Et ce alors même que de l’autre côté, ils ne perdent pas le nord : Canal+ a économisé des dizaines de millions d’euros en rompant son contrat avec la LFP (Ligue de football professionnel), à qui le groupe verse les droits, suite à l’arrêt des Ligues 1 et 2 ! La chaîne nous a indiqué traiter les demandes des abonnés au cas par cas.

Basile témoigne ainsi sur Twitter de la ristourne de 25 % obtenue pendant 3 mois sur son abonnement à BeIN Sports. « J’ai envoyé un message argumenté, ils ont été très pros », souligne-t-il. Mais la chaîne, principalement accessible depuis les box des FAI ou via Canal+, est proposée sans engagement. « Les clients peuvent résilier si l’offre éditoriale temporaire que nous proposons – rediffusion des plus beaux championnats, création d’une chaîne 100 % NBA, émissions avec des sportifs en confinement – ne les satisfont pas totalement », précise Caroline Fournajoux, du service communication. Et pour les quelques clients de son offre avec engagement de 12 mois à 14 €/mois, BeIN Sports Connect, la chaîne nous affirme qu’elle peut suspendre le paiement, avec report équivalent de la période d’engagement. Mais là aussi, il faudra le réclamer.

Chez RMC Sport, « la grille des programmes est adaptée et la chaîne proposera des rediffusions des plus grands matchs », nous a-t-on simplement répondu. Bref, aucun des principaux diffuseurs ne prévoit de dédommagement global qui semble pourtant légitime. N’hésitez pas à contacter le service client de la chaîne, ou de votre FAI si vous êtes abonné par son intermédiaire : le coup de fil pourrait s’avérer rentable.

Camille Gruhier

17 mai 2020

Déconfinement Dans quels cas doit-on remplir une déclaration de déplacement ?

Déconfinement

 

Dans quels cas doit-on remplir une déclaration de déplacement ?

Au même titre que le déconfinement, nos libertés de mouvement sont progressives. Si le gouvernement vient d’annoncer la possibilité de partir en vacances en France cet été, pour l’heure, chaque sortie à plus de 100 km en dehors de notre département doit faire l’objet d’une déclaration écrite.

 

Depuis le 11 mai, jour du démarrage du déconfinement progressif, nos sorties quotidiennes ne sont plus soumises à la détention d’une attestation de déplacement dérogatoire. Cependant, cette liberté ne s’applique pas encore pour tous nos trajets. Deux conditions cumulatives donnent lieu à l’obligation de remplir une déclaration, et ce au moins jusqu’au 2 juin prochain : voyager à plus de 100 km de son domicile et en dehors de son département. En pareille situation, quels que soient la destination et le moyen de transport emprunté, vous devez préparer ce document, accessible sur le site du ministère de l’Intérieur, en version à imprimer ou numérique (1).

7 CATÉGORIES DE MOTIFS

Basée sur le principe de la précédente attestation, elle indique l’identité, l’adresse de départ et celle d’arrivée, ainsi que l’un des 7 motifs de sortie :

  • Activité professionnelle
  • Activité scolaire
  • Soins ou consultation
  • Obligation familiale impérieuse
  • Convocation judiciaire
  • Obligation judiciaire
  • Mission d’intérêt général

Le caractère impérieux du motif familial est défini sur le site du gouvernement comme « un déplacement dont la nécessité ne saurait être remise en cause : blessure d’un proche, accompagnement d’une personne vulnérable ou non autonome, décès d’un membre de la famille proche ». Les personnes désirant regagner leur résidence principale à la suite du confinement le peuvent, à condition de justifier de l’un de ces critères. Enfin, si vous êtes libres d’utiliser la voiture ou le vélo pour tous vos déplacements, seuls ces motifs peuvent donner lieu à l’usage des transports interrégionaux ainsi que des avions.

JUSTIFICATIF DE DOMICILE

Outre ce document, vous devez également être en mesure de présenter une pièce d’identité ainsi qu’un justificatif de domicile (facture de téléphone, de gaz, quittance de loyer, taxe d’habitation…) datant de moins d’un an lors d’un éventuel contrôle. De plus, vous devez fournir tout autre document prouvant le bien-fondé de votre voyage (convocation, ordonnance, confirmation de rendez-vous…).

COMMENT CALCULER UNE DISTANCE À VOL D’OISEAU ?

Le gouvernement a précisé que le parcours devait se mesurer à vol d’oiseau. Or, GPS et applications géographiques évaluent la distance réelle (le nombre de kilomètres effectués en voiture, en train, etc.) et non en ligne droite. La différence peut être très importante, notamment dans les zones montagneuses. Certains outils existent.

La société Esri France a mis au point une carte en ligne (deconfinement.logiciel-sig.com) dédiée. Vous entrez l’adresse de votre domicile, un cercle bleu couvrant une zone d’un rayon de 100 km apparaît automatiquement. Mappy propose le même service. Le site ou l’application Google Maps propose l’option « calculer une distance », qui trace une ligne droite entre votre lieu de départ et celui d’arrivée.

CONTRÔLES ET SANCTIONS

Le dispositif de contrôle est identique à celui à l’œuvre durant le confinement. Ainsi, de nombreux agents sont susceptibles de vous interpeller, à pied ou en voiture. Le montant de l’amende reste lui aussi inchangé :

  • 135 € en cas d’infraction (375 € si majoration) ;
  • 200 € (450 €) en cas de récidive dans les 15 jours ;
  • 3 750 € assortis d’une peine de prison de 6 mois en cas de plus de 3 récidives en 30 jours.

Attention, vous pouvez quand même être contrôlé lors d’une sortie de moins de 100 km ou à l’intérieur de votre département de résidence. Afin de le prouver, munissez-vous d’un justificatif de domicile ou d’une pièce d’identité mentionnant votre adresse.

(1) https://www.interieur.gouv.fr/Actualites/L-actu-du-Ministere/Deconfinement-Declaration-de-deplacement

Marie Bourdellès

17 mai 2020

Pesticides Premier recul gouvernemental

Pesticides

 

Premier recul gouvernemental

Mardi 12 mai, lors de l’audience devant le Conseil d’Etat dans le cadre de notre recours commun avec d’autres ONG contre l’instruction technique et les communications gouvernementales octroyant d’inadmissibles réductions supplémentaires aux distances minimales d’épandage près des habitations, le gouvernement, pressé par le Magistrat de s’expliquer sur ces dérogations non prévues dans les textes initiaux, a annoncé retirer du site du Ministère de l’Agriculture deux des textes litigieux…

 

Un premier recul qui n’éteint pas l’affaire puisque restent l’instruction et surtout la question de la communication autour de ce retrait tant vis-à-vis des riverains que des agriculteurs, mais aussi des services déconcentrés qui n’ont pas manqué de les relayer…

Pour rappel, le gouvernement entend admettre que sous couvert de l’existence d’un simple projet de charte, non concerté, non approuvé, les utilisateurs de pesticides puissent pulvériser, jusqu’au 30 juin 2020, des pesticides encore plus près des habitations que les distances minimales, déjà ridiculement faibles, prévues par les textes réglementaires adoptés en fin d’année…

Ayant déjà attaqué ces textes insuffisamment protecteurs de la santé des riverains et de leur environnement devant la haute juridiction administrative, l’UFC-Que Choisir et le collectif d’ONG avaient attaqué l’instruction et les communications ministérielles qui aggravaient la situation alors même que nous étions en plein confinement et que la saison des épandages bat son plein.

L’annonce d’un retrait de deux des trois textes contestés doit se prolonger par une communication ad’hoc sur ce point auprès des intéressés …. Sans oublier la décision du Conseil d’Etat attendue dans les prochains jours… Affaire à suivre donc !

 

Alain Bazot

Président de l’UFC – Que Choisir

13 mai 2020

Renseignements téléphoniques Les 118 s’accrochent à Google

Renseignements téléphoniques

 

Les 118 s’accrochent à Google

Des services de renseignements téléphoniques dont Google avait suspendu les comptes Google Ads, les empêchant ainsi de faire de la publicité sur le moteur de recherche, ont obtenu de la justice le rétablissement de leur compte et donc de leurs publicités. Tant pis si ces publicités peuvent être trompeuses pour les internautes.

 

Elles ont gagné une manche. Plusieurs sociétés ont obtenu devant le tribunal de commerce de Paris que Google les autorise à nouveau à faire de la publicité pour leur service de renseignements téléphoniques sur son moteur de recherche. À l’issue d’une audience en visioconférence, le juge des référés a ordonné au géant américain de rétablir sous 7 jours les comptes qu’il avait suspendus sous peine d’une astreinte de 100 000 € par jour de retard.

L’histoire a commencé en septembre 2019, quand Google a annoncé son intention de ne plus autoriser les services de renseignements téléphoniques, de transfert ou d’enregistrements d’appels à utiliser son service Google Ads, qui permet aux sociétés qui le souhaitent de faire apparaître des publicités sur les écrans des internautes en fonction des termes tapés dans le moteur de recherche. Après quelques échanges, la filiale française de Google avait accepté de reporter sa décision, avant de mettre sa menace à exécution dans la nuit du 30 au 31 mars en fermant les comptes Google Ads de plusieurs sociétés.

Certaines n’ont pas tardé à réagir. Majordom’, gestionnaire du 118 818, Digital Solutions Prod, qui édite le 118 002 et le 118 300, et Aowoa, titulaire du 118 999, ont assigné Google en référé dans le but de faire rapidement annuler ces suspensions. Et pour cause, entre 88 % et 96 % de leur chiffre d’affaires est réalisé grâce aux publicités diffusées sur Google ! Autant dire que pour elles, avoir accès à Google Ads est un enjeu vital.

LES SERVICES 118 À L’ORIGINE DE NOMBREUX LITIGES

L’histoire n’est toutefois pas close. Car si le juge des référés a contesté la manière dont Google a agi, il a laissé le soin à un autre juge de se prononcer sur les raisons qui ont poussé le géant de la recherche à suspendre ces comptes. Google, en effet, assure avoir pris cette décision dans le but de lutter contre les publicités trompeuses et les activités frauduleuses, très nombreuses selon lui parmi les services de renseignements téléphoniques, de transfert et d’enregistrement des appels.

On peut difficilement lui donner tort. Depuis qu’ils ont remplacé le 12, les services de renseignements téléphoniques accessibles par des numéros à 6 chiffres commençant par 118 ont régulièrement fait parler d’eux négativement. Non seulement, depuis 2006, leurs tarifs n’ont cessé d’augmenter et leur activité s’est étendue bien au-delà de la simple fourniture de numéros de téléphone, mais surtout, ils sont depuis des années à l’origine de très nombreux litiges. Certains de ces services sont prêts à tout pour inciter les internautes à composer leur numéro. Ainsi, de nombreux consommateurs ont découvert sur leur facture de téléphone des communications de plusieurs dizaines d’euros après avoir composé l’un de ces numéros en pensant entrer en contact avec le service client d’une société (Amazon, Darty, SNCF, EDF, etc.) ou joindre leur caisse d’allocations familiales, leur centre des impôts ou leur agence Pôle emploi. Et pour cause, si les appels aux hotlines des sociétés et des administrations sont très peu chers voire carrément gratuits, le simple fait de passer par un service de renseignements en 118 peut coûter jusqu’à 2,99 € l’appel puis 2,99 € la minute, temps d’attente et communication suivant la mise en relation compris ! La majorité d’entre eux avaient composé ces numéros après être tombés sur une publicité en ligne laissant penser que le numéro en 118 qui s’était affiché était celui du service client qu’ils cherchaient à joindre. Un procédé plutôt malin, mais à la limite de la légalité.

Cyril Brosset

13 mai 2020

Produits alimentaires On ne peut plus se fier aux étiquettes !

Produits alimentaires

 

On ne peut plus se fier aux étiquettes !

Face aux difficultés d’approvisionnement en matières premières rencontrées par certains professionnels du secteur agroalimentaire dans le contexte de la crise sanitaire actuelle, une « souplesse » leur a été accordée par l’administration française : ils pourront dans certains cas modifier leurs recettes… sans que cela soit inscrit sur l’étiquette du produit ! Les cahiers des charges de nombreux produits sous signes officiels de qualité (Label rouge, AOP, IPG…) sont également impactés.

 

Au milieu des nombreux et graves problèmes posés par la crise du coronavirus, celui-ci est passé totalement inaperçu. Or il mérite qu’on s’y intéresse : face aux difficultés d’approvisionnement rencontrées par les entreprises agro-alimentaires, ces dernières pourront exceptionnellement modifier leurs recettes sans le mentionner sur les étiquettes de leurs produits. Cela grâce à une « tolérance » exceptionnelle promise par la direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF).

« Les modifications d’étiquetage sont en effet impossibles à satisfaire dans un laps de temps aussi court et l’activité des fournisseurs d’emballages est elle-même affectée par la crise du Covid-19 », justifiait récemment Loïc Tanguy, porte-parole de la DGCCRF, promettant que cette souplesse ne serait accordée que pour « des modifications mineures qui ne vont pas mettre en danger la sécurité des consommateurs ».

Une promesse qui n’a pas rassuré l’AFPRAL (Association française pour la prévention des allergies), inquiète du risque de voir des allergènes s’introduire incognito dans les recettes. La DGCCRF nous l’a cependant assuré : « Aucun des allergènes connus, pas même les allergènes émergents [tels que kiwi, pois et sarrasin, NDLR], ne pourront être introduits dans une recette sans être mentionnés sur l’étiquette. »

Reste cependant la question du minimum de transparence dû au consommateur. En effet, pour l’instant, la DGCCRF garantit seulement que les produits concernés seront bientôt recensés sur son site web, tout en précisant que « si la modification de recette a un impact majeur sur la qualité intrinsèque du produit, l’information doit être portée à la connaissance des consommateurs, en rayon ou sur les sites de vente à distance ».

Mais qu’est-ce que la DGCCRF entend par « impact majeur » ? Et le fabricant sera-t-il dans tous les cas tenu de fournir le détail de ses nouvelles recettes sur son site web ? « Un communiqué devrait être diffusé dans les prochains jours, précisant le contexte dans lequel s’inscrit cette flexibilité », nous a seulement répondu la DGCCRF.

SIGNES DE QUALITÉ : UNE CINQUANTAINE DE CAHIERS DES CHARGES MODIFIÉS

Face à un effondrement de la demande, les produits sous signes officiels de qualité (Label rouge, appellations d’origine protégée, indications géographiques protégées) ont tout d’abord stocké pour résorber les surplus. Mais la crise se prolongeant, il a fallu prendre des mesures plus drastiques. Des modifications provisoires de cahiers des charges ont été accordées par l’Institut national de l’origine et de la qualité (1) et publiées au Journal officiel depuis fin mars. Pour savoir de quelles appellations il s’agit, inutile de les demander à l’Inao, qui « n’en tient pas la liste précise » mais en estime le nombre à « une cinquantaine ».

Les fromages sont les plus concernés, avec des AOP telles que le bleu d’Auvergne, le comté, le saint-nectaire, la fourme d’Ambert, la fourme de Montaison, le morbier, le roquefort, le mâconnais, le selles-sur-cher, le valençay et le sainte-maure-de-touraine ou encore le laguiole, mais aussi des IGP (tomme de Savoie, gruyère) et un Label rouge (emmental). « Il s’agit de modifications temporaires pour des durée de 2 semaines à 3 mois, précise Michel Lacoste, président du Cnaol, l’interprofession des produits laitiers sous signes de qualité. Ce sont des modifications mineures, pour éviter de jeter du lait et des fromages. Elles sont éventuellement reconductibles, mais en aucun cas définitives. L’étape suivante sera au contraire de renforcer les cahiers des charges ! » Les dérogations permettent par exemple d’allonger le temps entre la traite et la transformation pour pallier à un éventuel manque de chauffeurs des camions de collecte, ainsi que les conditions d’affinage (baisse de la température pour ralentir le mûrissement ; possibilité d’affinage hors de la zone). En revanche, l’alimentation des animaux et les technologies de transformation, cœur des cahiers des charges, ne sont pas modifiées.

En ce qui concerne la viande, ce sont des IGP comme les agneaux de Poitou-Charentes ou de Sisteron, le veau du Limousin, les AOP porc noir et jambon noir de Bigorre et volailles de Bresse, qui subissent un allégement des contraintes : poids et âge à l’abattage relevés, possibilité de surgeler la viande… Toutes ces mesures sont destinées, comme pour les fromages, à étaler la transformation et la commercialisation, et ainsi éviter que ne se créent des stocks impossibles à écouler si la crise se prolonge. Quelques poissons d’aquaculture sont également concernés, comme le bar et le maigre.

D’autres signes de qualité obtiennent également des modifications mineures, à l’instar de l’IGP thym de Provence, de l’oignon de Roscoff, du bulot de la baie de Granville… La plupart des changements actés ne devraient pas modifier la qualité gustative des produits, à l’exception, peut-être, du recul de l’âge à l’abattage des agneaux et des veaux. Un point pose question : la durée maximale entre l’enlèvement des animaux en ferme et l’abattage est notablement allongée. Or, il s’agit d’une cause de stress qui joue négativement sur la qualité de la viande.

1. L’Inao gère les cahiers des charges des signes officiels de qualité.

Elsa Abdoun

Elsa Casalegno

6 mai 2020

Tickets restaurant, chèques cadeaux… Nouvelles conditions de validité

Tickets restaurant, chèques cadeaux…

 

Nouvelles conditions de validité

Pour que les salariés puissent utiliser leurs Tickets restaurant malgré la crise sanitaire et le confinement, le ministère du Travail augmente leur plafond d’utilisation. Une souplesse ponctuelle qui se décline aussi du côté des autres bons, cartes ou chèques de paiement cofinancés par l’entreprise.

 

Depuis le début du confinement, on le sait, il n’est plus possible d’utiliser ses tickets repas ou ses Chèques déjeuner dans les restaurants ou les fast-foods puisqu’ils sont fermés. Seule solution : les écouler dans les supermarchés ou les commerces de proximité qui demeurent libres de les accepter ou non, dans la limite d’un plafond fixé jusque-là à 19 € par jour et par commerçant. Sachant que ces titres de paiement sont un droit et que chaque salarié, y compris en télétravail, ne peut en être privé (leur attribution peut en revanche être suspendue par l’entreprise durant les périodes de chômage partiel), le ministère du Travail a décidé de porter ce plafond à 95 € : cette modification devrait être entérinée par décret.  Elle devrait se poursuivre au bénéfice unique des restaurateurs cette fois, lorsqu’ils pourront reprendre leurs activités.

 

TITRES RESTAURANT NON UTILISÉS : REPORTS POSSIBLES EN FIN D’ANNÉE

Pour rappel, tous émetteurs confondus (Sodexo pour le Pass restaurant, Edenred pour les Tickets restaurant, Up pour les Chèques déjeuner, Natixis Intertitres pour les Chèques Apetiz…), les titres restaurant, c’est-à-dire les chèques ou leur version dématérialisée sous forme de carte rechargeable, ont une durée de validité limitée qui va jusque fin décembre 2020 pour les titres émis en janvier de cette année. Ponctuellement, cette durée peut se prolonger d’un mois ou deux, soit jusque fin février 2021, mais pas plus. Passé cette échéance, un échange ou un report de millésime des titres non utilisés est en principe possible.

 

CHÈQUES OU CARTES CADEAUX MULTI-ENSEIGNES : PROLONGATIONS EN VUE

Du côté des chèques, bons ou cartes cadeaux (Kadéos, Tir Groupé, UpCadhoc, Wedoogift…) acceptés par de multiples points de vente physiques ou en ligne, la plupart des émetteurs indiquent avoir mobilisé leurs enseignes partenaires afin qu’elles les acceptent au-delà de leur date d’expiration initiale. Si tel n’est pas le cas, il faut alors se rapprocher de son CSE (comité social et économique qui a, entre autres, succédé au comité d’entreprise) pour que la validité de ces titres soit prorogée ou pour qu’ils soient échangés. Certains émetteurs travaillent en ce moment même à une solution plus simple : la possibilité de leur renvoyer les titres périmés directement, sans passer par le CSE de l’entreprise.

 

CHÈQUES VACANCES : ÉCHANGE PAYANT DÉJÀ PRÉVU

Valables 2 ans, les Chèques vacances et Coupons sport (ou les e-Chèques vacances) sont un peu moins périssables que les autres, sous réserve de… pouvoir les utiliser cet été pour payer une prestation de transports, un hébergement en camping ou à l’hôtel ou encore un éventuel séjour à l’étranger. Des chèques émis en 2018 sont ainsi valables jusqu’au 31 décembre de cette année, mais pas au-delà. Non utilisés, et sous réserve que leur valeur totale soit d’au moins 30 €, il est possible de les échanger (mais non d’en prolonger la durée de validité) en ligne, sur une plateforme dédiée (1). Mais ce service a un coût : 10 €, déduits de la valeur des titres ou coupons remis en échange.

 

TICKETS OU CARTES CINÉ

Les cartes ou bons de cinéma prépayés, valables auprès des principaux exploitants cinématographiques (Pathé Gaumont, CGR, UGC…) devraient voir leur durée de validité automatiquement prolongée, sans démarche spécifique à effectuer. Pathé Gaumont a pour le moment prévu une prolongation de ses titres jusqu’au 30 septembre 2020, si leur date d’expiration se situait entre le 15 mars dernier et le 31 août prochain. UGC indique que la validité des places expirant entre le 31 mars et le 30 avril 2020 sera effectivement prorogée, mais sans indication de date précise.

 

(1) https://porteurs.ancv.com/

Roselyne Poznanski

4 mai 2020

Livraison de repas À quoi joue Uber Eats ?

Livraison de repas

 

À quoi joue Uber Eats ?

Des commandes qui n’arrivent pas, des coursiers peu scrupuleux, un service client obtus… les utilisateurs sont nombreux à relater les mauvaises expériences subies avec le service de livraison de repas à domicile Uber Eats. Une baisse de la qualité qui ne doit rien au hasard.

 

Depuis plusieurs mois, nombreux sont les clients d’Uber Eats qui assurent ne jamais avoir reçu la nourriture qu’ils avaient commandée. La plupart affirment même qu’à aucun moment le coursier n’a sonné à leur porte, ni n’a tenté de les appeler ou de leur laisser un message. Certains reconnaissent avoir reçu un SMS leur indiquant que le livreur se trouvait devant leur immeuble, mais ils ont eu beau sortir rapidement, ils ne l’ont jamais trouvé et leurs tentatives de le joindre par téléphone se sont soldées par des échecs.

Tous, bien sûr, se sont ensuite logiquement tournés vers le service client d’Uber Eats pour signaler le problème et obtenir le remboursement de la commande, mais surprise, la plupart ont dû se contenter en retour d’un message automatique dans lequel la plateforme, tout en comprenant leur frustration, refusait d’accéder à leur demande. « Je leur ai envoyé une vingtaine de mails, explique l’une des victimes, et ils ont toujours refusé de me rembourser parce que, selon eux, le livreur avait essayé de me joindre, ce qui était faux. » À en croire les plaintes reçues à l’UFC-Que Choisir et les témoignages laissés sur les réseaux sociaux, ce type de mésaventure n’est pas si exceptionnel et le confinement ne semble pas avoir changé grand-chose à la situation.

Pour Jérôme Pimot, le fondateur du Collectif des livreurs autonomes de Paris (Clap75), cette situation n’est pas une surprise. « Elle s’explique par le fait qu’Uber Eats cherche à recruter un maximum de coursiers pour pouvoir afficher une disponibilité maximale, que ce soit au niveau des restaurants ou des créneaux de livraison. Mais comme la rémunération a baissé et que les distances de livraison se sont allongées, certains livreurs sous-louent leur compte à des coursiers très jeunes ou sans papiers qui gagnent très peu d’argent sur chaque livraison et qui, du coup, sont plus tentés de garder une commande [pour la consommer, ndlr]. Pour limiter ce phénomène, il suffirait qu’Uber Eats rémunère mieux ses coursiers plutôt que de dépenser son argent en marketing pour sans cesse recruter de nouveaux clients. »

UBER EATS TENU D’INDEMNISER LES CLIENTS

En attendant un hypothétique changement de politique, Uber Eats doit prendre ses responsabilités. En tant que plateforme de mise en relation, Uber Eats n’est pas censée prendre part à la relation commerciale qui existe entre le restaurateur et le client. En termes strictement juridiques, il devrait donc revenir au restaurateur d’indemniser les clients qui n’ont pas reçu leur commande. Sauf qu’Uber Eats précise dans ses conditions générales qu’en cas de litige, il ne « contestera pas être responsable de plein droit et solidairement avec le prestataire tiers de la bonne exécution de ses obligations résultant du service de transport ». Cette clause permet donc au client de se retourner contre Uber Eats qui, de son côté, ne peut pas se contenter des affirmations de ses coursiers pour refuser de procéder à un remboursement. La plateforme est notamment tenue de vérifier que la commande a bien été livrée ou, dans le cas contraire, que le livreur a tenté de contacter le client avant de rebrousser chemin, ce qui visiblement est loin d’être toujours le cas.

En conclusion, si votre commande sur Uber Eats ne s’est pas déroulée correctement, contactez la plateforme. En cas de refus d’indemnisation de sa part, n’hésitez pas à insister, y compris par courrier recommandé à l’adresse Uber Eats France, 5 rue Charlot, 75003 Paris. Si le litige persiste, vous pouvez saisir le médiateur d’Uber Eats par courrier à Association nationale des médiateurs, 62 rue Tiquetonne, 75002 Paris ou en complétant le formulaire de saisine sur www.anm-conso.com. Enfin, le cas échéant, vous pouvez vous rapprocher de votre association locale UFC-Que Choisir voire saisir la justice.

Cyril Brosset

Laure Littardi

Service d’information juridique

3 mai 2020

Achat de voiture neuve Les constructeurs misent sur l’achat à distance

Achat de voiture neuve

 

Les constructeurs misent sur l’achat à distance

L’écroulement du marché automobile en cette période de confinement pousse les constructeurs à proposer la vente de voiture en ligne et la livraison à domicile. Mais attention aux modes de financement proposés.

 

Citroën, DS Automobiles, Ford, Peugeot ou Volvo ont récemment pris le taureau par les cornes pour essayer d’endiguer la chute vertigineuse des ventes de voitures particulières en raison de l’épidémie de Covid-19 (-72,2 % pour le mois de mars (1)) en adaptant leurs méthodes de vente : de la réservation à la livraison en passant par le paiement, tout est réalisé en adéquation avec les mesures sanitaires.

DISTANCIATION SOCIALE ET HYGIÈNE RENFORCÉE

Ainsi, en accord avec les mesures de distanciation sociale à respecter, des systèmes de livraison à domicile visant à limiter les contacts sont peu à peu mis en place, accompagnés de mesures d’hygiène renforcées : les véhicules sont désinfectés, équipés de housses de protection (sièges, volant, levier de vitesses) et de tapis de sol. Le livreur, généralement un vendeur de la concession, porte des gants et un masque. Pour la remise des clefs (elles aussi désinfectées) et les explications techniques, tout est fait en respectant la distanciation sociale.

Citroën, qui propose ce service gratuitement (pour l’instant jusqu’au 30 avril), avance 36 points de contrôles sanitaires lors de la livraison. Tesla pratique déjà régulièrement ce type de livraison grâce à la possibilité de gérer la voiture à distance depuis son smartphone (ouverture des portes, démarrage…). Une solution également adoptée par Ford grâce aux fonctionnalités Ford Pass (2).

ACHAT EN LIGNE

PSA a été un des premiers constructeurs à annoncer la mise en place d’un service de vente dématérialisée avec ses marques historiques (Opel n’est pas encore concerné) via les sites de Citroën Store, DS Store et Peugeot Store. Il est possible de choisir sa voiture parmi une très large sélection de modèles que l’on commande auprès d’un concessionnaire en versant un acompte de 1 000 €. Le règlement final se fait par virement bancaire selon les instructions du concessionnaire. Pour le constructeur, la mécanique est déjà bien rodée puisque, comme le souligne Thierry Koskas, directeur ventes et marketing du groupe PSA, « ce nouveau mode d’acquisition de nos véhicules a été testé et validé par nos salariés et aujourd’hui, 89 % des ventes du groupe aux salariés, qui connaissent bien les modèles des trois gammes, sont d’ores et déjà effectuées directement en ligne ». Le site de Citroën met en avant, pour une voiture neuve achetée en stock, une garantie prolongée de 12 mois (soit 36 mois) et décale la première mensualité de 2 mois en cas d’achat à crédit.

Ford permet de choisir parmi plus de 11 000 véhicules de l’ensemble de la gamme actuellement en stock (à l’exception de certaines finitions d’entrée de gamme, de la gamme Transit et de la Mustang) et de se faire livrer à domicile.

De son côté, Toyota limite son offre en ligne à la réservation d’une nouvelle Yaris Hybride, en finition Première, pour une livraison en septembre 2020 (la version ultra-sportive GR Yaris, livrable fin 2020, peut aussi être réservée). Il suffit de créer un compte sur le site, de choisir un concessionnaire puis de régler 500 € de frais de réservation, en sus du prix d’achat de 25 450 € (à partir de 35 500 € pour la GR Yaris). L’intérêt est, ici, très limité pour le consommateur.

Dernier arrivé dans le secteur, Volvo propose son nouveau concept « Volvo vient à vous » qui permet à la clientèle des pays européens actuellement confinés (3) de rechercher et de choisir facilement une voiture neuve en ligne. L’offre est réservée aux trois modèles les plus vendus dans chaque pays. Ainsi, pour la France, sont concernés uniquement les SUV XC40, XC60 et XC90. Une fois le modèle sélectionné, il faut finaliser la commande avec le concessionnaire choisi, en validant les options, services ou équipements complémentaires souhaités. La livraison, à condition que le concessionnaire propose cette option, sera ensuite réalisée à domicile.

ATTENTION AU FINANCEMENT

Mais attention, si PSA propose l’achat comptant ou en LOA (location avec option d’achat), ce n’est pas toujours le cas des autres constructeurs. Volvo précise que le choix ne s’effectue que « parmi une sélection de nouveaux modèles aux loyers prénégociés ». Il ne s’agit ici pas d’un achat mais d’une location LLD (location longue durée). Volvo ne demande toutefois aucun apport et offre l’entretien et la garantie sur la période des 3 ans (donc 1 an de plus que la période légale). Ainsi, un XC40 T2 Business Geartronic 8 est disponible à la location à partir de 485 €/mois (36 loyers) pour un kilométrage de 30 000 km, soit un maximum de 10 000 km par an.

De son côté, Ford ne propose qu’une offre de crédit avec comme argument marketing « 6 mois de tranquillité » (les 3 premières mensualités sont offertes auxquelles s’ajoutent 3 autres mensualités différées). Il s’agit bien ici d’un crédit, sur 12 à 36 mois, avec un TAEG (taux annuel effectif global) fixe de 3,9 % avec un apport initial de 2 000 €. Ainsi, pour 10 000 € empruntés sur 36 mois, le coût final sera de 653,06 € (3 mensualités offertes suivies de 33 échéances de 322,82 €, soit 10 653,06 €).

Il convient donc de prendre son temps pour choisir le modèle de voiture souhaité et de bien détailler les conditions de paiement. En cas de doute, il est toujours possible de prendre contact par téléphone ou visioconférence avec un vendeur avant de finaliser la commande.

POUR L’OCCASION AUSSI

La vente de voiture en ligne est également bien connue de certains spécialistes de l’occasion. C’est le cas d’Aramis Auto qui propose ce service pour 228 €, soit 50 € de plus que la livraison dans une agence. De son côté, Elite-auto.fr facture 177 € la livraison à domicile.

(1) Source CCFA, Comité des constructeurs français d’automobiles.
(2) L’application Ford Pass permet, après avoir connecté son smartphone à un véhicule Ford, de déverrouiller/verrouiller le véhicule à distance pour un essai, une livraison, une restitution ou pour l’entretien.
(3) Le concept « Volvo vient à vous » est initialement disponible dans les pays suivants : Royaume-Uni, Allemagne, France, Italie, Espagne, Pays-Bas et Belgique.

Yves Martin

1 mai 2020

Produits de première nécessité Des prix toujours en hausse, surtout pour les fruits et légumes

Produits de première nécessité

 

Des prix toujours en hausse, surtout pour les fruits et légumes

Depuis le début du confinement, Que Choisir relève les prix en drive pour les principaux produits de première nécessité, auprès de 10 enseignes (Cora Drive, Auchan Drive, Drive Intermarché, E. Leclerc Drive, Casino Drive, Mes courses Casino, Courses U Drive, Carrefour Drive, Chronodrive et Colruyt Collect and go). Lors de la cinquième semaine de confinement, les prix moyens sont repartis en légère hausse, alors que l’ampleur des ruptures de stock se réduit.

 

Durant la cinquième semaine de confinement (du 13 au 18 avril), les principaux produits de première nécessité (pâtes, riz, eau, conserves, lait, papier toilette, mouchoirs, etc.) ont de nouveau fait l’objet de relevés de prix sur les drives des principales enseignes. Comme nous l’expliquions, les prix de chaque produit considéré individuellement ont en moyenne peu augmenté par rapport aux semaines précédant le confinement. Mais la pénurie touchant avant tout les références les moins chères d’un produit, les clients sont contraints de se reporter sur les gammes plus onéreuses. Les produits proposés en drives voient leur prix augmenter de 2,70 % par rapport aux semaines précédant le confinement et la crise liée au coronavirus.

hausse prix produits premiere necessite semaine 5

Les ruptures de stock semblent néanmoins se résorber sur certains produits emblématiques. Ainsi, l’offre en pâtes retrouve même un volume supérieur à l’avant-confinement (+4 % du nombre de références en drive pour la semaine du 13 au 18 avril, par rapport à la semaine du 2 au 6 mars), de même que le papier toilette (lire l’encadré) et les produits bébé (+16 %). Le riz, le lait, l’eau en bouteille ou les mouchoirs réduisent leur déficit d’offre. Néanmoins, la pénurie reste marquée pour le pain de mie (recul de 44 % du nombre de références) les gels hydroalcooliques (-66 %), et elle s’accentue même pour les lingettes pour la maison (-73 %), les savons (-53 %) ou encore la farine (-45 %).

produits premiere necessite produits hygiene semaine 5

FRUITS ET LÉGUMES : TOUJOURS AUSSI CHERS

Concernant les fruits et légumes (17 catégories relevées), la hausse des prix s’accentue pour les produits conventionnels (+8 % en semaine cinq par rapport à l’avant-confinement), et se maintient à +12 % en bio. Les fruits ont vu leurs étiquettes augmenter de 9 % en moyenne, et les légumes de 12 %. Ces tarifs sont tirés à la hausse pour plusieurs raisons : des difficultés logistiques et de main-d’œuvre persistantes, un report sur des produits français plus onéreux que les produits importés, etc.

infographie variation prix fruits et legumes semaine 5

Les offres en navet et en tomate grappe bio (importée) restent en recul, tandis que leurs prix demeurent fortement en hausse. Pour la tomate, l’offre s’accroît, mais le prix est aussi en hausse, tiré par une forte demande. Pour ce qui est des fruits, tous les tarifs augmentent, que les volumes s’accroissent ou pas. C’est en particulier le cas de la pomme golden (avec une offre à +37 % et un prix à +10 %), un fruit très consommé par les Français et qui présente l’avantage de se conserver longtemps.

variation prix legumes semaine 5
produits premiere necessite fruits legumes V5

LINGETTES : LE PAQUET RÉTRÉCIT, MAIS PAS LE PRIX !

Les lingettes pour la maison deviendraient-elles un produit de luxe ? Leur prix unitaire s’est envolé grâce au coronavirus – et surtout grâce à la taille du paquet. En effet, les conditionnements disponibles à la vente sont surtout des lots de 15 lingettes, à raison de 0,25 € la lingette. En parallèle, les trois quarts des lots de 40 lingettes ou plus ont disparu. Dommage : le prix à l’unité n’est que de 0,04 € pour ce conditionnement, soit 8 fois moins que les paquets de 15 !

À l’inverse, au vu de la frénésie d’achat de papier toilette, les fabricants ont doublé l’offre en lot de 50 rouleaux, à raison de 0,04 € le rouleau – soit 10 fois moins cher que les autres conditionnements. Les lots de 6 rouleaux ou moins (à raison de 0,40 € par rouleau), en revanche, voient leur offre divisée par deux.

produits_premiere_necessite_papier-toilette-semaine-5

Elsa Casalegno

Contacter l’auteur(e)

Grégory Caret

Observatoire de la consommation

1 mai 2020

Vols annulés Le remboursement toujours au point mort

Vols annulés

 

Le remboursement toujours au point mort

Les ministres européens des Transports se sont réunis, le mercredi 29 avril, pour tenter de trouver une issue au problème du remboursement des vols annulés par les compagnies aériennes, qui imposent des avoirs à leurs clients lésés au lieu d’un remboursement en argent comme l’exige le règlement européen. La réunion s’est soldée par un échec. Et malgré la mise en demeure de l’UFC-Que Choisir, la majorité des compagnies continuent de bafouer la réglementation.

 

Preuve que le sujet est complexe : la réunion s’est terminée avec deux heures de retard. Le mercredi 29 avril, les ministres européens des Transports ont échangé par visioconférence pendant près de cinq heures sur le sujet des remboursements des vols annulés du fait de l’épidémie de coronavirus. Selon la réglementation européenne, les passagers affectés doivent être remboursés dans les 7 jours suivant l’annulation d’un vol. Mais de nombreuses compagnies estiment que dans le contexte actuel, il est impossible de procéder à des remboursements massifs. Elles proposent donc des avoirs – remboursables ou non, à l’expiration de délais variables – à leurs clients.

Deux mois après le début de la crise, cette réunion avait pour but de mettre fin à cette cacophonie. Douze pays (Belgique, Bulgarie, Chypre, République tchèque, Grèce, France, Irlande, Lettonie, Malte, Pays-Bas, Pologne et Portugal) ont réclamé un changement de la réglementation, afin que les compagnies puissent imposer des avoirs à la place des remboursements. « L’obligation de rembourser les billets annulés en cash, si le passager le décide, place les compagnies aériennes dans une situation difficile, en les confrontant à de graves problèmes de trésorerie », ont fait valoir les douze ministres des Transports dans une déclaration publiée en marge de la réunion. Au terme de celle-ci, ces douze pays ont réussi à en convaincre quatre autres, mais selon nos informations sept sont restés opposés à cette demande, entraînant l’échec de la réunion.

Pour les pays favorables aux avoirs, cette solution est « possible et acceptable pour les consommateurs, si certains principes clés sont pris en compte ». Concrètement, une garantie financière des avoirs en cas de faillite des compagnies aériennes qui les ont délivrés. La Commission européenne serait réticente, pour des raisons financières, à la mise en œuvre d’un tel fonds de garantie au niveau européen – selon l’Association internationale du transport aérien (Iata), le poids des remboursements de vols annulés s’élève pour les compagnies en Europe à plus de 9 milliards d’euros.

LES COMPAGNIES TOUJOURS HORS-LA-LOI

L’échec de cette réunion ne change pas la donne pour les consommateurs, toujours soumis au bon vouloir des compagnies aériennes. Celles-ci profitent en effet de l’inaction des autorités, notamment de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), aux abonnés absents depuis le début de la crise, pour imposer des avoirs aux passagers. Interrogé par le magazine L’Écho touristique sur sa politique de remboursement aux États-Unis, le groupe Air France a répondu qu’il rembourse les passagers américains car « le ministère américain des Transports (DOT) n’a pas souhaité assouplir la réglementation en vigueur ». Mais l’Europe non plus ! La principale différence est que les autorités américaines seraient intransigeantes en cas de manquement à la législation.

Après avoir fait le constat que près de 80 % des principales compagnies aériennes analysées ne respectent pas la réglementation, l’UFC-Que Choisir a mis en demeure, le 24 avril, 57 d’entre elles de respecter le droit de leurs clients. Trois ont déjà répondu : Emirates, Easyjet et Japan Airlines. Toutes trois assurent proposer le remboursement à leurs clients, dans le respect de la législation. Elles oublient que la mise en demeure de l’UFC-Que Choisir ne concerne pas uniquement la possibilité de remboursement, mais aussi ses modalités : chez ces compagnies, le formulaire de remboursement reste très bien caché…

En tout état de cause, face à l’inaction des autorités et au silence des compagnies aériennes, l’UFC-Que Choisir se réserve le droit de mener en justice toute action qui lui semblera nécessaire pour faire respecter le droit des consommateurs.

Si l’association est bien consciente des difficultés des compagnies aériennes, et appelle les consommateurs qui en ont la capacité financière à examiner avec bienveillance la possibilité d’un avoir, elle rappelle qu’il n’est pas acceptable que cette solution soit imposée par les compagnies, notamment aux passagers les plus fragiles financièrement. Certaines compagnies ont parfaitement compris la logique qui doit prévaloir et proposent à leurs clients des avantages s’ils ne choisissent pas le remboursement. C’est le cas par exemple de Brussels Airlines qui met en avant une réduction de 50 € sur la prochaine réservation de ses clients choisissant un avoir. Dans cette situation de crise exceptionnelle, compagnies et passagers doivent pouvoir échanger en bonne intelligence pour qu’aucune des deux parties ne soit lésée. On en est encore loin.

Morgan Bourven

1 mai 2020