UFC-Que Choisir Pays de St Omer, Montreuil sur Mer et de la Côte d'Opale

Changement d’heure Validité douteuse pour la consultation

Changement d’heure

 

Validité douteuse pour la consultation

L’Assemblée nationale propose aux Français de donner leur avis sur la fin du changement d’heure suggérée par la Commission européenne. Mais les modalités pratiques de cette consultation entachent sa crédibilité.

 

C’est un véritable plébiscite. 84 % des Européens sont favorables à l’abandon du changement d’heure et le pourcentage est identique pour les Français. Mise en place en 1976 dans l’objectif d’économiser l’énergie, la mesure a depuis montré ses limites. L’impact sur les dépenses énergétiques est modeste, voire illusoire. Côté inconvénients, même si les études ne montrent pas de conséquences importantes en termes de santé publique, beaucoup ont du mal à supporter ce décalage bisannuel qui dérègle leur rythme biologique et altère leur sommeil. Partant de ce constat d’échec, une proposition de directive émanant de la Commission européenne, qui doit encore être adoptée par le Parlement européen et le Conseil, met fin au changement d’heure dans l’ensemble de l’Union. Chaque État doit, d’ici au mois d’avril, notifier à la Commission son intention d’adopter l’heure d’été ou l’heure d’hiver. Selon plusieurs sondages, une large majorité des Français (les trois quarts environ) seraient favorables à l’heure d’été. Profiter de la lumière du jour plus longtemps le soir est un plaisir largement partagé. À l’inverse, les éleveurs sont fréquemment favorables à l’heure d’hiver, plus proche du cycle du soleil et des rythmes naturels de leurs animaux.

CHACUN PEUT VOTER AUTANT DE FOIS QU’IL VEUT !

L’Assemblée nationale a eu la bonne idée de mettre en ligne une consultation ouverte à tousjusqu’au dimanche 3 mars qui, si elle ne la contraint en rien, est supposée lui donner une idée de l’opinion des Français. Malheureusement, ses modalités dénotent un manque de professionnalisme criant qui nuit à sa crédibilité. Les questions sont, pour beaucoup, mal posées. Par exemple, il faut répondre sur une échelle de 1 à 10 sur l’importance qu’aurait pour le répondant d’une part le maintien du changement d’heure, d’autre part la fin du changement d’heure. En réalité il s’agit d’une seule et même question. Plus ennuyeux puisque le principe de la réforme semble acquis et que la décision centrale porte sur l’heure qui va être en vigueur toute l’année, la question sur ce sujet est entachée d’un biais flagrant. « À l’évidence, personne ne souhaite passer à UTC +0 qui n’a jamais été en vigueur en France, remarque Grégory Caret, directeur de l’Observatoire de la consommation de l’UFC-Que Choisir et spécialiste des sondages. Mais proposer cette option incite les répondants à préférer UTC +1 à UTC +2. C’est un biais bien connu : lorsqu’on propose trois options graduées, les gens ont tendance à sélectionner celle du milieu. » Mais il y a plus grave : l’Assemblée n’ayant mis en place aucun moyen de bloquer les connexions multiples depuis une même adresse IP, chacun peut voter autant de fois qu’il le souhaite, en ouvrant une fenêtre de navigation privée ou en changeant de navigateur, par exemple. Or, il existe des partisans acharnés de l’une ou l’autre option, tout à fait capables de « bourrer les urnes ». De quoi affecter sérieusement la validité de la consultation.

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Quand un sondage comprend trois options graduées (ici sur le choix du fuseau horaire), les gens choisissent souvent celle du milieu.

Fabienne Maleysson

28 février 2019

Smartphones reconditionnés Nos conseils pour bien choisir

Smartphones reconditionnés

 

Nos conseils pour bien choisir

Les smartphones reconditionnés représentent déjà 10 à 15 % des ventes de smartphones. Ces appareils garantis 100 % fonctionnels sont vendus entre 30 et 50 % moins cher que des téléphones neufs, en fonction de leur âge et de leur état général (rayures, état de la batterie, etc.). L’iPhone d’Apple reste la star de ces téléphones reconditionnés, mais désormais les vendeurs proposent aussi d’autres marques, notamment Samsung. Nos conseils pour éviter les mauvaises surprises.

 

QU’EST-CE QU’UN SMARTPHONE RECONDITIONNÉ ?

Un téléphone reconditionné est un appareil remis en vente après avoir été nettoyé, réparé et remis en boîte par un professionnel. Il est parfaitement opérationnel, mais peut présenter des défauts esthétiques (rayures, traces d’impact) et sa batterie n’est pas toujours neuve. Notre test de smartphones reconditionnés montre que l’autonomie laisse souvent à désirer. En fonction de leur état esthétique et de leur âge, les smartphones reconditionnés sont classés par « grade » et leur prix est 30 à 50 % moins élevé qu’en version neuve, pour des performances équivalentes en photo et en vidéo. N’hésitez donc pas à consulter notre test de smartphones avant de choisir un modèle reconditionné.

Le circuit de reconditionnement d’un smartphone.

GRADE DES TÉLÉPHONES RECONDITIONNÉS

Le grade reflète l’état général du téléphone (esthétique, état de la batterie), sans que ses performances soient impactées. Vérifiez qu’on vous informe bien de l’état de la batterie et de la qualité des accessoires livrés (adaptateur secteur, écouteurs, outil d’ouverture du compartiment de la carte SIM).

Voici les principales descriptions que l’on rencontre aujourd’hui chez les vendeurs.

Grade État
Comme neuf – Premium – Grade A+ – Shiny Excellent état de l’écran, de la coque, de la tranche
Très bon état – Grade A – Or Micro-rayures sur l’écran, la coque ou la tranche
Bon état – Grade B – Bronze Légères traces d’utilisation, quelques rayures marquées sur l’écran, la coque ou la tranche
État correct – grade C – Stallone Rayures visibles sur l’écran, traces d’usure prononcées sur la coque

 

OCCASION, RECONDITIONNÉ : QUELLE DIFFÉRENCE ?

Il n’existe pas de législation définissant précisément les notions d’occasion et de reconditionné. Mais à mesure qu’il s’est développé, le marché a mis ces deux termes en opposition pour distinguer les smartphones passés entre les mains de professionnels pour être remis en état puis en vente de ceux qui ont, simplement, déjà servi. Les professionnels du reconditionnement tiennent à cette distinction qui, il est vrai, fait toute la différence. Mais certains sites Internet utilisent encore indifféremment ces deux termes.

 

IPHONE RECONDITIONNÉ, LA STAR DU GENRE

L’iPhone d’Apple est le plus demandé sur le marché du smartphone reconditionné. On trouve déjà en reconditionnement les modèles les plus récents, comme l’iPhone XS ou l’iPhone X, mais ils restent chers (réduction d’environ 10 % par rapport au neuf). Le prix devient intéressant quelques années après le lancement du téléphone. Quelques exemples de prix d’iPhone reconditionnés :

  • iPhone 5 : 70 €
  • iPhone 5C : 85 €
  • iPhone 5S : 109 €
  • iPhone SE : 150 €
  • iPhone 6S : 200 €
  • iPhone 7 : 450 €
    iphones reconditionnes
→ Test Que Choisir : Comparatif iPhone reconditionnés

 

 

LES SAMSUNG GALAXY RECONDITIONNÉS DE PLUS EN PLUS FRÉQUENTS

Le marché du reconditionné s’est développé autour des iPhone d’Apple, mais désormais, il propose aussi des smartphones d’autres marques, notamment des Samsung. On trouve actuellement des Galaxy S7 reconditionnés pour 250 € et des Galaxy S8 reconditionnés à partir de 380 €. Les autres marques de smartphones, comme Huawei ou Sony, font une entrée timide dans le catalogue de quelques sites.

 

ORIGINE DES SMARTPHONES REMIS EN VENTE

Les reconditionneurs achètent des lots de smartphones mis en vente par les opérateurs mobiles, qui sont les premiers collecteurs (dans le cadre des offres de reprise qui permettent au consommateur de changer de smartphone en souscrivant à une nouvelle offre). Ils ne s’adressent pas qu’aux opérateurs français : certains importent des lots en provenance des opérateurs américains, où le marché est beaucoup plus vaste. Les reconditionneurs rachètent aussi des parcs de téléphones aux entreprises.

 

LES PRINCIPAUX VENDEURS DE SMARTPHONES RECONDITIONNÉS

Recommerce est pionnier sur ce marché. Cette start-up française sous-traite le process de reconditionnement en Europe de l’Est et revend les smartphones reconditionnés en France, chez Bouygues Telecom, dans la distribution (Auchan, Électro Dépôt, etc.) et sous sa propre marque, Re !.

Remade a choisi de se concentrer sur les iPhone. L’entreprise, qui a sa propre usine près du Mont-Saint-Michel, fait plus que du reconditionnement : elle démantèle complètement les iPhone, nettoie chaque pièce, les change au besoin, ponce et recolore la coque arrière pour, enfin, réassembler le tout.

Smaaart (Sofi Groupe) possède aussi sa propre usine, près de Montpellier. L’histoire de cette jeune marque a déjà une longue histoire (lire aussi notre reportage).

Back Market fonctionne différemment. C’est une place de marché (marketplace) qui fait l’intermédiaire entre les clients et des reconditionneurs de toutes tailles (des tout petits mais aussi des grands comme Recommerce, Remade ou Smaaart) et de tous horizons (certains sont basés en Europe ou en Chine).

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GARE AUX ACCESSOIRES

Notre test montre que la qualité des accessoires livrés avec les smartphones reconditionnés laisse souvent à désirer. Ils ne sont presque jamais d’origine constructeur. Dans le meilleur des cas, le reconditionneur livre des accessoires compatibles, c’est-à-dire respectueux des spécifications techniques de la marque. Malheureusement, il s’agit souvent de chargeurs bon marché potentiellement dangereux (nos confrères de Test-Achats ont montré que la moitié des chargeurs bon marché enfreignent les règles de sécurité européenne).

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UNE GARANTIE OBLIGATOIRE DE 24 MOIS MINIMUM

Les vendeurs communiquent le plus souvent sur une garantie de 6 ou 12 mois, mais la loi les oblige à garantir les smartphones 24 mois (garantie légale de conformité), même s’ils ne sont pas neufs.

 

LISEZ BIEN LA DESCRIPTION DU VENDEUR

On trouve aujourd’hui plus facilement les smartphones reconditionnés sur Internet qu’en boutiques. Lisez bien la description du téléphone :

  • qui est le reconditionneur, est-il connu ?
  • qui est le vendeur du produit (attention aux places de marché) ?
  • dans quel état est le téléphone, à quoi correspond le grade (comme neuf, A+, A, B…) ?
  • dans quel état est la batterie, a-t-elle été changée ?
  • les accessoires livrés sont-ils neufs, d’origine ?
  • le smartphone est-il garanti ?
  • le smartphone est-il débloqué tous opérateurs ?

 

LA CONCURRENCE DES SMARTPHONES PAS CHERS

Les smartphones reconditionnés permettent de s’acheter un appareil performant sans se ruiner. Ceci dit, on trouve désormais des appareils offrant un très bon rapport qualité/prix sur le marché du neuf. Notre test de smartphones pas chers vous aidera à choisir un modèle adapté à vos besoins et à votre budget.

 

J’ai reçu un smartphone reconditionné en remplacement de mon smartphone dans le cadre de la garantie légale de conformité. Est-ce légal ?

Disons plutôt que ce n’est pas illégal. La garantie légale de conformité contraint le vendeur à remplacer un produit défectueux dans les 2 ans qui suivent l’achat, mais la loi ne précise pas explicitement qu’il doit s’agir d’un produit neuf. Bouygues Telecom et Orange nous ont confirmé qu’ils remplaçaient parfois des smartphones irréparables par des modèles reconditionnés. On peut s’étonner de cette pratique, voire la contester. N’hésitez pas à exiger un modèle de remplacement neuf, car c’est bien un smartphone neuf que vous aviez initialement acheté.

 

Camille Gruhier

27 février 2019

Gros électroménager Comment éviter et réparer les pannes les plus fréquentes

Gros électroménager

 

Comment éviter et réparer les pannes les plus fréquentes

Un lave-linge ou un réfrigérateur qui tombe en panne, et c’est souvent la panique au sein du foyer. Comment gérer le linge sale qui s’empile et le garde-manger qui se réduit ? Résultat, beaucoup de consommateurs ont tendance, si leur appareil n’est plus sous garantie, à en acheter un neuf sans perdre de temps. Et sans s’intéresser aux solutions de réparation qui existent. Dommage, car bien souvent, les pannes sont réparables à petit prix. Tour d’horizon des problèmes les plus fréquemment rencontrés avec Frédéric Bordeau, responsable d’atelier à Rennes (35) pour la fédération Envie, spécialisée dans la réparation et le recyclage d’appareils ménagers.

 

LES LAVE-LINGE

La porte ne s’ouvre plus

Les problèmes de porte sont les plus fréquemment remontés par les lecteurs de Que Choisir et de nos partenaires européens lors de nos enquêtes de fiabilité« La principale cause de blocage vient du fait que les clients forcent pour l’ouvrir alors que le cycle de lavage n’est pas terminé », témoigne Frédéric Bordeau. « Si on arrive à déverrouiller la porte sans casser le doigt de verrou, la réparation ne coûtera que 70 à 80 € », souligne-t-il. Mais si le doigt se casse, la porte complète est à changer. Attention donc à ne pas tenter cette réparation vous-même.

Le filtre ou la pompe fonctionnent mal

« Dans 60 % des cas, ces problèmes sont liés à une pompe bloquée », indique le réparateur. « Et si elle ne l’est pas encore, elle le sera plus tard », assure-t-il. Pour éviter ce problème, il convient de nettoyer régulièrement le filtre, sans attendre que tout le système se bloque. Heureusement, la pompe est déblocable dans 99 % des cas : « soit un coût de 39 € de main-d’œuvre seulement ».

L’essorage ne se fait pas

Étonnamment, un problème d’essorage n’est souvent pas une panne. Explication : les clients ont tendance à mettre trop de lessive dans leur appareil, ce qui crée des taches sur les vêtements et oblige la machine à utiliser plus d’eau pour en venir à bout. Or, les modèles actuels sont munis d’un système antibalourd, qui équilibre le poids du linge pour éviter que la machine soit endommagée lors de l’essorage. Si le linge est trop lourd, car imbibé d’eau, « la machine va tenter deux fois de lancer l’essorage, mais ne le fera pas une troisième et s’arrêtera pour éviter les dégâts ».

Le hublot fuit

Un simple changement de joint viendra à bout de ce problème.

 

LES SÈCHE-LINGE

Le séchage ne se fait pas

« Dans 90 % des cas, le nettoyage du filtre est fait de façon aléatoire, ou n’est pas fait du tout », regrette le réparateur. Le filtre se bouche de plus en plus, et l’appareil sèche moins. Quand il est saturé, l’appareil se met en sécurité et ne sèche plus.

La courroie est cassée

Les fabricants ont développé, ces dernières années, des courroies autocassantes : si la machine détecte un problème lors du début de l’essorage, la courroie cassera pour éviter de gros dégâts sur la cuve. Son remplacement coûte une trentaine d’euros.

La porte ne s’ouvre pas

Contrairement au lave-linge, la porte du sèche-linge peut être ouverte pendant le cycle, ce qui coupe l’alimentation de l’appareil. Le faire trop souvent peut générer un échauffement du contact électrique à l’intérieur de la porte, d’où la panne.

Le moteur a un problème

« Certains professionnels peu scrupuleux vous diront que c’est un problème du moteur, avec une réparation très onéreuse à la clef », observe le responsable d’atelier. Mais bien souvent, les problèmes sont simplement dus aux charbons moteur (qui servent à alimenter le moteur en courant électrique), qui se changent pour quelques dizaines d’euros. N’hésitez pas, si vous avez un doute, à demander l’avis d’un second réparateur.

 

LES LAVE-VAISSELLE

Les boutons de commande/sélection des programmes sont défectueux

Les boutons en plastique peuvent casser : pas de panique, cela se change rapidement, pour moins de 50 €. Les bandeaux électroniques peuvent être plus onéreux à réparer si la carte électronique doit être changée, mais ce n’est pas toujours le cas : il y a parfois un faux contact dans les faisceaux et les connecteurs ; il suffit alors de débrancher et rebrancher le bandeau pour qu’il refonctionne.

La pompe d’évacuation ne fonctionne pas

Ce type de panne est similaire à celui que connaissent les lave-linge. « Cela arrive par exemple si vous cassez un verre transparent dans la machine : vous n’avez pas forcément vu qu’un morceau était tombé et, au moment d’enlever le filtre, ce bout de verre passe dans le tuyau et va bloquer la pompe. » Pour y remédier, il suffit d’accéder à la turbine de la pompe et de la débloquer. « C’est moins accessible que sur un lave-linge, mais c’est faisable », assure le spécialiste.

Le séchage se fait mal

« Dans 98 % des cas, ce n’est pas une panne, mais un problème de produit ou de réglage pas adapté à l’appareil », nous explique Frédéric Bordeau. Certains consommateurs utilisent du produit de rinçage en plus du produit de lavage ou du détergent. Or, il arrive que les marques se contrarient entre elles, ce qui nuit au lavage et au séchage.

La pompe de cyclage est bruyante

Là aussi, le produit de rinçage peut être à blâmer. S’il est trop acide, il peut détériorer l’axe entre la liaison hydraulique et électrique. Cela génère des fuites et du bruit. Le changement de la pompe de cyclage coûte une centaine d’euros.

Les bras de lavage sont bouchés

« Il suffit de les nettoyer : ils sont faciles à démonter, mais peu de consommateurs le font et préfèrent nous appeler », note le réparateur.

 

LES RÉFRIGÉRATEURS-CONGÉLATEURS

La fonction no frost ne fonctionne pas

La technologie no frost (sans givre) est particulière et nécessite plus de vérifications et de démontage qu’un réfrigérateur en froid statique ou ventilé : une panne peut donc coûter cher… Mais s’il ne s’agit que d’un problème de fusible ou de résistance, vous vous en tirerez avec une facture de quelques dizaines d’euros. Il est donc intéressant d’y jeter un œil.

La porte se ferme mal

Le problème vient souvent des joints. Ainsi, sur les appareils qui n’ont pas de poignée, les utilisateurs ont tendance à agripper le bord de la porte, ce qui entraîne l’usage prématuré du joint. Problème : « de plus en plus, les joints sont moulés directement dans la porte, ce qui oblige à tout changer et représente le prix de l’appareil, à moins que l’on arrive à découper la porte et recoller un joint », regrette le réparateur. Il déplore aussi que certains fabricants fixent les pivots de porte dans de la mousse polyuréthane. « Forcément, ça ne va pas durer longtemps : c’est une forme d’obsolescence programmée. » Dans ce cas, le réparateur peut injecter dans la mousse une résine spéciale, qui en durcissant rendra le tout plus costaud.

→ Nos dossiers Réfrigérateur et Congélateurs

Morgan Bourven

26 février 2019

Grand débat national Les premiers résultats de la Contribution des Consommateurs

Grand débat national

 

Les premiers résultats de la Contribution des Consommateurs

A mi-parcours du Grand débat national, la Contribution des Consommateurs portée par l’UFC–Que Choisir a déjà recueilli près de 80 000 signatures de soutien. Parmi les douze mesures concrètes en faveur du pouvoir d’achat proposées, les plus attendues par les votants concernent l’environnement, la santé, l’alimentation et la banque. Forte du soutien des consommateurs, qu’elle appelle à amplifier, l’association entend imposer dans la cadre du débat public l’idée d’une loi consommation, grande absente de ce début de quinquennat.

 

Le plan pouvoir d’achat, une démarche participative validée par les consommateurs

L’UFC–Que Choisir a voulu porter une voix originale dans le Grand débat national, en élaborant un plan en faveur du pouvoir d’achat à même de libérer 9 milliards d’euros pour les consommateurs, principalement dans leurs dépenses contraintes, et d’agir pour une société de consommation plus juste et responsable. Cette liste de douze mesures concrètes, expertisées par l’UFC–Que Choisir, est applicable dès cette année, et serait sans surcoût pour les finances publiques. Soumis à l’approbation des consommateurs, ce plan a déjà été soutenu par près de 80 000 signataires, dont plus de 60 000 ont voté pour les 3 mesures prioritaires à leurs yeux.

Infographie - 5 mesures prioritaires à mi-parcours

L’environnement, les prix alimentaires et la santé en tête des priorités des consommateurs

A ce stade, cinq mesures se dégagent des votes des consommateurs, chacune choisie par au moins 30 % des votants. En premier lieu, c’est l’application stricte du principe « préleveur – pollueur – payeur » pour l’eau potable qui se détache, avec le soutien de plus d’un consommateur sur deux (51 %). Cette mesure de bon sens contribuerait à réduire l’usage des pesticides dans l’agriculture, tout en diminuant de plus d’un milliard d’euros la facture d’eau des Français. Suivent deux mesures soutenues chacune par 41 % des votants : l’obligation pour la grande distribution et les industriels de répercuter dans les prix en rayon les baisses des cours des matières premières agricoles, au lieu d’augmenter leurs marges (340 millions €) et la limitation des dépassements d’honoraires médicaux (650 millions €). Enfin, l’annulation du relèvement du seuil de revente à perte, qui gonfle de 800 millions d’euros les marges de la grande distribution sur les produits alimentaires sans mécanisme garanti de reversement aux agriculteurs, est plébiscitée par 34 % des consommateurs. Ils sont enfin 31 % à demander avec nous la suppression des commissions d’intervention en cas d’incident bancaire. Ces « frais-sanction », qui n’ont plus de légitimité économique, coûtent pas moins de 2,8 milliards d’euros par an aux consommateurs.

L’urgence d’une loi consommation pour agir sur les dépenses contraintes

Les priorités des consommateurs s’orientent bien sur les dépenses auxquelles il est difficile d’échapper : eau potable, alimentation, soins ou encore frais bancaires. Cela confirme l’urgence pour le gouvernement de réparer le grand oubli de ce début de quinquennat, en présentant une grande loi sur la consommation. En effet, à la différence des quinquennats précédents, le Parlement n’a, bientôt deux ans après son installation, examiné aucun texte à même d’améliorer la situation des consommateurs, alors même que la situation actuelle résulte d’abord d’une crise du pouvoir d’achat. Une telle loi permettrait, en jouant sur les niveaux de prix, de libérer rapidement du pouvoir d’achat et constituerait un complément indispensable à loi d’urgence économique et sociale adoptée en fin d’année. Le pouvoir d’achat doit marcher sur ses deux jambes : les revenus mais aussi les niveaux de prix !

Déterminée à agir pour diminuer les dépenses contraintes des consommateurs, l’UFC–Que Choisir appelle les Français à maintenir et amplifier leur mobilisation, en votant pour laContribution des consommateurs et en choisissant leurs trois mesures prioritaires.

25 février 2019

Alimentation bio Les jeunes consommateurs rebattent les cartes

Alimentation bio

 

Les jeunes consommateurs rebattent les cartes

L’Agence Bio vient de présenter les chiffres annuels de la filière. Nouveauté cette année, l’organisme public en charge de la promotion de l’agriculture biologique française s’est particulièrement intéressé au profil des acheteurs fraîchement convertis, plus jeunes et moins aisés. De nouveaux consommateurs qui apportent leur lot d’aspirations mais aussi de doutes vis-à-vis de la filière.

 

« Le bio n’est plus un phénomène de mode mais de société », a déclaré Florent Guhl, président de l’Agence Bio, en introduction de la conférence annuelle présentant les chiffres-clés de la filière. Selon les résultats de cette enquête en ligne portant sur 2 000 Français de 18 ans et plus (représentatifs de la population nationale), le nombre de consommateurs de bio en France reste globalement stable par rapport à l’an dernier. Ainsi 71 % des Français consommeraient des aliments bio au moins une fois par mois, les consommateurs quotidiens étant en léger recul (12 %).

Le baromètre souligne cependant des écarts géographiques. Les régions les plus consommatrices sont la Bretagne (77 % de consommateurs réguliers), l’Île-de-France (77 %) et l’Auvergne-Rhône-Alpes (75 %), quand les Hauts-de-France plafonnent à 61 %. « La production et la consommation de bio sont fortement corrélées », analyse Florent Guhl.

BIEN-ÊTRE ANIMAL ET ENVIRONNEMENT : DE NOUVELLES INCITATIONS À CONSOMMER BIO

L’agence s’est également intéressée aux « nouveaux » consommateurs définis par l’enquête comme achetant bio depuis moins d’un an. En forte progression, ils sont passés de 9 % en 2017 à 17 % en 2018. Parmi les populations récemment converties, les 18-24 ans sont les plus représentés, devant les personnes à faibles revenus (20 %) et les femmes (19 %).

Autre enseignement, les motivations des jeunes consommateurs les poussant à se tourner vers le bio sont sensiblement différentes de celles de leurs aînés. Les premiers invoquent davantage des raisons éthiques et de bien-être animal quand les seconds s’attachent plus à préserver leur santé et sont à la recherche d’aliments de qualité et goûteux. La protection de l’environnement s’avère en revanche un levier majeur pour toutes les générations de consommateurs.

DES PRODUITS TOUJOURS PERÇUS COMME TROP CHERS ET PAS ASSEZ TRANSPARENTS

Pas de surprise non plus du côté des freins à la consommation de bio : le prix s’avère problématique pour 84 % des jeunes consommateurs, même si 43 % estiment normal de payer plus cher un produit bio.

Un point d’autant plus sensible pour la filière qu’ont lieu actuellement et jusqu’à fin février 2019 les négociations commerciales annuelles entre la grande distribution – qui concentre 81 % des achats bio en France – d’une part et les producteurs et transformateurs en bio d’autre part. Selon le Synabio, syndicat regroupant des transformateurs et réseaux de distributions bio, 28 % des entreprises alimentaires bio se voient aujourd’hui réclamer des baisses de tarifs par la grande distribution avant toute négociation. « Le bio est désormais au cœur de la stratégie des grandes enseignes, et fait son entrée dans la fameuse « guerre des prix » qu’elles se livrent », analyse le syndicat qui craint que les distributeurs se tournent vers des offres moins chères extérieures à la France. « Tirer les prix vers le bas n’est pas la solution : on a vu ce que cela a donné en conventionnel, mettant à genoux les producteurs français », s’alarme Didier Perréol, vice-président de l’Agence bio et administrateur de Synabio. À défaut d’une baisse des prix de vente, ce dernier prône plus de clarté pour le consommateur sur les marges, citant en exemple la marque C’est qui le patron qui joue la transparence dans la formation de ses prix et vient de sortir récemment un beurre, première référence bio de la gamme.

Un effort de transparence indispensable alors que ce nouveau baromètre révèle également une confiance mitigée des consommateurs de tout âge vis-à-vis des produits bio. Les principaux reproches faits à la filière sont un manque de clarté sur la réglementation bio, la certification et les contrôles des produits et, enfin et surtout, au sujet de l’origine des produits bio. Si les aliments made in France ne font généralement pas secret de leur origine, les consommateurs en ont assez du manque de traçabilité des produits transformés non français. Une opacité qui les condamne à buter le plus souvent sur un énigmatique sigle UE ou Hors-UE pour toute information sur l’origine du produit.

SYSTÈME DE PRODUCTION À REPENSER

Ce problème de traçabilité ne se limite certes pas aux produits estampillés AB. Mais qui pense bio pense souvent circuit court et de proximité. Or la France est encore loin d’être autosuffisante en bio sur certaines familles d’aliments. Notamment les fruits et légumes et les céréales. « Nos besoins en blé meunier ont grimpé de 15 % l’an dernier alors que la production française [en raison notamment de maladies comme la rouille et d’aléas climatiques, ndlr] a reculé de 30 % », constate sans détour Olivier Deseine, directeur du Moulin de Brasseuil qui produit de la farine bio pour la boulangerie en Île-de-France. La filière céréale va devoir repenser en profondeur son système de production alors que la loi alimentation parue en 2019 vient d’annoncer un plan de transformation des filières dont l’objectif est de doubler les surfaces de grandes cultures bio d’ici 2022.

Enfin côté fruits et légumes, le maraîchage français se heurte essentiellement à la concurrence des produits de contre-saison. Difficile de faire avaler des poireaux à des consommateurs qui voudraient des tomates toute l’année. Mais les mentalités évoluent, rappelle l’Agence qui constate que 58 % des déclarants de l’enquête disent acheter plus de produits de saison. De bonnes résolutions dont la grande distribution compte bien tirer parti, Carrefour ayant annoncé le 5 février 2019 expérimenter pendant 3 mois une offre en fruits et légumes uniquement de saison dans l’ensemble du parc de Carrefour bio et dans 8 hyper et supermarchés de l’enseigne.

Marie-Noëlle Delaby

25 février 2019

Petit électroménager La fiabilité laisse à désirer

Petit électroménager

 

La fiabilité laisse à désirer

L’enquête sur la fiabilité des marques de petit électroménager (aspirateurs, cafetières, fers à repasser, micro-ondes, robots ménagers) menée auprès des lecteurs de Que Choisir et d’autres magazines consuméristes européens est inquiétante : rares sont les marques capables de durer sans tomber en panne.

 

C’est la douche froide. Alors que notre enquête de fiabilité sur le gros électroménager (lave-lingesèche-lingelave-vaisselle et réfrigérateurs-congélateurs) avait donné des résultats corrects, en septembre dernier, notre nouvelle enquête portant cette fois sur le petit électroménager montre des résultats franchement mauvais. Parmi les marques présentes dans les 6 familles de produits que nous avons étudiés, aucune ne parvient à décrocher un score de fiabilité considéré comme « très bon » (). Les marques dont l’indice est « bon » () représentent moins d’un quart du total. Les trois quarts des marques vont du « moyen » () au « mauvais » ()… C’est peu glorieux.

Tous les appareils ne sont pas à mettre dans le même panier. Ainsi, le bilan est plutôt bon concernant les robots multifonctions : la marque Philips est la seule sur les 7 marques évaluées à être jugée « moyenne », les 6 autres marques se révélant « bonnes ». Les micro-ondes sont aussi considérés comme assez fiables : sur les 25 marques analysées, seule Beko est jugée « mauvaise », tandis que 6 sont considérées comme fiables. Parmi elles, les appareils de marque Ikea côtoient ceux de la marque de Lidl, Silvercrest – preuve que l’on peut faire fiable et peu cher. Silvercrest se hisse d’ailleurs en tête du classement de la fiabilité des fers à repasser, juste devant Calor, et de celui des robots cuiseurs, devant Moulinex et Kenwood. L’enseigne de hard discount devrait peut-être donner sa recette aux autres fabricants…

Les résultats sont mauvais concernant les cafetières à expressos (à capsules ou automatiques). 5 marques sur les 10 évaluées sont jugées « mauvaises » sur le critère de la fiabilité, dont Lavazza et Illy : un tiers des appareils de nos lecteurs ont connu une panne ! Trois marques se distinguent (Delonghi, Magimix, Krups) mais avec seulement un jugement « moyen ». Autres résultats amers : ceux des aspirateurs, qu’ils soient traîneaux ou balais. 5 marques sur les 16 évaluées pour les aspirateurs traîneaux ont un indice de fiabilité « bon », tandis que les autres sont jugées moyennement fiables. Du côté des aspirateurs balais, Dyson et Rowenta ont un indice « bon », alors qu’Electrolux et Bosch sont « moyens ».

LA RÉPARATION, C’EST POSSIBLE

Cette fiabilité moyenne est problématique sur le plan du pouvoir d’achat, mais aussi de l’écologie. En effet, ces appareils coûtent souvent moins de 200 € : en cas de panne, ils partent donc directement à la poubelle et rejoignent les 16 à 23 kg de déchets électriques que les Français produisent chaque année. Or, il est possible de réparer la plupart des pannes de ces appareils.

Pour les petites réparations, le plus rentable est de faire appel à des structures associatives, comme les Repair’Café (où des bénévoles sont présents pour guider gratuitement les personnes ayant un appareil à réparer) ou le réseau Envie. Ce dernier, qui vient d’ouvrir son 46e magasin à La Rochelle (17), permet d’acheter du matériel rénové et garanti tout en hébergeant des ateliers de remise en état et de réparation, à des tarifs inférieurs à ceux des SAV de la grande distribution.

Pour les réparations plus complexes, ou sur des appareils plus onéreux, les réparateurs indépendants sont aussi une solution. « Nous avons désormais la possibilité de faire des petites réparations correctes, car le prix des pièces détachées a été revu à la baisse par certains fabricants », explique Jean-Pierre Buzy, dépanneur depuis 30 ans à Toulouse (31) et président de l’association StarSAV, qui regroupe une centaine de professionnels agréés par les grandes marques. Au-delà de l’aspect éthique – et marketing – de faciliter la réparation, cet engagement des fabricants d’électroménager est marqué par le pragmatisme : pour conserver un maillage suffisant de stations techniques, auxquelles elles font appel pour les appareils sous garantie, il faut bien leur permettre de survivre.

« Mais pour réparer, encore faut-il savoir que c’est possible, poursuit le professionnel, qui regrette la tendance des consommateurs à se tourner vers des appareils « jetables ». Tout le monde ne peut pas acheter du haut de gamme, mais il faut savoir qu’un aspirateur à 50 € sera difficilement démontable et réparable : à ce prix, c’est une simple coque avec deux éléments imbriqués à l’intérieur. »

25 février 2019

Informatique (infographie) Vous et votre ordinateur

Informatique (infographie)

 

Vous et votre ordinateur

Que ce soit pour rester en contact avec sa famille, faire des achats en ligne ou contacter une administration, l’ordinateur est devenu un outil incontournable dans les foyers. Nous avons voulu en savoir plus sur ce que les abonnés à notre newsletter faisaient de leur ordinateur et ce qu’ils en attendaient.

 

 

UNE UTILISATION QUOTIDIENNE ET CONNECTÉE

Quand on a un ordinateur, ce n’est pas pour qu’il prenne la poussière. Plus de 9 répondants sur 10 disent l’utiliser tous les jours ou presque, principalement pour envoyer/recevoir des e-mails et naviguer sur Internet. La moitié utilisent principalement leur ordinateur pour faire de la bureautique et seulement 11 % pour regarder des vidéos.

UN RENOUVELLEMENT PAS SI FRÉQUENT

7 ans, telle est la durée pendant laquelle ceux qui ont répondu à notre questionnaire ont conservé en moyenne leur dernier ordinateur. C’est plutôt long. Ce chiffre cache toutefois des situations très disparates, puisque 8 % ne l’ont pas gardé au-delà de la 3e année et que 15 % l’ont conservé plus de 10 ans. S’ils ont fini par investir dans du nouveau matériel, c’est avant tout pour des questions de performances (42 % trouvaient leur ancien ordinateur trop lent). Les autres en ont changé parce que l’ancien modèle était soit cassé (36 %), soit obsolète (mémoire devenue insuffisante, logiciels impossibles à mettre à jour, etc.). À noter que 3 % se sont séparés de leur ordinateur parce qu’il était infecté par un virus.

UN ACHAT BIEN PRÉPARÉ

Si les plus calés en informatique ont eu tendance à se tourner vers Internet pour acheter leur ordinateur, les deux tiers ont préféré se rendre dans une boutique ayant pignon sur rue. La moitié d’entre eux ont opté pour une grande surface spécialisée (type Darty, Fnac, Boulanger…). Parmi eux, 46 % avaient une idée précise du modèle qu’ils souhaitaient acheter avant d’entrer dans le magasin et n’ont pas changé d’avis quand ils se sont retrouvés devant le rayon.

LE PORTABLE A LA COTE

Il est léger, peu encombrant, facile à transporter. Bref, on dirait qu’il n’a que des avantages. Pas étonnant que 9 acheteurs sur 10 aient opté pour un ordinateur portable lorsqu’ils ont renouvelé leur matériel. Et malgré une utilisation assez basique, leur choix s’est fait en priorité sur la base des performances de l’appareil (42 %), de ses caractéristiques techniques telles que la capacité de stockage ou la quantité de mémoire vive (39 %) et de la puissance du processeur (37 %). La taille de l’écran a aussi été prise en compte, mais dans une moindre mesure (28 % disent en avoir fait un critère d’achat important). La grande majorité (71 %) se sont dirigés vers des écrans de 15 pouces et plus, moins faciles à transporter, mais plus confortables à l’usage. 85 % ont opté pour un PC (15 % pour un Mac), pour un budget très variable qui s’étale de manière uniforme de moins de 400 € à plus de 1 000 €.

DES ACHETEURS PLUTÔT SATISFAITS

En lui accordant une note de 7/10 ou plus, 83 % des acheteurs estiment que l’ordinateur qu’ils ont acquis répond à leurs attentes. Quand la satisfaction n’est pas au rendez-vous, c’est avant tout parce qu’ils trouvent la machine trop lente. Apple est la marque qui satisfait le plus ses clients. Tant mieux, car ses ordinateurs sont aussi les plus chers. Les concurrents ne déméritent pas, même si la dernière place de HP, l’un des fabricants qui vend le plus d’ordinateurs en France, doit inciter plus que jamais à consulter notre guide d’achat et nos tests d’ordinateurs portables et ultraportables.

Cyril Brosset

Grégory Caret

Observatoire de la consommation

25 février 2019

Audi Q3 (2019) Premières impressions

Audi Q3 (2019)

 

Premières impressions

Le nouvel Audi Q3 corrige le principal défaut de la précédente version en devenant plus habitable. Son niveau d’équipement progresse aussi mais on regrette des mesquineries de finition pour ce SUV haut de gamme.

 

De prime abord, le nouveau Q3 ne semble pas si différent de son prédécesseur et seules quelques modifications de style au niveau de la calandre et des feux avant et arrière font la différence. Pourtant, le SUV d’Audi gagne en niveau d’équipement et, surtout, en convivialité avec un habitacle qui s’agrandit sensiblement.

 

QUALITÉ DE VIE À BORD

Les inserts en alcantara orange égaient sensiblement l’habitacle.

Le nouveau Q3 arbore une nouvelle planche de bord épurée et affublée d’un large écran central tactile de 10 pouces. Très simple à utiliser, la totalité de sa surface est utilisée pour offrir une image très lisible. Mais surtout on apprécie que toutes les versions (sauf celle de base) soient dotées de série du Virtual Cockpit. Le conducteur bénéficie ainsi d’un affichage haut de gamme et peut modifier à souhait les informations présentées devant lui.

 

La finition intérieure est de bonne facture mais nous avons remarqué que certains matériaux durs ont fait leur apparition et dénotent un peu dans l’ambiance générale. C’est par exemple le cas au niveau des contre-portes et du bas de la planche de bord. Dommage car le reste est plutôt bien fini avec des inserts en alcantara (en option ou de série sur la finition haut de gamme) qui sont du plus bel effet et qui participent à rendre l’habitacle plus accueillant. Nous émettrons toutefois une petite réserve sur la tenue dans le temps et le risque de voir les coloris se ternir. La couleur orange de notre modèle d’essai pourrait en effet vite se salir.

Audi Q3 - L'écran central de 10 pouces s’avère très lisible.
L’écran central de 10 pouces s’avère très lisible.

À l’avant, les occupants seront mieux lotis et disposeront d’un espace généreux. Grâce aux multiples réglages du siège, le conducteur trouvera simplement sa position de conduite. La boîte à gants est un peu petite et les vide-poches moyennement logeables en raison d’une forme un peu biscornue. Heureusement, l’espace de rangement situé sous l’accoudoir central permettra de ranger le nécessaire.

Le principal point fort du nouveau Q3 est sa progression au niveau de l’habitabilité à l’arrière avec 4 cm supplémentaires en largeur qui devraient permettre de voyager dans de meilleures conditions lorsque trois occupants sont installés. De même, contrairement à l’ancien modèle, la mise en place de sièges enfants devrait être plus aisée. Le coffre gagne aussi en volume et, grâce à la banquette coulissante sur 15 cm de série sur tous les modèles, il est possible d’augmenter sa capacité de chargement. Elle passe ainsi de 530 litres à 675 litres.

Audi Q3 - C'est à l'arrière que le gain d'espace se fait le plus ressentir.
C’est à l’arrière que le gain d’espace se fait le plus ressentir.

AU VOLANT

Selon les chiffres de vente du précédent Q3, le moteur Diesel 2.0 de 150 ch devrait être le plus vendu. À l’usage, ce moteur s’avère agréable à conduire malgré un niveau sonore assez élevé et un manque de réactivité à bas régime. On retrouve, dans une moindre mesure, ce même problème que nous avions relevé l’été dernier sur son grand cousin le Volkswagen Touareg. Ici aussi, il semblerait que le nouveau protocole d’homologation WLTP soit responsable de ce trou à l’accélération car sans cela le moteur serait trop gourmand dans les phases de reprises à très bas régime. Pour réaliser un dépassement ou une relance en montagne, il faudra alors jouer du levier de vitesses. Nous avons donc eu largement l’occasion d’apprécier l’agrément et la précision de la commande de la boîte de vitesses manuelle. Les changements de rapports sont rapides et très doux. Dans les autres phases d’utilisation, le moteur Diesel s’est montré agréable et d’un appétit raisonné.

Sur un trajet constitué de routes sinueuses, de ville puis de quelques voies rapides, la consommation s’est affichée à 8,2 litres aux 100 km. Une valeur qui devrait très certainement descendre si l’on évolue à vitesse stabilisée sur route ou autoroute. Il faut aussi relativiser un peu cette valeur car notre SUV était une version à quatre roues motrices, une configuration qui engendre systématiquement une surconsommation de quelques décilitres. Cette version conviendra donc aux plus gros rouleurs, a fortiori ceux qui habitent en campagne ou dans une région montagneuse. La transmission intégrale leur apportera en effet un niveau de sécurité supplémentaire non négligeable dans les conditions difficiles. Pour preuve, nous avons sans problème parcouru quelques centaines de mètres sur du sable, là où les versions à deux roues motrices se sont immobilisées et ont dû être remorquées.

Audi Q3 - En version 4x4 le Q3 peut s'aventurer hors des sentiers battus.
En version 4×4 le Q3 peut s’aventurer hors des sentiers battus.

Pour les autres utilisateurs, moins contraints par leur environnement routier, nous conseillerons le bloc essence de 150 ch (version désormais baptisée 35). Nous avons conduit ce bloc en version deux roues motrices associé à la boîte de vitesses DSG à 7 rapports. Dans cette configuration, le moteur ne s’est pas montré plus gourmand, ce qui est plutôt une bonne nouvelle, mais nettement plus silencieux et confortable à utiliser en ville. Un bémol cependant : avec lui aussi, les reprises à bas régime sont relativement lentes et imposeront de l’anticipation pour certaines manœuvres. Pour le reste, le moteur s’est montré agréable sur route et permet d’évoluer dans un grand confort.

Côté châssis, le Q3 dispose d’une très bonne tenue de route. Seul petit défaut que le constructeur aurait pu modifier : des suspensions un peu sèches sur les petites bosses comme des ralentisseurs. Mieux vaut alors les négocier à basse vitesse au risque de chahuter les occupants. De même, le système de maintien dans la file Lane Assist est un peu désagréable et brutal dans ses corrections de trajectoires.

 

SÉCURITÉ

Le nouveau Q3 fait le plein d’équipements technologiques avec, de série, le système de maintien dans la file Lane Assist, le détecteur de pluie et de luminosité, un éclairage entièrement à LED (feux de croisement, feux de route, feux diurnes et feux de position – seuls les clignotants sont encore avec des lampes classiques), l’alerte de collision avec reconnaissance des piétons et des cyclistes (Audi Pre Sense Front), le système de précollision qui déploie automatiquement des mesures préventives comme la tension des ceintures de sécurité à l’avant, l’activation des feux de détresse clignotants et la fermeture du toit ouvrant et des vitres latérales (Audi Pre Sense Basic).

 

L’Audi Q3 en résumé

En dehors de quelques modifications visuelles, le nouvel Audi Q3 gagne sensiblement en habitabilité. On peut regretter que le constructeur ait chipoté sur la qualité de quelques matériaux intérieurs sans quoi la finition aurait été exemplaire. Côté tarif, le Q3 est plutôt bien placé dans le segment des SUV haut de gamme. Pour un Q3 35 TFSI (bloc essence 1.5 litre de 150 ch) Design, dont le niveau d’équipement de série est acceptable, il faut compter 36 570 €. En comparaison, un BMW X1 18i Sport est à 37 050 € et un Mercedes GLA 200 Sensation, moins habitable, s’affiche à 37 750 €.

Les +

  • Habitabilité
  • Volume de coffre
  • Agrément du bloc essence
  • Consommation
  • Niveau d’équipement

 

Les –

  • Détails de finition
  • Agrément du Lane Assist

 

Yves Martin

22 février 2019

Acrylamide dans l’alimentation (vidéo) Pourquoi il faut limiter sa consommation

Acrylamide dans l’alimentation (vidéo)

Pourquoi il faut limiter sa consommation

Si l’acrylamide est un contaminant à risque pour la santé, peu de consommateurs savent de quoi il s’agit. Il est pourtant présent dans de nombreuses denrées alimentaires (frites, pain grillé, café, biscuit…) sans pour autant être une substance ajoutée aux aliments lors de leur préparation. Alors l’acrylamide, c’est quoi et comment l’éviter ?

 

 

Cécile Lelasseux

Rédactrice technique

22 février 2019

Restauration Que recouvre la mention « fait maison » ?

Restauration

 

Que recouvre la mention « fait maison » ?

En restauration, l’utilisation de la mention « fait maison » et du logo correspondant est strictement encadrée.

 

QUEL EST L’OBJECTIF POURSUIVI ?

La loi du 17 mars 2014 a voulu lutter contre l’utilisation injustifiée de la mention « fait maison » dans la restauration. Elle permet de distinguer les plats de fabrication artisanale des plats ou ingrédients industriels (achetés prêts à l’emploi) que le restaurateur se contente de réchauffer ou d’as­sembler. Faire état de l’information « fait maison » suppose le respect de diverses conditions (art. L. 122-19, L. 122-20, D 122-1 à D 122-3 du code de la consommation et arrêté du 11/7/14). Le non-respect de ces règles peut être assimilé à de la tromperie ou de la publicité de nature à induire en erreur le consommateur, pratiques pouvant donner lieu à des sanctions pénales ou administratives.

QUELS SONT LES ÉTABLISSEMENTS CONCERNÉS ?

Les dispositions liées à l’emploi de la mention « fait maison » sont destinées à la restauration traditionnelle, à la restauration rapide et aux restaurants de chaîne. Elles concernent également la vente à emporter (plats vendus chez un traiteur, dans un marché…).

QUELLE EST LA DÉFINITION PRÉCISE D’UN PLAT « FAIT MAISON » ?

On considère qu’une entrée, un plat, un dessert est « fait maison » dès lors que la préparation a été transformée dans les locaux de l’établissement. De fait, cela exclut ce qui est conçu dans une cuisine centrale. Des dérogations sont toutefois admises. Par exemple, pour les food trucks (camions-restaurants), qui peuvent avoir préparé leurs plats dans un autre endroit. Ensuite, il faut que les préparations soient confectionnées à partir de produits bruts (légumes, par exemple) n’ayant fait l’objet d’aucun ajout ou assemblage hormis le sel. Les produits non bruts, ceux qui ont été préalablement transformés, peuvent servir « d’ingrédients primaires » pour la fabrication de plats « faits maison ». Ce sera le cas pour les charcuteries, les fromages, les pâtes ou les sauces. Une fois toutes ces conditions satisfaites, l’établissement peut apposer sur ses menus ou tout autre support (ardoise, porte d’entrée…) le logo (voir ci-dessous) et/ou la mention désignant le « fait maison ». Celle-ci peut ne s’appliquer que pour quelques plats de la carte. Dans ce cas, elle figurera en face des plats concernés.

Logo fait maison
Le logo ou la mention désignant le « fait maison » doivent être placés de manière visible sur les supports d’information (menus, cartes, site Internet…).
22 février 2019

Additifs alimentaires Les dessous de notre évaluation

Additifs alimentaires

 

Les dessous de notre évaluation

Que Choisir a mis en ligne en novembre dernier une base de données interrogeable visant à fournir au lecteur des descripteurs de l’usage de chaque additif ainsi qu’une appréciation d’ordre sanitaire des risques potentiellement associés à leur consommation. Plusieurs structures ou individus se sont livrés ces derniers temps à ce type d’exercice, consistant à délivrer un avis sur les additifs inscrits à la liste positive des additifs autorisés dans l’Union européenne. Les travaux réalisés par l’UFC-Que Choisir ont ainsi pu se trouver associés à la critique d’autres publications ou outils, évoquant notamment l’absence de légitimité scientifique pour apporter un regard critique sur l’évaluation du risque sanitaire de la consommation d’additifs alimentaires. Soucieux d’affirmer le sérieux de notre démarche, nous apportons les réponses à certaines questions.

 

Sur quelles données avez-vous fondé votre travail et par qui a-t-il été réalisé ?

Sur une recherche bibliographique approfondie, dont les sources incluent avant tout les avis scientifiques rendus par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), les données d’usage de la Food Additives Database de la Commission européenne mais aussi des publications scientifiques issues de revues à comité de lecture. Notre équipe de travail est composée d’ingénieurs possédant à la fois la formation scientifique et l’expérience professionnelle leur permettant de comprendre les contenus de ces différentes sources et qui sont familiers des méthodes d’évaluation du risque appliquées en Europe et en France.

→ Notre évaluation de 329 additifs alimentaires

La liste des additifs autorisés est fixée par la Commission européenne, suite à l’évaluation de ceux-ci par l’Efsa. Quelle légitimité avez-vous pour apporter un jugement sur l’emploi de ces additifs ?

Nous n’avons pas vocation à nous substituer aux autorités sanitaires en charge de l’évaluation des risques pour ces substances. Néanmoins, notre travail se veut le reflet des limites rencontrées par l’Efsa elle-même dans son évaluation, notamment en termes de difficultés à collecter des données sur les additifs évalués, dont la transmission relève de la responsabilité des opérateurs industriels les produisant ou les utilisant. Ces limites portent également sur l’absence de prise en compte de certaines études du fait d’exigences méthodologiques très strictes. Notre lecture met aussi en évidence l’incompréhension que peut parfois susciter l’articulation entre avis scientifique rendu et décision politique au niveau de la Commission européenne, notamment lorsque de nombreuses données sont manquantes pour l’évaluation des risques. Ce point a notamment été mis en évidence lors d’un récent audit de la Cour des comptes européenne rendu public le 15 janvier dernier.

« Y a-t-il de bons et de mauvais additifs alimentaires ? »

Il est à noter que, contrairement à d’autres publications, notre base de données ne classe pas les additifs sous les termes de « bons » ou « mauvais ». Les noms des 4 catégories de notre classement ont été choisis avec soin (« Acceptable », « Tolérable, vigilance pour certaines populations », « Peu recommandable », « À éviter »), de même que leurs définitions. Ces catégories (symbolisées par les couleurs vert, jaune, orange et rouge) se veulent le reflet des risques relevés en lien avec la consommation de chaque additif.

Légendes additifs

Ainsi, les additifs classés rouge, soit « À éviter », regroupent les additifs pour lesquels les effets indésirables/néfastes identifiés par un faisceau d’études scientifiques nous semblent critiques. Très souvent un risque de dépassement de dose journalière admissible (DJA) est souligné, notamment au sein de populations sensibles. C’est le cas des colorants azoïques pour lesquels le message de mise en garde suivant doit être étiqueté sur les produits en contenant : « Peut avoir des effets indésirables sur l’activité et l’attention chez l’enfant ».

De nombreux acteurs de l’agroalimentaire opèrent d’ailleurs d’eux-mêmes un tri entre les additifs et cessent l’emploi de certains, comme Carrefour via son Act for Food ou encore M&Ms avec le retrait du dioxyde de titane E171 de ses confiseries. Fleury Michon quant à lui met en avant que son service de recherche et développement travaille avec une liste finie de 21 additifs qu’il s’autorise pour le développement de ses produits.

Ne confondez-vous pas les notions de « danger » (1) et de « risque » (2) ?

Nous tenons au contraire compte des dépassements possibles de DJA mis en évidence par l’Efsa  – donc de notions d’exposition – et des dangers soulignés par diverses études qu’il nous semblerait important de réévaluer. En revanche, nous nous interrogeons parfois sur les décisions prises par la Commission européenne suite aux avis rendus par l’Efsa, ce que notre classement manifeste également.

La présence de plusieurs additifs dans un aliment fait-elle courir des risques aux consommateurs ?

Les additifs alimentaires sont évalués indépendamment les uns des autres et les contraintes méthodologiques d’une évaluation de l’ensemble des combinaisons d’additifs présentes dans nos aliments seraient considérables. Il semble néanmoins impossible de nier la potentialité de telles interactions délétères, puisqu’il est par ailleurs déjà démontré que l’interaction d’additifs avec d’autres molécules produit des composés secondaires toxiques (par exemple : nitrites + acides aminés qui donnent des nitrosamines). Dans son rapport sur les nouvelles recommandations PNNS 4, Santé publique France indique elle-même en parlant des produits ultratransformés qu’ils « contiennent de nombreux additifs […] [dont on ne] connaît pas encore précisément l’impact sur la santé humaine. Par précaution, privilégiez les aliments sans additifs ou avec la liste la plus courte d’additifs. » Sur ce sujet, les recherches actuelles en épidémiologie nutritionnelle pourront peut-être permettre d’identifier les cocktails d’additifs les plus fréquents, potentiellement associés à des pathologies, et qu’il serait nécessaire d’étudier en priorité.

Si l’on compare votre base de données aux classements d’autres organismes, vos évaluations des additifs diffèrent, comment l’expliquez-vous ?

Les intitulés de classement de même que les grilles de lecture ne sont tout simplement pas les mêmes. Notre démarche est ainsi différente de celle de Carrefour par exemple, qui doit certainement intégrer un aspect de faisabilité technique : tous les additifs que nous classons « rouge » ou « orange » ne figurent pas dans leur liste de 100 additifs bannis. Nous classons ainsi comme « rouge » les nitrates/nitrites ainsi que le benzoate de sodium E211 alors que ceux-ci ne figurent pas dans la liste de Carrefour, probablement car il est difficile de s’affranchir de leur emploi dans l’ensemble des produits à marque Carrefour.

La démarche de Que Choisir sur ce sujet complexe des additifs alimentaires s’est donc voulue rigoureuse et transparente, avec pour but d’assurer la protection des consommateurs en exerçant son esprit critique sur les données publiques disponibles pour leur évaluation.

 

Comment nous avons procédé

L’EXEMPLE DES ADDITIFS À BASE DE PHOSPHATE

Les additifs à base de phosphate sont tous classés orange, « Peu recommandables », dans notre base de données. En effet, de récentes études ont montré une augmentation potentiellement néfaste du taux de phosphate dans la paroi des vaisseaux sanguins, qui augmenterait le risque de maladies cardiovasculaires (3). D’après l’étude de Rahabi-Layachi et al.« cette relation n’est pas encore clairement comprise, mais pourrait s’expliquer par l’augmentation constatée au cours de ces dernières années, de l’apport de phosphate inorganique alimentaire, présent dans les aliments transformés contenant des additifs phosphatés », en particulier en cas de maladie rénale. Il pourrait de même entraîner une aggravation de l’insuffisance rénale chronique.

L’Efsa a été amenée à se prononcer (4) sur une étude publiée en 2012 (5) par Ritz et al. sur le risque sanitaire des additifs à base de phosphates, accusés de favoriser les maladies cardiovasculaires et donc de contribuer à une hausse de la mortalité : « Il a aussi été démontré récemment qu’une concentration sérique élevée en phosphate constitue un biomarqueur indépendant de maladies cardiovasculaires et de mortalité en population générale. C’est pourquoi les additifs alimentaires phosphatés présentent un caractère préoccupant : leur impact potentiel sur la santé est susceptible d’avoir été sous-estimé. » Dans son avis, l’Efsa a estimé que les éléments présentés par l’étude de Ritz et al. ne permettaient pas d’établir un lien de causalité entre les niveaux de phosphates sériques et les risques cardiovasculaires observés, ni d’attribuer ces effets à une prise alimentaire accrue de phosphate d’ordre général, ou plus spécifiquement liée à la consommation d’additifs alimentaires vecteurs. Dans ce document, l’Efsa ne clôt toutefois en aucun cas le sujet et renvoie à sa réévaluation spécifique à venir des additifs à base de phosphates, prévue initialement avec une priorité forte pour fin décembre 2018.

Au vu de ces éléments et considérant la grande diversité d’additifs alimentaires vecteurs de phosphates (antioxydants, émulsifiants, humectants, stabilisants), la classification de ces additifs à base de phosphates comme « Peu recommandables » nous a donc semblé adaptée à la définition que nous avons fournie de cette catégorie, à savoir : « additifs pour lesquels un faisceau d’études scientifiques identifie un (ou plusieurs) effet(s) indésirable(s)/néfaste(s) ; bien que les niveaux de preuves pour certains de ces effets sur la santé humaine soient encore insuffisants et que, par ailleurs, les limites d’usage soient censées garantir la sécurité des consommateurs pour les toxicités avérées, il nous semble préférable d’éviter autant que possible leur consommation. »

NOTES

(1) Le danger est la propriété intrinsèque d’une substance, d’un processus, d’une situation, d’un outil, d’un matériel, d’une personne… pouvant entraîner des conséquences néfastes, aussi appelés « dommages ».
(2) Il y a un risque lorsqu’une exposition au danger est possible, autrement dit s’il existe une probabilité qu’un dommage (ou conséquence néfaste : maladie, accident, blessure…) se produise effectivement.
(3) L’excès de phosphate peut-il s’avérer aussi dangereux pour le système cardiovasculaire que l’excès de cholestérol ? H. Rahabi-Layachi et al. Revue francophone des laboratoires  http://www.em-consulte.com/en/article/1019225
(4) Assessment of one published review on health risks associated with phosphate additives in food https://efsa.onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.2903/j.efsa.2013.3444
(5) Phosphates Additives in Food – A health risk, E. Ritz et al. Deutsches Arzteblatt International https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3278747/

Cécile Lelasseux

Rédactrice technique

22 février 2019

« Malbouffe » L’intérêt des consommateurs encore sacrifié ?

« Malbouffe »

 

L’intérêt des consommateurs encore sacrifié ?

Il y a quelques mois de cela, je me réjouissais de la publication du rapport issu d’une commission d’enquête de  l’Assemblée nationale sur l’alimentation industrielle. Reprenant bon nombre de nos recommandations quant aux manières d’améliorer la qualité nutritionnelle de notre alimentation, ce rapport était d’autant plus notable qu’il provenait d’une collaboration transpartisane entre différents groupes de l’Assemblée. Mais après les réjouissances venait vite le temps des questions : cette abolition des frontières politiques le temps d’un rapport durerait-elle jusqu’à l’adoption d’une loi ? La réponse pourrait venir dès aujourd’hui avec l’examen en séance publique à l’Assemblée d’une proposition de loi sur la « malbouffe ».

 

Le président de la commission d’enquête, Loïc Prud’homme a en effet  repris quatre des propositions du rapport dans une proposition de loi discutée ce jour. Parmi celles-ci, l’encadrement du marketing alimentaire à destination du jeune public ainsi que la mise en place d’objectifs chiffrés et contraignants de réduction de sel, sucre et acides gras saturés pour les industriels de l’alimentation. Ces deux mesures font partie des combats de longue date de l’UFC-Que Choisir. A ce titre, je ne peux que me réjouir de cette tentative de légiférer….

Mais l’examen du texte en commission a un peu douché cette satisfaction, l’Union des forces au moment du rapport ayant volé en éclat en Commission. En effet, la majorité a déposé et voté une série d’amendements de suppression aboutissant à ce que la proposition de loi soit purement et simplement rejetée en commission ! Dans ce cas, la règle veut qu’en séance, soit discutée la proposition de loi initiale…

Si les espoirs sont bien maigres d’une adoption, il n’en reste pas moins que des voix au sein de la majorité se sont élevées… Des députés de la majorité proposent ainsi plusieurs amendements parmi lesquels figure notamment la réintroduction de la mise en place d’objectifs chiffrés de réduction de gras, sucre et acides gras par l’ANSES (en lieu et place de la DGAL que proposait Loïc Prud’homme initialement). En cas d’adoption, il s’agirait d’une réelle avancée vers des produits plus sains pour les consommateurs, et donc d’une vraie victoire.

D’autres amendements proposent de mettre le Nutriscore au cœur des publicités pour améliorer l’information des consommateurs… Reste à savoir si ces dépôts sont de simples velléités, ou soulignent une réelle ambition fraîchement retrouvée de s’attaquer au sujet majeur de santé publique qu’est la malbouffe, source d’obésité et de diabète, fléaux sanitaires grandissants !

Bref, ce jour, je regarderai attentivement les débats en espérant que la cause des consommateurs avance réellement. Car mieux vaut ne pas avoir de loi plutôt qu’adopter un texte qui manque sa cible. A bon entendeur.

Alain Bazot

Président de l’UFC – Que Choisir

21 février 2019

Lunettes antilumière bleue (vidéo) Une efficacité décevante

Lunettes antilumière bleue (vidéo)

 

Une efficacité décevante

Les verres supposés protéger les yeux de la lumière bleue ne la filtrent que très peu. Et ce ne sont pas les prétendues preuves apportées par des expériences menées à l’aide de lasers qui doivent convaincre du contraire.

 

Si vous avez acheté récemment une paire de lunettes, on vous a sûrement proposé un traitement antilumière bleue. Peut-être même que l’opticien (voir notre vidéo), à l’aide d’un laser, a tenu à vous démontrer l’efficacité des verres ainsi traités. En réalité ces expériences ne prouvent strictement rien.

La lumière bleue présente en grande quantité dans la lumière qui émane de nos écrans d’ordinateurs ou des smartphones est soupçonnée d’effets nocifs sur la rétine et les rythmes chronobiologiques. Les informations très alarmistes autour de la question incitent les personnes qui utilisent souvent ordinateurs et smartphones à s’équiper de verres filtrants. Ils sont disponibles sur les lunettes de vue mais les opticiens vendent aussi des modèles antilumière bleue sans correction. Pour avoir une idée de leur efficacité, nous avons testé deux de ces modèles : celui de Krys (eProtect, 39 €) et celui d’Afflelou (Blueblock, 39 €). En suivant la norme servant à déterminer la dangerosité des ampoules LED (1), nous avons mesuré la différence entre la lumière bleue émanant de l’écran d’un ordinateur et d’une tablette sans, puis avec, ces verres filtrants. Les résultats ont été convertis en temps pendant lequel il est possible de regarder l’écran avant que cela devienne dangereux pour la rétine.

Le bilan est très décevant : on gagne seulement entre 14 % (Krys) et 17 % (Afflelou) de temps avant dangerosité. Autrement dit, si le temps avant dangerosité calculé selon la norme est de 1 heure sur un écran, il sera d’à peine 1 h 10 avec ces lunettes. Nous n’avons pas pu tester les traitements de verre proposés par Essilor aux porteurs de lunettes de vue car il aurait fallu mesurer sur les mêmes verres avec et sans traitement. Mais le fabricant nous a précisé que la protection de ses verres Eye Protect System s’élevait à 20 % environ, en phase avec nos résultats sur ses concurrents.

Pour ceux qui sont vraiment inquiets, à tort ou à raison, des solutions gratuites et plus efficaces sont disponibles pour diminuer leur exposition.

(1) Norme IEC 62778 pour l’évaluation du risque lié à la lumière bleue.

Fabienne Maleysson

21 février 2019

Audi A6

Audi A6

À cause d’un défaut de fabrication, le toit ouvrant et les vitres arrière peuvent se détériorer et même tomber du véhicule.
Produit

Les Audi A6 Avant (break) produites d’avril à octobre 2018.

Où s’adresser

Les propriétaires doivent se rendre chez leur concessionnaire.

21 février 2019

Hotte de cuisine Nos conseils pour installer une hotte à évacuation

Hotte de cuisine

 

Nos conseils pour installer une hotte à évacuation

La hotte s’avère indispensable pour chasser odeurs et graisses de sa cuisine. Les systèmes à évacuation, raccordés vers l’extérieur, se montrent plus efficaces que ceux à recyclage. Mais leur mise en place nécessite des travaux, qui requièrent une autorisation dans certains cas. Explications.

 

Comme le prouvent nos tests, les hottes à évacuation se montrent dans l’ensemble plus efficaces que les hottes fonctionnant avec un système à recyclage. Ce dernier filtre les graisses et odeurs filtrées, et rejette la vapeur dans la pièce. Le mode évacuation expulse vapeurs et odeurs à l’extérieur de l’habitation, et l’absence de filtre à charbon améliore l’aspiration. Il se révèle également moins cher et moins bruyant. En revanche, son installation exige des travaux préalables, ce qui n’est pas le cas des appareils à recyclage, plus simples à poser.

LES TRAVAUX À RÉALISER

Pour poser une hotte à évacuation, vous serez obligé de faire un trou dans le mur si ce dernier n’existe pas déjà. Il accueillera la gaine d’extraction. Attention, la cavité doit être exclusivement dédiée à cet usage : le raccordement à une cheminée ou à une VMC est proscrit et peut causer de graves dégâts (encrassement ou inflammabilité du conduit, intoxication). Si vous n’êtes pas à l’aise avec ce type d’ouvrage, faites appel à un professionnel. Il creusera le trou au bon endroit, en évitant que la gaine soit tordue, car un coude trop serré réduit les performances de la hotte de 10 %.

hotte-cuisine-installation

LE LOGEMENT INDIVIDUEL

Avant de procéder aux travaux, vous devez vous assurer que vous en avez le droit. Si vous êtes propriétaire d’un logement individuel, aucune autorisation n’est requise. Toutefois, si les habitations voisines sont proches de votre logement, respectez le principe général selon lequel on ne doit pas causer de troubles anormaux de voisinage, à savoir ici une gêne olfactive ou sonore. De plus, consulter le règlement sanitaire départemental et le plan local d’urbanisme vous permettra de connaître les règles locales, comme par exemple : « L’air extrait des locaux doit être rejeté à au moins 8 mètres de toute fenêtre ou de toute prise d’air neuf, de tout débouché de conduit de ventilation et de tout conduit de fumée. » Rapprochez-vous des services d’urbanisme municipaux ou de la préfecture pour y avoir accès.

Si vous êtes locataire, l’accord préalable de votre propriétaire est obligatoire, car il s’agit d’une transformation de l’habitation. Une contrepartie peut être négociée (prise en charge par le bailleur ou réduction du loyer, par exemple). Ces travaux ne donneront pas lieu à l’impératif de remise en l’état, sauf s’ils mettent en danger la sécurité ou le bon fonctionnement de la maison. En revanche, si vous les réalisez sans l’autorisation de votre propriétaire, vous devez remettre le logement dans l’état dans lequel vous l’avez loué au départ. Vous êtes donc tenu de retirer la gaine et reboucher le trou lorsque vous quittez les lieux. Cependant, votre bailleur a le droit de conserver la modification, sans obligation de vous indemniser (loi 89-462 du 6 juillet 1989, article 7).

LA COPROPRIÉTÉ

L’installation d’un conduit d’évacuation en copropriété doit être précédée d’un vote à la majorité par l’assemblée générale des copropriétaires. Cela constitue en effet une incidence sur les conditions d’usage et de jouissance des parties privatives et communes (loi n° 65-557 du 10 juillet 1965). Un document technique précisant l’implantation et la consistance des travaux doit être fourni (décret n° 67-223 du 17 mars 1967).

Marie Bourdellès

Gwenaëlle Lejeune

21 février 2019

Boisson Fruit Champagne Couronne

Boisson Fruit Champagne Couronne

Présence à un taux supérieur à la norme des additifs alimentaires E210-E213.

 

Produit

Boisson Fruit Champagne de marque Couronne.

Où s’adresser

Ramener en magasin d’achat.

20 février 2019

Parc bébé pliable Monsieur Bébé

Parc bébé pliable Monsieur Bébé

Risque de chute de l’enfant.

 

Produit

Parc bébé pliable de marque Monsieur Bébé vendu entre le 31/08/2018 et début octobre 2018.

  • 4 références : Juliette (rose), Malice (rouge), Roméo (vert) et Sagesse (gris)
  • Lot : PAR-348787

Où s’adresser

Remboursement ou remise en conformité en magasin d’achat.

20 février 2019

Gants de travail Werckmann

Gants de travail Werckmann

La quantité de chrome (VI) dans le cuir est supérieure au niveau des normes de sécurité européennes. En cas de contact prolongé avec la peau, le chrome (VI) peut provoquer des irritations cutanées.

 

Produit

Gants de travail de marque Werckmann vendus chez Action du 26 juin 2017 au 5 février 2019.

  • Numéro article : 2512140
  • Code-barres : 8 718964 007691

Où s’adresser

Remboursement en magasin Action. Informations au +33 155 56 41 52 ou par e-mail à info@action.nl.

20 février 2019

Ibuprofène UPFEN (UPSA)

Ibuprofène UPFEN (UPSA)

Dans certaines boîtes, une anomalie a été signalée au niveau de la notice. Elle n’indique pas la bonne posologie pour les enfants pesant 20 à 30 kg. La dose maximale indiquée par jour correspond au double de celle autorisée (1 200 mg au lieu de 600 mg). Cependant, le nombre de comprimés conseillé est le bon.

 

Produit

Médicament à base d’ibuprofène distribué sous le nom UPFEN 200 mg comprimé pelliculé, boîte de 20 comprimés, par le laboratoire UPSA.

Lots : T3829 (péremption 05/2020) et T9703 (péremption 05/2021).

Où s’adresser

Pour éviter tout risque de surdosage, les personnes en possession de ces lots sont invitées à les rapporter en pharmacie. Deux numéros ont aussi été mis en place : le 0800 502 045 (service et appel gratuits) et le 03 21 18 22 70.

20 février 2019

CHANGEMENT D HORAIRE

A compter du 01 mars 2019, votre association UFC Que Choisir vous accueillera :

du lundi au vendredi de 13h45 à 17h15

20 février 2019

Alimentation Les aliments ultra-transformés augmentent le risque de mortalité

Alimentation

 

Les aliments ultra-transformés augmentent le risque de mortalité

Au fil des travaux scientifiques, les aliments ultra-transformés (AUT) apparaissent toujours plus comme les symboles d’une alimentation déséquilibrée, associés à des pathologies comme l’obésité, l’hypertension, certains cancers… Une étude récente va plus loin : une hausse de 10 % de la part d’aliments transformés dans notre menu est associée à une augmentation du risque de mortalité de 14 %.

 

Après une série d’études en 2018 sur nos pratiques alimentaires et leurs conséquences sur la santé, par exemple sur l’alimentation bio, l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle Eren (1) a publié son nouvel opus dans la prestigieuse revue JAMA Internal Medicine. Le suivi épidémiologique de 44 551 volontaires de plus de 45 ans (2) entre 2009 et 2017, dans le cadre de l’étude NutriNet Santé, montre « une association statistiquement significative » entre une hausse de la consommation d’aliments ultra-transformés (AUT) et un accroissement de la mortalité, toutes causes confondues et après prise en compte de nombreux facteurs socio-démographiques et de modes de vie (niveau d’étude, revenu, activité physique, consommation d’alcool, antécédents familiaux de pathologies chroniques…).

Les régimes alimentaires des volontaires ont été relevés sur les deux premières années de l’étude. Les AUT représentaient en moyenne 14 % du poids total des aliments, mais 29 % de l’apport énergétique total. Leur consommation est plus importante chez les jeunes, les catégories sociales avec un revenu et un niveau d’études plus faibles, les célibataires, les personnes plus corpulentes ou avec une activité physique moindre. Parmi ces 44 551 volontaires en début d’étude, 602 décès ont été enregistrés entre 2009 et 2017, et leurs causes documentées.

LIENS AVEC LES PATHOLOGIES

« Il est déjà avéré que des aliments riches en gras, en sel et en sucre sont mauvais pour la santé,rappellent Bernard Srour et Mathilde Touvier, chercheurs à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et deux des co-auteurs de l’étude. Or les AUT sont en général denses en énergie, riches en sucres, sel et en gras, et pauvres en fibres et vitamines. » Ce qui pourrait expliquer cette association entre AUT et mortalité. Mais « l’association persiste après prise en compte de ces aspects nutritionnels des AUT, soulignent les chercheurs. Ce qui signifie que d’autres mécanismes pourraient être invoqués. » Ils avancent plusieurs hypothèses :

  • Une présence fréquente d’additifs, dont les conséquences sur la santé sont encore mal connues. Certains, comme le dioxyde de titane, pourraient être associés à une inflammation chronique de l’intestin et à certains cancers. D’autres, comme certains émulsifiants, pourraient altérer la flore intestinale, engendrant des inflammations et des désordres métaboliques. Ces additifs sont régulièrement évalués par les autorités françaises (Anses) et européennes (Efsa), qui se basent sur la littérature scientifique existante pour conclure ou pas à leur innocuité. Cependant, « sauf rares exceptions pour quelques substances, il n’existe pas d’étude évaluant l’exposition chronique aux additifs et les liens avec le risque de pathologies chroniques chez l’homme, rappelle Bernard Srour. De plus, les potentiels effets cocktails dus à l’exposition simultanée à plusieurs additifs alimentaires sont encore moins connus. »
→ Base de données Que Choisir : Évaluation Additifs alimentaires
  • La présence de composés néoformés créés lors des processus de transformation des aliments (comme l’acrylamide, l’acroléine ou les hydrocarbures aromatiques polycycliques). Or, certains sont suspectés d’être cancérogènes et génotoxiques.
  • Certains plastiques et encres des emballages, en contact avec les aliments, sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens en cas de migration vers les aliments (nos analyses sur la migration des emballages alimentaires).

 

UNE PROBABLE SOUS-ESTIMATION DES RISQUES

Les chercheurs soulignent également les limites de l’étude, comme c’est l’usage dans toute publication scientifique. Tout d’abord, cette étude épidémiologique, basée sur l’observation et non des essais cliniques (3), ne permet pas d’établir de lien de causalité, elle ne peut qu’établir des arguments en faveur d’un lien causal. Ensuite, la cohorte étant constituée de volontaires, les personnes soucieuses d’une alimentation équilibrée sont sans doute surreprésentées dans l’étude. De plus, cette recherche d’alimentation équilibrée est souvent associée à une meilleure hygiène de vie en général. Ce qui signifie que « l’étude aurait plutôt tendance à sous-estimer la force des associations », souligne Bernard Srour, c’est-à-dire que « ces associations seraient peut-être plus fortes dans la population globale, où les consommations sont encore plus contrastées entre forts et faibles consommateurs d’AUT ».

Quant à la fiabilité des réponses récoltées par Internet pour le suivi de la cohorte NutriNet, elles limitent à ce que les chercheurs nomment « le biais de désirabilité sociale » : face à un enquêteur en chair et en os, les personnes sondées ont tendance à déclarer des pratiques plus saines que dans la réalité.

Autres biais possibles, des erreurs de classement sur le degré de transformation des aliments, ou encore une puissance statistique limitée par le faible nombre de décès. Pour autant, ces limites ne suffisent pas à remettre en cause ses conclusions générales.

Santé publique France prend d’ailleurs en considération plusieurs études de l’Eren lorsqu’elle publie ses recommandations nutritionnelles. Dans son tout dernier Programme national nutrition santé (PNNS 4), il est pour la première fois recommandé de limiter fortement la consommation d’AUT et de privilégier les produits bruts.

QU’EST-CE QU’UN ALIMENT ULTRA-TRANSFORMÉ ?

Les produits ultra-transformés sont des aliments qui ont subi un haut degré de transformation par des procédés industriels (hydrogénation, hydrolyse, extrusion, prétraitement par friture) et auxquels sont ajoutées des substances qui ne sont pas à disposition des consommateurs dans les commerces alimentaires, comme des huiles hydrogénées, des amidons modifiés, des additifs (colorants, émulsifiants, texturants, édulcorants…). Formulés pour être goûteux et microbiologiquement sains, ils se caractérisent en général par une qualité nutritionnelle plus faible : ils sont plus riches en sel, sucre et acides gras saturés, et plus pauvres en fibres et vitamines. Ils sont souvent portés par un marketing fort, avec des emballages colorés et attrayants, destinés à attirer l’attention des consommateurs, en particulier des enfants.

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Quelques exemples de listes d’ingrédients de produits ultra-transformés (de gauche à droite, mousses au chocolat La Laitière, saucisses de Strasbourg Stoeffler, poulet purée pommes de terre Leader Price).

(1) Associant l’université Paris-XIII, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam).
(2) Âge à partir duquel les problèmes de morbidité et de mortalité augmentent significativement.
(3) Une étude clinique est impossible en pratique et éthiquement, car il faudrait alimenter un groupe de personnes avec des AUT durant plusieurs années, et comparer les pathologies apparues avec un groupe témoin.

Elsa Casalegno

20 février 2019

Pollution Nos conseils pour lutter contre les microplastiques

Pollution

 

Nos conseils pour lutter contre les microplastiques

La lutte contre les microplastiques est l’affaire de tous. Leur prolifération est en effet due à notre consommation frénétique de plastique. Il est heureusement possible de la réduire par un changement d’habitudes au quotidien.

 

1. Adopter le réflexe du sac de course glissé dans son sac à main ou dans sa poche au lieu d’accepter des sacs en plastique biosourcés ou compostables. Ces plastiques-là qu’on croit biodégradables polluent en réalité autant l’environnement que le plastique standard. Le sac biosourcé ne se dégrade pas dans la nature, le sac compostable ne l’est qu’en milieu industriel à haute température, pas dans l’environnement ni même dans le compost de jardin, sauf s’il s’affiche « OK compost home ». Quant à l’oxodégradable, il se fragmente en petites particules mais ne s’élimine pas.

2. Opter au maximum pour le vrac, l’emballage en papier ou en carton, la vaisselle réutilisable.En plastique, c’est de l’emballage ou du produit à usage unique, il ne sert qu’une fois avant d’être jeté. Ce plastique jetable est d’ailleurs dans le viseur du gouvernement et de l’Union européenne, Que Choisir recommande d’anticiper son interdiction en renonçant aux couverts, assiettes, gobelets, pailles, touillettes, barquettes et cotons-tiges en plastique.

3. Boire de l’eau du robinet. Elle est potable et elle évite les innombrables déchets de bouteilles plastique.

4. Porter des vêtements en coton et autres matières naturelles plutôt qu’en synthétique, ce sera une multitude de microplastiques en moins dans l’environnement. Un lave-linge rempli de synthétiques rejette en moyenne 10 000 fibres de microplastiques par litre. À supposer qu’il consomme 60 litres, c’est 600 000 particules envoyées en station d’épuration à chaque lavage. Même si les équipements les éliminent à 90 %, ça en fait encore beaucoup qui partent polluer la ressource en eau.

Élisabeth Chesnais

20 février 2019

Ma première trottinette Dory Mondo

Ma première trottinette Dory Mondo

Risque de chute.

 

Produit

Ma première trottinette Dory de marque Mondo.

  • Référence : 8001011282944
  • N° du produit : 28294

Où s’adresser

Remboursement en magasin.

18 février 2019

Cheval à bascule en bois en mouton blanc Peausserie Sabatier

Cheval à bascule en bois en mouton blanc Peausserie Sabatier

Risques de chute, d’étouffement par ingestion et d’inflammabilité.

 

Produit

Cheval à bascule en bois en mouton blanc de marque Peausserie Sabatier. Référence : Chevbas.

Où s’adresser

Remboursement en magasin.

18 février 2019

Alimentation Une assiette plus verte que rouge

Alimentation

 

Une assiette plus verte que rouge

Moins de viande, plus de légumes, les nouvelles recommandations du Plan national nutrition santé (PNNS 4) enfoncent le clou. Sans surprise, viande et produits ultratransformés sont invités à sortir de nos assiettes, pour laisser place aux fruits et légumes, y compris les trop souvent oubliés fruits à coque et légumes secs (lentilles, etc.), le tout saupoudré d’une activité physique plus dynamique. C’est la recette pour allier santé et consommation responsable.

 

Adieu veau, vache, cochon, couvée ! La dernière mouture du Plan national nutrition santé (PNNS 4) encourage à réduire fortement la consommation de viande, dans le cadre d’une alimentation plus saine. Les apports de fruits et légumes sont à augmenter, les Français étant encore loin des « 5 fruits et légumes par jour ».

PRODUITS DE SAISON, LOCAUX ET BIO

Nouveauté, les légumineuses (pois, lentilles, haricots…) et les fruits à coque non salés (noix, noisette, amande…) sont les bienvenus dans nos assiettes au quotidien. Pour le reste, privilégiez les céréales sous forme complètes, et réduisez drastiquement les produits gras, sucrés et salés, ainsi que les boissons sucrées et l’alcool (voir encadré ci-dessous). Les produits notés D ou E par le Nutri-Score sont à limiter.

Le PNNS 4 se mêle également d’environnement. Ainsi, les auteurs incitent à consommer des fruits et légumes de saison, et à acheter des aliments produits localement et si possible issus de l’agriculture biologique. En parallèle, ils déconseillent les produits ultratransformés, du fait de la présence « de nombreux additifs dont on ne connaît pas encore précisément l’impact sur la santé humaine », explique Santé publique France.

Côté sport, on passe à la vitesse supérieure. Les 30 minutes de marche quotidienne préconisées dans les précédents PNNS passent à 30 minutes « d’activités physiques dynamiques » : renforcement musculaire, assouplissements ou équilibre. Quant aux personnes sédentaires, c’est-à-dire celles vissées sur un siège toute la journée, elles doivent penser à se lever et à bouger toutes les deux heures environ.

UN MENU RADICAL

Hasard du calendrier, la revue médicale The Lancet a publié simultanément un travail sur les régimes à la fois sains et durables (1). Objectif : élaborer un menu qui préserverait la planète tout en nourrissant correctement ses 7 milliards d’habitants. Il implique un changement drastique de notre façon de manger, en divisant par deux notre consommation de viande rouge (moins d’un steak par semaine) et de sucre, et en doublant celle de fruits et légumes, légumineuses et fruits à coque. Il exige aussi une transition vers des systèmes agricoles durables.

Cette proposition du Lancet suit la même direction que le PNNS 4, en plus radical. Les chercheurs n’ont pas eu à tenir compte des habitudes alimentaires d’un pays en particulier, ni de l’acceptabilité de leurs propositions par la société. Les seuils du PNNS pour la viande rouge et l’alcool semblant être des concessions aux habitudes des Français, amateurs de pavé de bœuf et de vin.

LES RECOMMANDATIONS DU PNNS 4 POUR UN ADULTE

 Consommation à augmenter

▲▲ Fruits et légumes (frais, en conserve ou surgelés) : au moins 5 par jour.
▲▲ Fruits à coque (noix, noisette, amande, pistache…) : une petite poignée par jour.
▲▲ Légumes secs (lentilles, haricots, pois chiches…) : au moins 2 fois par semaine.

Consommation à maintenir

 Féculents (pâtes, pain, riz, semoule, patate) : au moins un féculent par jour, de préférence complet.
 Matières grasses (huile, beurre, crème, margarine) : à consommer tous les jours en petite quantité, et en privilégiant les huiles de colza, noix et olive, riches en oméga 3.

Consommation à réduire

 Viande : privilégier la volaille, et limiter les autres viandes (porc, bœuf, veau, mouton, agneau, abats) à 500 g par semaine maximum.
 Charcuterie (jambon blanc, sec ou cru, saucisses, bacon, lardons, viandes en conserve…) : pas plus de 150 g par semaine, l’équivalent de trois tranches de jambon blanc.
 Poisson : 2 fois par semaine, en alternant un poisson gras riche en oméga 3 (sardine, maquereau, hareng, saumon) et un maigre.
 Produits laitiers (lait, yaourt, fromage, fromage blanc) : 2 par jour.

▼▼ Boissons sucrées et tous les aliments gras, sucrés, salés et ultratransformés (sodas et jus, céréales du petit déjeuner sucrées, gâteaux, chocolats, crèmes dessert, glaces, biscuits apéritif, plats préparés…) : à limiter fortement.
▼▼ Alcool : maximum 2 verres par jour, et pas tous les jours.
▼▼ Sel : réduire sa consommation, favoriser le sel iodé.

 Consommation à augmenter
 Consommation à maintenir
 Consommation à réduire

(1) Food in the Anthropocene, The Lancet, 16 janvier 2019.

Elsa Casalegno

18 février 2019

Tourisme Bataille des voyagistes pour réduire la protection des consommateurs

Tourisme

 

Bataille des voyagistes pour réduire la protection des consommateurs

Plusieurs syndicats de voyagistes mènent une campagne de lobby visant à supprimer leur responsabilité « de plein droit » en cas de mauvaise exécution des prestations lors d’un voyage. Ils ont obtenu une victoire au Sénat et espèrent maintenant convaincre les députés. L’UFC-Que Choisir dénonce leurs arguments.

 

Le séjour que vous aviez réservé auprès d’un tour opérateur se passe mal, car l’hôtel n’est pas de la catégorie promise, des activités ont été annulées ou les dates des vols ont été modifiées ? Depuis 1992, votre interlocuteur dans cette situation est le vendeur de votre séjour : il est responsable de plein droit de la bonne exécution des prestations promises. Mais les voyagistes veulent profiter des discussions autour du plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (loi Pacte) pour revenir sur cette mesure de protection des consommateurs.

Petit retour en arrière : les voyagistes sont vent debout contre cette responsabilité « de plein droit » car il s’agit d’une spécificité française, qui n’existait pas dans la directive européenne du 13 juin 1990 relative aux voyages, vacances et circuits à forfait. Elle a été mise en place en France en 1992, pour rehausser le niveau de protection des consommateurs. Lors de la transposition d’une nouvelle directive européenne datant de 2015 relative aux voyages à forfait (c’est-à-dire les voyages organisés vendus sous forme de package), applicable depuis le 1er juillet 2018, cette spécificité française a été conservée, malgré l’opposition des voyagistes.

DES ARGUMENTS CONTESTABLES

Dans le cadre de la discussion sur la loi Pacte, un amendement signé par 132 sénateurs a été déposé et voté par le Sénat, le 7 février, pour que la responsabilité de plein droit soit retirée.

« La suppression du niveau « de plein droit » de la responsabilité des agents de voyages a été adoptée suite à une argumentation pertinente d’Élisabeth Doineau, sénatrice de la Mayenne et de Rachid Temal », s’est félicité les Entreprises du voyage (EDV), l’un des syndicats du secteur, dans un communiqué. « La mobilisation des adhérents des EDV, du Seto [Syndicat des entreprises du tour-operating, ndlr] et de l’APST [Association professionnelle de solidarité du tourisme, ndlr] et la qualité de nos arguments ont convaincu les sénateurs », ajoute le syndicat qui appelle désormais à « envoyer le courrier type rédigé par le syndicat des Entreprises du voyage aux députés » pour les convaincre de suivre l’avis des sénateurs.

Cette campagne de lobby intervient alors que cette transposition a fait l’objet d’une vaste concertation avec l’ensemble des acteurs concernés, la Chancellerie, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et le gouvernement dans le cadre de la rédaction de l’ordonnance. L’état actuel des dispositions législatives est donc le fruit d’un débat qui a déjà eu lieu, même si son résultat ne plaît pas aux voyagistes.

En outre, les arguments avancés par les syndicats ne convainquent pas. L’amendement voté au Sénat, qui suit l’argumentation des voyagistes, estime que « le gouvernement français procède à une « surtransposition » de la directive européenne. […] Cette surtransposition entraînera un écart de réglementation substantiel avec les autres États membres, qui aboutira à une perte de compétitivité pour les organisateurs de voyages français, dans un marché particulièrement soumis à la concurrence européenne ».

Or, le maintien de la responsabilité de plein droit en droit français ne relève en aucun cas d’une surtransposition de la directive européenne. Son article 13.2 permet pour les États membres de maintenir leurs régimes nationaux de responsabilité en l’état (pour la France : responsabilité de l’organisateur et du détaillant), cette disposition ayant d’ailleurs été introduite à la demande de l’Hexagone pour pouvoir maintenir son régime de responsabilité. En aucun cas donc, l’argument selon lequel la suppression de « plein droit » permettrait d’éviter une surtransposition et donc de prémunir la France d’une procédure d’infraction de la part de la Commission européenne, n’est recevable.

L’UFC-Que Choisir souligne également que la responsabilité du voyagiste s’inscrit dans le cadre du forfait vendu par l’organisateur ou le détaillant. La responsabilité de plein droit en France est bien, tout comme la directive le prévoit, liée à la fourniture des prestations vendues. L’organisateur est ainsi tout bonnement tenu de la bonne exécution du forfait et de la sécurité du voyageur. Le fait qu’en droit français la responsabilité soit de « plein droit » ne change donc en rien la logique globale de la responsabilité telle qu’elle est définie par la directive européenne.

Notons d’ailleurs que le président du groupement d’agences de voyages TourCom, Richard Vainopoulos, a déconseillé à ses adhérents d’envoyer la lettre type des EDV aux députés : « non seulement, cette lettre se trompe de combat mais elle ne pourra être que ressentie comme un réflexe corporatiste ». Selon lui, « sur un plan pénal (concernant les cas d’escroquerie), la directive ne change rien et la responsabilité de l’agence reste entière. Sur un plan commercial, le code du Tourisme rend désormais les tours opérateurs coresponsables avec les agences. Cette coresponsabilité constitue un réel progrès même si on peut regretter qu’elle n’ait pas été étendue aux compagnies aériennes ».

L’IMPACT SUR LE CONSOMMATEUR

Cette responsabilité de plein droit, en place depuis près de 30 ans, permet tout simplement au voyageur consommateur d’identifier facilement son interlocuteur en cas de mauvaise exécution des prestations achetées. Cette disposition est en droite ligne avec le texte de la directive européenne qui prévoit dans son article 13 que la responsabilité du professionnel est « indépendante du fait que ces services doivent être exécutés par lui-même ou par d’autres prestataires de services de voyage ».

C’est bien ici que la protection du consommateur prend toute sa valeur puisqu’en cas de non-exécution, mauvaise exécution, défaillance de sécurité d’une des prestations comprises dans son forfait touristique, le consommateur peut se retourner vers l’interlocuteur auprès duquel il a acheté ce forfait. À charge pour l’organisateur de se retourner vers le prestataire défaillant qui a causé l’inexécution ou mauvaise exécution du contrat. La directive indique d’ailleurs que « la responsabilité de l’organisateur ne devrait pas affecter le droit de celui-ci de demander réparation à des tiers, y compris à des prestataires de services ».

La suppression de cette responsabilité « de plein droit » aurait pour conséquence de rendre extrêmement plus difficile pour le consommateur l’exercice de ses recours en cas de problème… Une telle évolution pourrait se traduire par une multiplication de contentieux juridiques pendant plusieurs années.

Morgan Bourven

18 février 2019

Trottinette électrique Méfiance avec le site E-Board-Store.com

Trottinette électrique

 

Méfiance avec le site E-Board-Store.com

Plusieurs internautes nous ont alertés sur le fait qu’ils n’avaient jamais reçu la trottinette électrique ou l’hoverboard qu’ils avaient commandé sur E-Board-Store.com, un site basé à Londres, et que depuis quelque temps tous leurs messages restaient sans réponse.

 

Un mois et demi que Linda attend le remboursement des 172 € qu’elle a versés pour l’achat d’une trottinette électrique sur le site E-Board-Store.com. Le 28 novembre, soit le lendemain de la transaction, la jeune femme avait décidé d’annuler sa commande après avoir reçu un mail lui indiquant que le délai de livraison ne serait pas de 10 jours comme indiqué initialement, mais de 25 à 30 jours. Trop tard donc pour Noël. Dans la foulée, le site avait promis de la rembourser sous 15 jours. Elle attend toujours, ses nombreux mails au service client n’ayant pas permis de débloquer la situation.

Ces dernières semaines, plus d’une trentaine de victimes se sont tournées vers les associations locales de l’UFC-Que Choisir pour qu’elles interviennent auprès d’E-Board-Store. La grande majorité des victimes racontent exactement la même histoire que Linda : un délai de livraison retardé après l’achat d’une trottinette ou d’un hoverboard (suite à un problème de transport depuis la Chine à en croire la version officielle), quelques messages plutôt rassurants, puis plus rien. Une poignée d’autres clients expliquent, eux, avoir bien reçu un colis, mais soit il ne contenait pas le modèle qu’ils avaient commandé, soit le produit n’a jamais fonctionné et aucun d’entre eux n’a réussi à obtenir un échange ou à faire jouer la garantie.

Nos associations locales font ce qu’elles peuvent pour aider les victimes qui se sont adressées à elles à récupérer leur argent. Malheureusement, l’absence de réponse du site à leurs sollicitations n’augure rien de bon et le fait que la société soit basée à Londres ne facilite pas la tâche. Dans ses conditions générales de vente, la société propose bien aux éventuelles victimes de saisir le service médiation de la Fédération de la vente à distance (Fevad), sauf que cette mention est fausse. E-Board-Store.com n’est pas membre de la Fevad, il n’est donc pas possible de passer par son service médiation pour tenter de résoudre son litige. La Fevad nous a d’ailleurs assuré avoir demandé officiellement au site de supprimer cette mention abusive, sans succès pour le moment.

Au final, les recours contre ce site sont limités. Outre les associations locales de l’UFC-Que Choisir, le Centre européen des consommateurs, spécialisé dans la résolution des litiges transfrontaliers, peut aussi représenter une bonne option avant, le cas échéant, de se tourner vers la justice. Et bien sûr, si vous n’avez pas encore commandé sur ce site, ne vous laissez pas influencer par ses tarifs intéressants et ses avis de clients satisfaits. Notre conseil : passez votre chemin.

Cyril Brosset

16 février 2019

Lisibilité des assurances santé Revoilà les engagements non engageants !

Lisibilité des assurances santé

 

Revoilà les engagements non engageants !

Hasard du calendrier ? Les fédérations de complémentaires santé ont signé le 14 février, en présence de la ministre de la Santé, leur « engagement pour la lisibilité des garanties ». J’ai déjà eu l’occasion de dire ici l’insuffisance, à mes yeux, du contenu des engagements en question, qui sont loin du compte…

 

Ainsi, la liste des exemples de remboursement en euros, pourtant prévue par la loi depuis cinq ans !, n’est pas ici standardisée mais laissée à l’appréciation de chacun. Ils passent par ailleurs sous silence trop de difficultés vécues par les assurés : rien n’y est explicitement dit sur l’ambiguïté entre les remboursements de l’assurance maladie et ceux des complémentaires, ni sur la multiplication des garanties à 200, 300 voire 400 %, qui n’empêchent pas pour certains soins les restes à charge massifs.

Mais ce sur quoi je voudrais insister aujourd’hui, c’est sur la concrétisation de ce que l’UFC – Que Choisir a toujours dénoncé, le péché originel de cette réforme : son caractère non contraignant, qui a toutes les chances de la rendre inopérante, car invisible dans les faits. Non contraignant, alors que le texte est intitulé « Engagement » ? Eh oui, car il est nécessaire d’aller dans le détail regarder qui s’engage à quoi. Ce ne sont pas les organismes complémentaires qui s’engagent à améliorer leur lisibilité, non ! Ce sont les fédérations seulement, qui ne s’engagent qu’à « diffuser le présent engagement auprès de [leurs] adhérents ou membres et à la promouvoir ». Mais chacun restera ensuite libre de l’appliquer ou non.

Nous avons déjà connu ce cas de figure, avec les précédents engagements de bonne pratique de 2010. Notre étude, l’année passée, des 29 principaux organismes complémentaires était sans appel : malgré ces précédents engagements, 80 % des OCAM n’utilisaient pas le vocabulaire commun défini, 38 % jouaient de la confusion entre les remboursements de l’assurance maladie et les leurs, et 62 % continuaient à utiliser des pourcentages de remboursement au-delà de 100 % pour les soins dentaires.

Autant dire que les organismes complémentaires auront encore fait, malheureusement pour leurs assurés, la preuve de leur peur de l’engagement !

Alain Bazot

Président de l’UFC – Que Choisir

15 février 2019

Oscaro.com La sortie de route évitée de justesse

Oscaro.com

 

La sortie de route évitée de justesse

Après avoir connu de sérieux ratés à la fin de l’année dernière, Oscaro.com semble s’être racheté une conduite. Le site marchand spécialisé dans la vente de pièces détachées d’automobile assure avoir résolu ses problèmes internes et épuré ses dettes et se dit prêt à prendre un nouveau départ.

 

Il n’y croyait plus vraiment. Il faut dire qu’après avoir annulé sa commande d’une batterie auto à cause d’un délai de livraison plus long que prévu, Christian avait passé de nombreux coups de fil et envoyé d’innombrables mails au service client d’Oscaro.com. Sauf qu’aucune des belles promesses qu’on lui a faites n’avait été suivie d’effet. Alors quand, au début du mois de janvier, il voit arriver avec trois mois de retard les 78 € que lui devait Oscaro.com, Christian est un peu surpris. Surtout que dans le même temps, il recevait un mot d’excuse et un bon de réduction de 25 € à valoir sur une prochaine commande.

Comme Christian, des milliers de clients ont eu pendant plusieurs mois toutes les peines du monde à obtenir un remboursement, soit après avoir retourné une pièce (parce qu’elle ne leur convenait pas ou que la référence n’était pas la bonne), soit parce que la pièce annoncée comme étant en stock n’était finalement plus disponible. Ils ont eu beau multiplier les appels au service client, les menaces de poursuite et les recours au médiateur, rien n’y a fait. À tel point que le service juridique de l’UFC-Que Choisir avait mis en demeure le site Oscaro.com de respecter ses obligations légales.

Finalement, en décembre dernier, Oscaro.com a changé son fusil d’épaule et accepté d’honorer tous les remboursements en attente. La mise en demeure de l’UFC-Que Choisir a certainement joué un rôle dans ce revirement. Mais c’est surtout le rachat en novembre d’Oscaro.com par PHE, une société spécialisée dans la distribution de pièces auto, et le changement de l’équipe de direction qui ont marqué le tournant le plus décisif. « Nous savions qu’Oscaro souffrait de problèmes de trésorerie, mais nous avons découvert l’ampleur du problème au moment du rachat de la société,explique Philippe Nobile, le nouveau PDG. Notre actionnaire a pris la décision de procéder à tous les remboursements. Ça lui a coûté cher, mais c’était indispensable pour pouvoir repartir sur de bonnes bases. »

PAS MAL D’OBSTACLES

Cette remise à plat a demandé du temps. La nouvelle équipe a dû dans un premier temps revoir tous ses process internes afin de s’assurer que les nouvelles commandes allaient pouvoir être livrées, épurer les dettes contractées auprès de certains fournisseurs et rassurer les transporteurs dont certains n’avaient pas été payés depuis plusieurs mois. Il a fallu ensuite se plonger dans les bases de données d’Oscaro pour recenser tous les clients en attente d’un remboursement. Ce n’est qu’ensuite que les premiers virements ont pu être effectués. « Il y en avait tellement que nous avons dû demander à notre prestataire de paiement d’accroître ses capacités. Nous avons dû aussi envoyer des chèques lorsque les cartes bleues n’étaient plus valides. Enfin, en parallèle, nous avons demandé à nos équipes d’appeler des clients pour leur présenter nos excuses et leur assurer que nos problèmes étaient derrière nous. Ce geste a été apprécié. »

Aujourd’hui, Oscaro.com affirme avoir procédé à tous les remboursements. De fait, selon nos constatations, la très grande majorité des clients en attente avaient, fin décembre ou début janvier, reçu l’argent qu’ils attendaient (frais de livraison compris). Certains nous ont toutefois précisé avoir été remboursés non pas par Oscaro, mais par la garantie associée au système de paiement Paypal. Seules quelques rares personnes nous ont déclaré être toujours dans l’attente d’un remboursement. Si tel est votre cas, n’hésitez pas à reprendre contact avec le service client d’Oscaro.com.

Cyril Brosset

15 février 2019

Lave-vaisselle Comment utiliser et entretenir un lave-vaisselle

Lave-vaisselle

 

Comment utiliser et entretenir un lave-vaisselle

Le lave-vaisselle est l’un des rares appareils électroménagers utilisés quotidiennement à la maison, pourtant il est souvent mal ou sous-exploité, notamment parce que les efforts faits par les constructeurs pour rendre ces engins intuitifs incitent les usagers à se passer du mode d’emploi. On a pourtant tout à gagner à se référer aux notices, qui apportent toutes les informations utiles pour un lavage de qualité et pour prolonger la vie des produits. De sa mise en service à son entretien régulier, voici un récapitulatif de toutes les bonnes actions à mettre en place pour bien utiliser et entretenir son lave-vaisselle.

 

→ Test Que Choisir : Comparatif Lave-vaisselle

AVANT LA PREMIÈRE UTILISATION

Avant sa première utilisation, un lave-vaisselle nécessite quelques réglages et préparations. Cette mise en service, détaillée dans le mode d’emploi, est une étape primordiale pour la bonne marche de votre appareil ainsi que pour la qualité future de lavage. Si vous avez choisi de confier l’installation de votre lave-vaisselle à un professionnel, celui-ci se charge normalement des réglages, mais il est important de voir avec lui quelles étapes restent à effectuer.

lave-vaisselle-installation

Réglage de l’adoucisseur

L’adoucisseur d’eau doit être réglé afin de délivrer la bonne quantité de sel régénérant selon la dureté de votre eau. Il faut donc vous renseigner afin de connaître précisément sa teneur en calcaire. Cette information est disponible sur votre facture d’eau ou auprès des services de votre commune.

Remplissage du bac à sel et du réservoir de liquide rinçage

Il est conseillé de remplir le bac à sel ainsi que le réservoir de liquide rinçage, même si vous prévoyez d’utiliser par la suite un produit détergent tout en un. Le bac à sel doit d’abord être rempli d’eau puis chargé avec du sel. Le liquide de rinçage, nécessaire pour la brillance et un séchage sans traces, doit être versé dans le compartiment prévu.

 

LA QUESTION DU DÉTERGENT

Les détergents pour lave-vaisselle se présentent sous différentes formes :

  • gel ;
  • poudre ;
  • tablette.

On distingue aussi deux types de produits, ceux dits « classiques » et ceux présentés comme « tout en un » (intégrant sel et liquide de rinçage). Côté efficacité, il n’y a pas véritablement de forme à privilégier, c’est plus une question de confort et de facilité d’usage. On reconnaît aux tablettes la praticité du dosage (pas de risque de surdose par rapport à la poudre ou au gel) et les produits tout en un permettent normalement de ne pas avoir à s’approvisionner aussi en sel et liquide de rinçage. Le détergent doit être placé dans le compartiment prévu par le constructeur. Ce dernier déconseille généralement de placer les tablettes directement dans la cuve, car elles se dissolvent alors trop tôt (pendant la phase de prélavage).

lave-vaisselle-tablette

CHOISIR SON PROGRAMME ET SES OPTIONS

Les programmes et options sont détaillés dans le mode d’emploi de votre lave-vaisselle. En utilisant au mieux ces préréglages, vous évitez les dépenses énergétiques inutiles en eau et électricité (par exemple avec l’option demi-charge ou le départ différé). Ces programmes agissent également sur les performances de lavage, notamment pour des objets très spécifiques, comme les biberons ou les plats à gratin. Plus vous maîtrisez les différents programmes de votre lave-vaisselle, plus vous êtes assuré d’obtenir un lavage de qualité tout en contrôlant au mieux vos dépenses en eau et en électricité.

lave-vaisselle-programme

FAUT-IL RINCER SA VAISSELLE AVANT DE LA METTRE AU LAVE-VAISSELLE ?

La réponse est simple : non. Pourquoi ? Simplement parce que cette étape de rinçage à la main entraîne une surconsommation d’eau alors que le lave-vaisselle est prévu pour enlever les taches même récalcitrantes. Néanmoins, il faut respecter certaines règles d’utilisation. La première règle est de ne pas attendre plusieurs heures avant de le démarrer. Si l’appareil n’est pas totalement rempli, vous pouvez sélectionner l’option demi-charge (quand elle présente). On peut également lancer un programme de trempage à froid (encore une fois selon le modèle de lave-vaisselle) si la vaisselle a trop attendu. Ce problème de remplissage met en lumière l’importance de la contenance d’un lave-vaisselle : au moment de l’achat, il est en effet important de choisir un lave-vaisselle adapté au nombre de personnes du foyer.

→ Guide d’achat : Comment choisir un lave-vaisselle

BIEN REMPLIR SON LAVE-VAISSELLE

Si le rinçage à l’évier n’est pas conseillé, il convient néanmoins de bien éliminer les restes de nourriture encore présents sur la vaisselle. Quand celle-ci est prête à être déposée dans l’appareil, il faut s’assurer de bien la placer et de respecter les recommandations du constructeur pour obtenir de bons résultats de lavage. Certaines marques proposent de nouveaux systèmes de rangement (par exemple un troisième niveau) : il est préférable de consulter le mode d’emploi pour optimiser leur fonctionnement. Dans tous les cas, il faut veiller à ne pas empêcher la circulation des bras d’aspersion en plaçant la vaisselle et à ne pas surcharger l’appareil pour éviter de bloquer le cycle de l’eau.

 

QUEL ENTRETIEN RÉGULIER ?

Bien que le lave-vaisselle soit destiné à laver, cela n’implique pas qu’il soit lui-même propre de façon systématique. Cet appareil électroménager, comme tous les autres, doit être entretenu pour continuer à garder son efficacité mais aussi prolonger sa durée de vie. Certains éléments, parce qu’ils sont situés à des points stratégiques, sont plus susceptibles d’être encrassés et de nuire à la qualité de lavage.

lave-vaisselle-entretien

Le nettoyage du filtre

Le filtre du lave-vaisselle permet de récupérer saletés et impuretés afin qu’elles n’obstruent pas la pompe de vidange. Cette pièce doit être nettoyée régulièrement avec de l’eau chaude et du liquide vaisselle et débarrassée de tous ces résidus.

Le nettoyage des joints de porte

Les joints de porte garantissent l’étanchéité de l’appareil. Pour maintenir leur efficacité, ils doivent donc être également débarrassés des impuretés. Leur nettoyage est simple, avec un chiffon doux humide et une brosse.

Le nettoyage des bras d’aspersion

Les bras d’aspersion (ou bras de lavage) diffusent l’eau pendant le cycle afin d’agir sur toute la vaisselle. Les trous dans les bras qui permettent la circulation de l’eau peuvent se boucher, il faut donc les nettoyer en les trempant dans de l’eau chaude savonneuse et en délogeant d’éventuels résidus avec un ustensile pointu.

Le nettoyage de la cuve

Il est possible de nettoyer l’intérieur du lave-vaisselle en programmant un cycle à vide, c’est-à-dire sans vaisselle. Si vous constatez des traces de graisse, des dépôts de calcaire ou des odeurs désagréables, ajoutez une tasse de vinaigre blanc avant de lancer la machine à vide.

→ Test Que Choisir : Comparatif Lave-vaisselle
13 février 2019

Rencontres en ligne (infographie) Vous et les sites de rencontres

Rencontres en ligne (infographie)

 

Vous et les sites de rencontres

De Meetic à Tinder, d’Adopte un mec à eDarling en passant par Attractive World, Disons demain et Gleeden, des dizaines de sites et d’applications de rencontres promettent de trouver le grand amour. À l’approche de la Saint-Valentin, nous avons demandé aux lecteurs ayant déjà eu recours à ce type de plateformes ce qu’ils avaient pensé de leur expérience.

 

 

LA SATISFACTION EN BERNE

Avec seulement 39 % des répondants satisfaits, les sites de rencontres enregistrent l’un des plus mauvais scores de toute l’histoire de nos enquêtes de satisfaction. Même la SNCF et la restauration rapide ont fait mieux ! Les déçus mettent en avant les conditions tarifaires trop floues, le trop grand nombre de notifications reçues ou le manque d’efficacité du service client. Ils déplorent aussi des difficultés pour résilier leur abonnement ou effacer leurs données, ainsi que le peu d’efforts que font certains sites pour vérifier la véracité des profils. Quant à l’efficacité de ces sites pour faire des rencontres sérieuses, elle semble limitée. Seule 1 personne sur 3 nous a dit avoir pu développer une relation conforme à ses attentes grâce à un site de rencontres. Beaucoup disent enfin regretter le manque de politesse des prétendants, l’omniprésence de profils mensongers et la superficialité des relations. Mais à cela, les sites n’y peuvent pas grand-chose.

DES UTILISATEURS À LA RECHERCHE D’UNE RELATION SÉRIEUSE

Les abonnés à notre newsletter ne semblent visiblement pas adeptes des rencontres d’un soir ! C’est en tout cas ce qu’ils nous disent. Près de 9 sur 10 assurent s’être inscrits sur un site de rencontres en vue de rencontrer l’âme sœur et établir une relation sérieuse capable de tenir sur la durée. Plus l’âge des répondants est élevé et plus ce taux a tendance à augmenter (90 % des 60-69 ans contre 85 % des 40-49 ans, par exemple). La recherche du grand amour est aussi plus présente chez les femmes (94 %) que chez les hommes (83 %).

LES AVANTAGES DU VIRTUEL SUR LE RÉEL

Le fait de pouvoir contacter des milliers de célibataires en quelques clics n’est pas le seul atout des sites de rencontres. Beaucoup d’utilisateurs nous ont dit trouver dans le côté « virtuel » de la rencontre un bon moyen de faciliter la prise de contact et d’augmenter les chances de concrétisation. Pour plus de 4 personnes sur 10, le fait de commencer la discussion par messagerie interposée permet de mieux connaître une personne et 37 % estiment que passer par un site de rencontres augmente les chances de rencontrer l’âme sœur.

UN COÛT QUI NE REBUTE PAS

Croyez-nous sur parole : comparer les prix des sites de rencontres n’a rien d’une partie de plaisir. Les tarifs et les formules d’abonnement varient tellement d’un site à l’autre qu’il est pratiquement impossible de savoir lequel revient le moins cher. Les abonnés déboursent en moyenne une trentaine d’euros par mois pour consulter les profils et entamer des discussions avec des partenaires. Ce tarif moyen ne vaut que pour ceux qui paient : 35 % des hommes et 52 % des femmes fréquentent des sites gratuits.

GARE À L’ADDICTION

Fréquenter un ou plusieurs sites de rencontres suppose de consulter régulièrement les profils, d’initier et d’entretenir des discussions, de répondre aux « sourires », « like » et « match ». Pas étonnant que la moitié de nos répondants estiment passer beaucoup de temps à faire le tri dans les sollicitations. Pour autant, le risque d’addiction ne semble pas les guetter. Un quart seulement se disent « accros », et passent sans doute trop de temps le nez sur leur smartphone à l’affût des nouveaux messages. Pour eux, ne pas se connecter au site ou à l’application engendre un manque. Le mieux, si l’activité liée aux sites devient trop chronophage, consiste à se donner des règles, par exemple en ne consultant la messagerie que deux ou trois fois par jour, à des moments précis.

→ Sites de rencontres – Nos conseils pour vous lancer

PAS DE PRÉCIPITATION

Prendre le temps de discuter tranquillement par messagerie interposée avant de se rencontrer est le principal avantage des sites de rencontres. Nos répondants ne se privent pas d’user de ce confort. Ils nous ont déclaré qu’en moyenne, il s’écoulait 23 jours avant le premier rendez-vous « en vie réelle ». Les moins de 30 ans sont les plus prompts à passer de l’autre côté de l’écran : 68 % se rencontrent dans la semaine qui suit les premiers échanges.

LES MAUVAISES RENCONTRES

Sur Internet comme dans la « vraie vie », les comportements déplacés existent. Gare au harcèlement : 68 % des femmes disent avoir été confrontées à des hommes insistants ou pressants. La situation inverse se vérifie, mais dans une bien moindre mesure : 32 % des hommes rapportent des comportements « lourds ». Mieux vaut alors passer son chemin, et utiliser, si elle existe, l’option « bloquer » pour n’avoir pas à subir de messages désobligeants. Moins courantes, les insultes ou menaces ne sont pas rares non plus : un tiers des femmes et 17 % des hommes s’en plaignent.

À côté de la violence verbale, il y a la simple absence de courtoisie : 75 % des répondants ont été victimes de « ghosting », pratique qui consiste à ignorer subitement une personne avec laquelle une discussion était engagée. Hommes et femmes sont égaux devant le phénomène. Enfin, notre questionnaire a mis en évidence un écueil classique sur Internet : la tentative d’extorsion, rapportée par 18 % des personnes interrogées.

Anne-Sophie Stamane

Cyril Brosset

Sandrine Girollet

Observatoire de la consommation

13 février 2019

Élections européennes 2019 Aidez-nous à construire l’Europe des consommateurs de demain

Élections européennes 2019

 

Aidez-nous à construire l’Europe des consommateurs de demain

Parce que le droit européen influence notre vie quotidienne, l’UFC-Que Choisir agit aussi au niveau européen. La défense des consommateurs ne peut pas se cantonner au niveau national. Afin de nous aider à ce que le mot d’ordre « Europe, Entends tes consommateurs ! » devienne une réalité, rejoignez  notre campagne !

 

 Au sommaire 

  • Découvrez l’action de l’UFC-Que Choisir au niveau européen 
  • Testez vos connaissances et exprimez vos attentes sur l’Europe des consommateurs 

 

DÉCOUVREZ L’ACTION DE L’UFC-QUE CHOISIR AU NIVEAU EUROPÉEN

Le 26 mai 2019, les Français se rendront aux urnes pour élire les 79 députés européens qui les représenteront pour la législature 2019-2024. Dans cette perspective, l’UFC-Que Choisir, avec les autres membres du Bureau européen des unions de consommateurs (Beuc), a défini 5 priorités sur lesquelles elle appelle l’attention des futurs législateurs européens :

  • promouvoir des produits plus durables ;
  • généraliser le Nutri-Score, car il permet des choix alimentaires éclairés ;
  • encadrer strictement l’exposition aux substances chimiques préoccupantes ;
  • garantir l’accès à des médicaments efficaces à un prix abordable ;
  • développer une intelligence artificielle éthique au service des consommateurs.

TESTEZ VOS CONNAISSANCES ET EXPRIMEZ VOS ATTENTES SUR L’EUROPE DES CONSOMMATEURS

► Répondez à notre questionnaire « Les consommateurs Français et l’Union européenne »

► Testez vos connaissances grâce à notre quiz « Europe, vous avez dit Europe ? »

11 février 2019

Avant-Projet de loi économie circulaire Vivement l’après !

Avant-Projet de loi économie circulaire

Vivement l’après !

Attendu de longue date depuis la publication il y a près d’un an de l’ambitieuse feuille de route sur l’économie circulaire (FREC), l’avant-projet de loi récemment paru dans la presse a quelque peu refroidi mes espoirs. Six petits articles, visant notamment à « faciliter l’adoption d’une consommation responsable » si l’on en croit l’exposé des motifs. La sobriété semble donc de mise côté législatif, alors même que la feuille de route ne compte pas moins de 50 mesures…

 

Prenons l’exemple des pièces détachées. L’UFC-Que Choisir demande depuis plusieurs années une réécriture de la loi afin que la non-disponibilité de ces pièces soit clairement indiquée au consommateur. Notez que si cette mesure figure bien au point 9 de la FREC présentée par le gouvernement, sa traduction dans l’avant-projet de loi me laisse songeur… En effet, dans le cas où un fabricant ne fournirait pas d’information sur la disponibilité des pièces détachées au vendeur, ces dernières seraient tout bonnement « réputées non disponibles ». Permettez-moi de douter que cette « clarification » puisse avoir un quelconque effet incitatif sur les fabricants quant à fournir ces pièces détachées, d’autant que le dispositif n’uniformise en rien la présentation de ces informations. Ah si ! Deux précisions : en plus d’être lisibles, celles-ci devront être « accessibles et compréhensibles »… Un moindre mal me direz-vous, tout comme la proposition de raccourcir le délai de mise à disposition de ces pièces de 2 mois à 20 jours, encore faudrait-il que le consommateur ait la chance de tomber sur des pièces « réputées disponibles ».

On saluera tout de même la prise en compte de la problématique de la pollution publicitaire maintes fois dénoncée par l’UFC-Que Choisir. Mais une question me taraude : pourquoi limiter l’interdiction de la distribution de prospectus publicitaires non sollicités aux seuls prospectus  « imprimés avec des encres contenant des huiles minérales »? Là encore, la formulation me semble trop restrictive.

Et quid des autres mesures indiquées dans la feuille de route : suppression du point vert, renforcement du Triman, gouvernance des éco-organismes, responsabilité élargie des producteurs (filières REP)…  Toutes jetées dans le grand panier « ordonnances » du dernier article de l’avant-projet – comprenez sans passer par la case débat parlementaire. Avouez qu’à l’heure du grand débat national, cela fait tâche. Alors que certains sénateurs s’en sont déjà indignés, j’ai moi-même co-signé avec plusieurs ONG et associations un courrier adressé à Monsieur Edouard Philippe lui demandant de revoir la copie afin que ne soit pas gaspillée cette occasion de rendre notre économie plus circulaire et plus verte.

Aussi, je veux croire que ce projet n’est en effet qu’un « avant », une ébauche maladroite qui ne demande qu’à être enrichie pour une mise en œuvre de la feuille de route pour une économie circulaire qui fasse rimer pouvoir d’achat avec ambition environnementale. Alors, plutôt que de tout jeter à la poubelle, j’appelle le gouvernement à rapidement recycler ce projet de loi en suivant le fameux adage : « rien ne se perd, tout se transforme ! »

Alain Bazot

Président de l’UFC – Que Choisir

11 février 2019

Badiscout, Edenhouse, Reductoo Des sites marchands à éviter

Badiscout, Edenhouse, Reductoo

 

Des sites marchands à éviter

Méfiance si vous croisez les chemins d’Edenhouse.fr et de Reductoo.com au cours de vos achats sur Internet. Ces sites sont édités par Must Group LTD, une société que l’on retrouve aussi derrière le site Badiscout.com, qui vient de baisser le rideau sans honorer ses commandes.

 

Daniel peut attendre, il sait qu’il peut faire une croix sur le congélateur qu’il a commandé sur le site Badiscout.com et peut-être même sur les 306 € versés. Il n’est pas seul dans ce cas. Une cinquantaine de victimes, recensées au sein d’un groupe Facebook créé pour l’occasion, sont dans la même situation que lui. Certaines ont même déboursé plus de 900 € pour des articles dont elles n’ont jamais vu la couleur. Après avoir tenté de relancer à plusieurs reprises la société, sans succès, leurs derniers espoirs de recevoir leur commande ont été douchés, il y a quelques jours, lorsqu’ils ont découvert que le site Badiscout avait baissé le rideau, sans que l’on sache si cette fermeture est volontaire ou la conséquence d’une décision administrative.

Si les victimes de Badiscout cherchent désormais à récupérer leur argent, leurs chances d’aboutir sont minces, principalement parce que la société contre laquelle se retourner n’est pas évidente à identifier. Si, comme tout porte à le croire, Badiscout était une place de marché (donc un simple intermédiaire entre des acheteurs et des vendeurs), les victimes ne peuvent pas se retourner contre elle. À moins que Badiscout se soit également présenté comme le vendeur de l’article. Dans ce cas, c’est donc vers la société éditrice du site, Must Group LTD, qu’il faut se retourner. Le problème, c’est que cette société est loin de faire preuve de la plus grande transparence. La seule adresse disponible est celle de son siège social à Londres. Toutefois, le fait que cette adresse corresponde à celle d’une société de domiciliation laisse penser que le site pourrait en réalité être piloté de quelque part en France. Face à tant d’incertitudes, des investigations plus poussées s’avèrent nécessaires. On ne peut donc conseiller aux victimes que de porter plainte auprès de la police ou de la gendarmerie en espérant que l’enquête aboutisse. Elles ne doivent pas non plus hésiter à se tourner vers leur banque ou vers l’éditeur de leur carte bancaire (Visa ou Mastercard) afin de voir si un remboursement est envisageable. Certaines victimes semblent avoir réussi par ce biais à récupérer leur argent.

LE GÉRANT DÉJÀ CONDAMNÉ

La société Must Group LTD, qui éditait Badiscout.com, est également derrière deux autres sites marchands qui, eux, sont toujours en activité : Edenhouse.fr et Reductoo.com. Vu les nombreux témoignages négatifs laissés sur les forums, dont celui de Que Choisir, nous vous recommandons de ne pas commander sur ces sites (1). Le fait que la société Must Group LTD soit gérée par un certain Maël Léger n’a pas de quoi non plus nous rassurer. En 2015, cet homme âgé aujourd’hui de 36 ans avait fait l’objet d’une interdiction de gérer une société pendant une période de 3 ans. Face à ces éléments, mieux vaut passer son chemin.

(1) Selon nos constatations, les articles présents sur Edenhouse étaient indiqués comme étant indisponibles le 7 février. Il était en revanche possible de passer des commandes sur Reductoo.com.

Cyril Brosset

11 février 2019

Protection des abeilles Une réglementation sur les pesticides trop laxiste

Protection des abeilles

 

Une réglementation sur les pesticides trop laxiste

Dans un nouvel avis, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) recommande un durcissement de la réglementation qui régit l’usage des pesticides pour enfin protéger les abeilles de leurs effets dévastateurs.

 

Dans un avis qui vient d’être publié, l’Anses rappelle que « les abeilles et autres pollinisateurs jouent un rôle crucial dans la biodiversité et l’agriculture » et que leur protection vis-à-vis des produits phytopharmaceutiques est une priorité.

Or la réglementation actuelle sur les pesticides est inadaptée, elle ne protège pas les abeilles, toutes les données de surveillance sur les colonies et les ruchers le prouvent. Des mortalités massives continuent à se produire et 76 % des échantillons de pollen sont contaminés.

L’Agence émet donc des recommandations précises pour renforcer la réglementation et mieux encadrer l’usage des pesticides. C’est ainsi qu’actuellement, seule la pulvérisation d’insecticides et d’acaricides est interdite pendant les périodes de floraison. L’Anses préconise d’étendre cette interdiction à l’ensemble des pesticides pulvérisés, fongicides et herbicides compris. Une interdiction qui doit aussi s’appliquer aux substances actives systémiques utilisées en pulvérisation avant floraison ou en traitement de semences.

PUISSANCE DU LOBBY AGRICOLE

L’Union nationale de l’apiculture française a aussitôt salué « une avancée importante » et réclame « une refonte urgente de la réglementation ».

La logique voudrait qu’elle intervienne rapidement, ce sont en effet les ministres de l’Agriculture et de la Transition énergétique qui avaient saisi l’Anses. Le moins qu’ils puissent faire serait de suivre son avis. Reste que les lobbys de l’agriculture intensive sont à l’affût. En 2014 déjà, quand le ministre de l’Agriculture d’alors a voulu imposer que les pulvérisations de pesticides n’aient lieu qu’à la tombée de la nuit, une mesure proposée par l’Anses, il a reculé face à la levée de boucliers de la FNSEA, le principal syndicat agricole. Ses successeurs oseront-ils l’affronter ? Le déclin préoccupant des abeilles l’impose, c’est la survie de ces indispensables pollinisateurs qui est en jeu.

Élisabeth Chesnais

11 février 2019

Incontinence urinaire Les implants pelviens sous surveillance renforcée

Incontinence urinaire

 

Les implants pelviens sous surveillance renforcée

Les implants destinés à lutter contre l’incontinence urinaire ou la descente d’organes (prolapsus pelvien) sont soupçonnés d’être à l’origine de sérieuses complications. Placés sous surveillance renforcée, ils ont fait l’objet d’une réunion de concertation. L’occasion pour les professionnels du secteur de définir comment améliorer la sécurité des personnes opérées.

 

Excuses officielles du gouvernement australien, suspension des implantations au Royaume-Uni, renforcement de la sécurité aux États-Unis… La crise autour des implants destinés au traitement de l’incontinence urinaire ou de la descente d’organes (prolapsus pelvien) est mondiale. Ces dispositifs médicaux sont accusés de provoquer des complications parfois sévères, nécessitant dans certains cas une explantation.

Malgré ses 50 000 implants vendus chaque année, la France semble miraculeusement épargnée par ces remous. Une exception qui a interpellé l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Afin de mieux comprendre le phénomène et d’établir un premier bilan, l’autorité sanitaire a rassemblé les professionnels du secteur.

Deux études sont en cours avec un objectif similaire : évaluer les complications associées à la pose de bandelettes sous-urétrales et d’implants de renfort. Ce sont les deux types de dispositifs présents sur le marché français. Leurs conclusions sont plutôt disparates puisque le taux de complications varie de 1,4 à 2,8 %. C’est peu par rapport aux autres pays, mais il est sans doute sous-estimé, juge l’ANSM.

bandelette-urinaire
Illustration d’une bandelette sous-urétrale.

VERS DES CENTRES EXPERTS ?

L’Agence demande donc aux victimes d’effets secondaires de se manifester (1), dans le but de mieux connaître ces complications post-opératoires variées et parfois sévères. Il faudra aussi former patients et soignants à identifier les complications, ce qui n’est pas le cas actuellement. Une faille qui expliquerait, au moins en partie, le faible signalement d’effets indésirables en France.

Sur le terrain, une campagne d’inspection est en cours chez les fabricants, dont les données cliniques sont réévaluées. Elle a d’ores et déjà permis le rappel de plusieurs lots d’implantsdistribués sans marquage CE conforme. Les intervenants se sont d’ailleurs accordés sur la nécessité de renforcer la sécurité des dispositifs médicaux avant et après leur implantation. Mais la question des complications ne se limite pas au matériel. Elle s’étend aux pratiques médicales.

Afin de limiter les risques d’effets secondaires, le parcours des patients et des patientes doit être mieux encadré. Formation des professionnels, harmonisation des recommandations officielles, information sur les alternatives : tels sont les points d’amélioration évoqués par les professionnels rassemblés à l’ANSM. Au tableau des avancées nécessaires figure aussi la création de centres experts, qui permettraient d’organiser la pose et la gestion des complications.

(1) Un signalement de matériovigilance est disponible sur le site signalement-sante.gouv.fr.

Audrey Vaugrente

11 février 2019

Finastéride (Propecia et génériques) Un produit anticalvitie peu efficace et dangereux

Finastéride (Propecia et génériques)

 

Un produit anticalvitie peu efficace et dangereux

Prescrit chez l’homme jeune atteint de calvitie légère, le finastéride, qui agit sur une hormone responsable de la chute de cheveux, montre une efficacité très modeste. Alors que les connaissances sur ses lourds effets secondaires – dépression, idées suicidaires, troubles sexuels potentiellement persistants après l’arrêt du traitement – se précisent, les autorités de santé ne l’ont toujours pas retiré du marché.

 

« Je vous comprends, c’est ennuyeux cette chute de cheveux. Je peux vous prescrire du finastéride, vous en aurez environ 10 % de plus sur le sommet du crâne. Sachez cependant que vous risquez de faire une dépression qui peut vous mener au suicide. Ah, j’oubliais : vous risquez aussi de constater une diminution de votre libido, des problèmes d’érection et des troubles de l’éjaculation. Dans ce cas, vous pourrez toujours arrêter le traitement mais sachez que les troubles sexuels peuvent persister après l’arrêt. C’est d’accord, je vous fais l’ordonnance ? » Voilà le monologue surréaliste qu’on imagine à la lecture du courrier que l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) vient d’envoyer aux professionnels de santé susceptibles de prescrire ou délivrer du finastéride. Rappelant les effets secondaires d’ordre psychiatrique et sexuel de ce produit, l’agence conclut que si un patient consulte parce qu’il perd ses cheveux, « il convient de discuter avec [lui] du rapport entre les bénéfices attendus et les risques encourus ».

Le finastéride est un principe actif qui a d’abord été utilisé dans l’hypertrophie bénigne de la prostate, à la dose de 5 mg par comprimé (1). Depuis 1999, il est aussi proposé chez l’homme jeune à une dose de 1 mg par comprimé pour traiter l’alopécie androgénétique, autrement dit le fait de perdre ses cheveux. Il est commercialisé sous le nom de Propecia et plusieurs génériques sont aussi sur le marché (2). Il fonctionne en bloquant la production d’une hormone appelée DHT, responsable de ce type de calvitie. Son efficacité reste limitée : le médicament ne fonctionne que chez la moitié des patients, l’efficacité n’a été démontrée que sur le sommet du crâne et pas sur les « golfes » apparaissant près des tempes, les utilisateurs ont seulement 11 % de cheveux en plus au bout d’un an, résultat qui ne fait que se stabiliser si le traitement est poursuivi et les cheveux recommencent à tomber si on l’interrompt.

DÉSACCORD SUR LE RAPPORT BÉNÉFICE/RISQUE

En dépit de ces résultats bien peu convaincants, le finastéride a obtenu depuis son lancement un certain succès auprès des jeunes hommes dont le crâne commence à se dégarnir (30 000 boîtes vendues en 2012, dernier chiffre connu). Pourtant, ce médicament est loin d’être anodin. Dès les premiers essais évaluant son efficacité, des effets indésirables d’ordre sexuel sont remarqués. Depuis, le bilan s’alourdit au fil des années et des réévaluations par les autorités sanitaires des différents pays. Anxiété, dépression, idées suicidaires, pathologies musculaires graves, réactions de type allergique, cas de cancers du sein chez l’homme, persistance des troubles sexuels après l’arrêt du traitement, autant d’effets secondaires à mettre au passif du médicament. Ceux sur lesquels l’ANSM attire l’attention des professionnels de santé, troubles psychiatriques et dysfonction sexuelle potentiellement persistante sont considérés comme « peu fréquents » mais cela correspond tout de même à une fréquence entre 1/100 et 1/1000 d’utilisateurs, ce qui n’est pas rien. D’autant que, selon une synthèse des études cliniques, l’évaluation des effets secondaires est lacunaire. Une autre étude menée sur plus de 4 000 hommes jeunes montre que 0,8 % ont été atteints de dysfonction érectile persistante, d’une durée médiane de plus de 4 ans ! Malgré tout, l’ANSM continue à estimer que le rapport bénéfice/risque de ce produit est favorable.

UNE ASSOCIATION D’AIDE AUX VICTIMES

Une décision incompréhensible aux yeux de Sylviane Million-Mathieu, dont le fils de 25 ans s’est suicidé en juin 2016, suicide qu’elle attribue, « analyses à l’appui », dit-elle, à la prise du médicament anticalvitie. L’association qu’elle a fondée, Aide aux victimes du finastéride, revendique 200 adhérents français et autant issus d’autres pays européens. Parallèlement à ses discussions avec les autorités de santé, l’association a confié à maître Charles Joseph-Oudin, spécialiste de droit de la santé déjà actif notamment dans les dossiers Mediator et Dépakine, le soin de la représenter en justice. « Nous sommes en train de constituer une soixantaine de dossiers, mais pour l’instant nous assignons MSD, le laboratoire qui commercialise le Propecia, sur quatre d’entre eux, explique l’avocat. Nous sollicitons la désignation d’experts endocrinologues et andrologues pour confirmer le lien de causalité entre la prise de ce médicament et les troubles psychiatriques et sexuels ainsi que la persistance des effets indésirables. De notre point de vue, le laboratoire avait connaissance de ces effets depuis des années et ne les a pas portés à la connaissance des patients ni des praticiens. Notre objectif est double : l’amélioration de l’information délivrée aux patients et l’indemnisation et la prise en charge des victimes. »

En attendant un souhaitable retrait du marché récemment évoqué par la revue indépendante Prescrire ? L’ANSM n’y semble pas prête. « Quelle que soit la fréquence et la gravité des effets secondaires, l’agence a une très grande tendance à conclure que la balance bénéfice/risque est favorable, déplore l’épidémiologiste Catherine Hill. En l’occurrence, elle n’a, à ma connaissance, pas écrit une ligne pour justifier du bénéfice. » Et pour cause, celui-ci est plus que douteux, et s’il existe il n’est pas d’ordre médical mais esthétique. En tout cas, l’agence, à qui nous avons demandé sur quoi elle fondait cette évaluation, n’a pas jugé utile de nous répondre. Par manque de temps ? Nous lui laissons le bénéfice du doute et ferons une mise à jour de cet article dès qu’elle aura décidé de justifier sa position.

(1) Étant donné ses effets secondaires, la revue Prescrire conseille d’en limiter l’utilisation y compris dans cette indication.
(2) Leur nom inclut « finastéride », sauf le Finhair Gé.

Fabienne Maleysson

11 février 2019

Transport aérien Nouvelle faillite d’une compagnie low cost

Transport aérien

 

Nouvelle faillite d’une compagnie low cost

La compagnie low cost Germania a annoncé le 5 février avoir cessé ses activités. Les passagers ayant acheté un billet directement auprès d’elle ne pourront pas se faire rembourser. Un cas qui pourrait se reproduire en 2019.

 

Nouvelle faillite dans le secteur de l’aérien. Après Primera Air et Cobalt ces derniers mois, mais aussi Small Planet, Azur, Sky Works ou VLM, c’est cette fois la compagnie low cost Germania qui a annoncé, le 5 février dans un communiqué, avoir déposé le bilan et cessé ses activités dans la nuit du 4 au 5 février. Basée à Berlin, cette compagnie volait principalement depuis l’Allemagne et la Suisse, mais avait aussi des liaisons depuis Toulouse. Plusieurs passagers ont été laissés sur le carreau, ce mardi, apprenant à leur arrivée à l’aéroport que le vol Toulouse-Hambourg de 7 h était annulé. La compagnie avait aussi vendu des billets entre la Ville rose et Dubrovnik (Croatie), Tanger (Maroc), Oujda (Maroc) et Madère.

« Malheureusement, nous avons finalement été incapables de mener à bien nos efforts pour couvrir un besoin de liquidités à court terme », a déclaré Karsten Balke, PDG de Germania. Elle pointe, comme causes de la faillite, l’augmentation des prix du carburant, la baisse de l’euro face au dollar, mais aussi des besoins de maintenance des appareils plus élevés que prévu.

Pour les consommateurs, la sentence est la même que lors des précédentes faillites. Ceux qui ont réservé leur vol dans le cadre d’un voyage à forfait auprès d’un tour-opérateur se verront proposer un vol de remplacement. Quant aux clients ayant acheté un billet directement auprès de la compagnie, ils n’ont quasiment aucune chance de se faire rembourser. En effet, en cas de faillite, une compagnie aérienne ne peut plus disposer de son argent, qui est utilisé pour rembourser les créanciers. Or, les clients ne sont pas prioritaires : l’argent disponible est d’abord réquisitionné pour rembourser les services fiscaux, les salariés ou les banques…

UN SECTEUR TRÈS FRAGILE

Comme le montrent ces faillites à répétition, le secteur aérien traverse actuellement de fortes turbulences, dues notamment à l’augmentation du prix du kérosène. Plusieurs compagnies sont en difficulté, comme Norwegian, lourdement endettée, WOW Air, qui attend d’être sauvée, ou XL Airways, qui rechercherait un repreneur. FlyBe vient quant à elle d’être sauvée de justesse par Virgin Atlantic, qui l’a rachetée au prix d’un penny (environ un centime d’euro) par action.

Les compagnies placées sur le segment ultra-concurrentiel du low cost long courrier (lire notre enquête « Les nouveaux horizons du low cost ») sont particulièrement exposées, mais toutes souffrent d’un marché en surcapacité en Europe. Même l’irlandais Ryanair a annoncé, le 4 février, une perte nette de près de 20 millions d’euros au troisième trimestre.

Prudence, donc, au moment de réserver… En particulier auprès des compagnies fragiles ayant récemment multiplié les promotions agressives pour attirer les consommateurs. Et attention : les assurances annulation vendues par les compagnies au moment d’acheter un billet couvrent le passager (en cas de maladie, de licenciement…) et non la compagnie, elles ne permettent donc pas de se faire rembourser en cas de faillite.

Morgan Bourven

8 février 2019

Arnaque Recrudescence de chantage à la webcam

Arnaque

 

Recrudescence de chantage à la webcam

De nombreux internautes sont actuellement la cible de chantage à la caméra. Via un courriel, les malfaiteurs font croire qu’ils détiennent des images de leurs destinataires en train de regarder une vidéo pornographique. Ils menacent de les diffuser en cas de non-paiement d’une rançon. Décryptage de cette arnaque qui joue sur la peur et la honte.

 

Les escrocs ont choisi dernièrement d’arnaquer leurs victimes sur le terrain de l’intimité. Des internautes sont actuellement les cibles de courriels provenant de personnes malveillantes se présentant comme des hackers : « J’ai piraté vos appareils il y a quelques mois, j’ai mis en place un virus sur un site pour adulte que vous avez visité et j’ai réussi à avoir la main sur votre appareil. […] J’ai enregistré une vidéo […] vous enregistrant en train de vous amuser. » S’ensuit un chantage visant à acheter le silence du hacker – « Je pense que 500 euros est un juste prix pour notre petit secret »  –, la note devant être réglée en bitcoins, la monnaie virtuelle la plus répandue sur la Toile. Le hacker avertit qu’il enverra la vidéo aux contacts de son destinataire (« familles, collègues ») en cas de non-paiement de la rançon. Les courriels de ce type prolifèrent actuellement, comme en atteste la recrudescence de témoignages de consommateurs reçus par l’UFC-Que Choisir depuis le mois de janvier.

Ces messages frauduleux ne sont pas ciblés et sont diffusés en masse, peu importe que les destinataires soient allés ou non sur un site pornographique. Parfois le message est accompagné d’un mot de passe qu’utilise effectivement le destinataire sur l’un de ses comptes. Les escrocs l’ont récupéré dans des bases de données qui ont fuité sur Internet. Panique assurée lors de la lecture d’un tel message. Il s’agit pourtant d’un faux chantage à la webcam, appelé aussi « sextorsion ». Comme le précise la plateforme Cybermalveillance sur son site : « Dans les cas réels de sextorsion ciblée, la victime « connaît » son maître chanteur auquel elle a fourni des images ou vidéos compromettantes de son plein gré après avoir été abusée [un escroc s’est fait passer pour une femme sur un site pornographique, par exemple, ndlr]. » Dans le cas présent, aucune preuve n’est délivrée par le soi-disant hacker, et aucun témoignage n’indique à ce jour que des images ont bel et bien été divulguées. Mais attention, si la menace est fausse, l’adresse du portefeuille bitcoins indiquée dans le courriel est vraie. Si vous payez, vous perdrez réellement de l’argent.

UN STRATAGÈME QUI REPOSE SUR L’INTIMIDATION

Ces tentatives d’escroquerie arrivent par vague. Justine Atlan, directrice générale de l’association e-Enfance, qui lutte contre les cyberviolences à l’égard des jeunes, indique qu’un tel message circulait déjà l’année dernière. Contrairement aux techniques de phishing, qui misent sur l’appât du gain, ce stratagème « repose sur l’intimidation et fait peur aux internautes, expose-t-elle. Nous sensibilisons les jeunes, dès l’âge de huit ans, aux arnaques et à la protection des données personnelles. Il faut les éveiller sur le fait qu’ils représentent des proies faciles, notamment sur les réseaux sociaux. » Les adolescents constituent un public plus vulnérable, mais personne n’est à l’abri de recevoir ce message anxiogène et culpabilisant.

QUE FAIRE SI VOUS RECEVEZ UNE TENTATIVE DE CHANTAGE PAR E-MAIL

La meilleure attitude à adopter à la réception de ce mail : ne pas répondre et, surtout, ne pas envoyer d’argent. Vous pouvez déposer plainte au commissariat. Une tentative de chantage, et donc une atteinte à la vie privée, est passible de 5 ans de prison et 75 000 € d’amende. Prévenez les autorités via les plateformes de signalement en ligne Internet-signalement.gouv.fr (ministère de l’Intérieur) et Cybermalveillance.gouv.fr (interministériel).

Si vous avez payé, portez plainte également. Prévenez votre banque pour essayer de vous faire rembourser. Vous n’obtiendrez pas nécessairement gain de cause. Premièrement, la banque pourra vous opposer qu’il s’agit d’un paiement autorisé, car vous avez cédé au chantage. Deuxièmement, lors d’un règlement en bitcoins, le destinataire ne peut être tracé. Les transferts d’argent virtuel s’effectuent dans l’anonymat. Il sera donc difficile de prouver que la transaction est liée à cette tentative d’escroquerie.

COMMENT ÉVITER D’ÊTRE LA CIBLE DE HACKERS

Éviter d’être la victime d’un chantage passe par une sécurisation de ses données personnelles en ligne. Sur les réseaux sociaux, ne divulguez pas vos données en mode public (adresses e-mails, noms de contacts, société dans laquelle vous travaillez). Choisissez les contacts qui peuvent y avoir accès. N’acceptez pas d’invitations de personnes dont vous n’êtes pas sûr des intentions.

Changez régulièrement vos mots de passe afin d’éviter le piratage de vos comptes.

Masquez ou débranchez votre webcam lorsque vous ne vous en servez pas.

EXEMPLE D’UN COURRIEL DE CHANTAGE ENVOYÉ RÉCEMMENT

Marie Bourdellès

8 février 2019

Sèche-cheveux Homday

Sèche-cheveux Homday

Risque de choc électrique.

 

Produit

Sèche-cheveux de marque Homday. Code : 383205.

Où s’adresser

Remboursement en magasin d’achat.

8 février 2019

Médicaments à éviter La liste noire 2019 de Prescrire

Médicaments à éviter

 

La liste noire 2019 de Prescrire

Deux médicaments familiers, le Toplexil (antitussif) et le Décontractyl (décontractant musculaire) rejoignent les rangs des « spécialités à écarter » de la revue Prescrire en ce début 2019.

 

C’est un rendez-vous rituel. Chaque début d’année, la revue médicale indépendante Prescriredresse le bilan des médicaments plus dangereux qu’utiles (1). En ce début 2019, plusieurs spécialités ont été ajoutées à cette liste noire :

  • La méphénésine (Décontractyl). Ce « myorelaxant » est autorisé en traitement d’appoint des contractures musculaires douloureuses. Son efficacité n’est pas supérieure à celle d’un placebo. En conséquence, ses effets indésirables (somnolences, vomissements, réactions d’hypersensibilité) sont disproportionnés. Même en crème pour application locale (Décontractyl baume), cette substance peut provoquer des atteintes graves de la peau.
  • L’oxomémazine (Toplexil, Humex Toux sèche et génériques), est un sirop antitoux bien connu des familles. C’est également un sédatif, qui entraîne somnolence et baisse de la vigilance. Sa notice témoigne du grand nombre et de la variété des autres problèmes qui peuvent être provoqués par ce médicament : troubles de la mémoire ou de la concentration, vertiges, tremblements, confusion, sécheresse de la bouche, troubles de la vue, rétention d’urine, constipation, etc. Pour ces raisons, Que Choisir recommandait déjà de l’éviter en 2016.
toplexil
  • La cimétidine (marque générique) est autorisée pour le traitement du reflux gastro-œsophagien (brûlures d’estomac). Prescrire propose de l’écarter car elle expose à nettement plus d’interactions médicamenteuses que d’autres médicaments de la même classe (dits « antihistaminiques H2 » tels que la ranitidine/Azantac). Pour ces raisons, Que Choisir avait déjà conseillé des solutions alternatives. 
  • Le trinitrate de glycéryle (Rectogesic) est une pommade utilisée dans les fissures anales. Prescrire conseille de ne pas y avoir recours en raison de sa faible efficacité au regard de forts maux de tête.
  • Enfin, Prescrire recommande d’éviter l’ulipristal à 5 mg (Esmya), un médicament autorisé en gynécologie (traitement de tumeurs bénignes de l’utérus) ainsi que l’acide obéticholique (Ocaliva) autorisée en gastro-entérologie pour certaines maladies du foie.

 

LA NALOXONE AU TABLEAU D’HONNEUR

Le bilan des médicaments est aussi l’occasion de distribuer des bons points aux nouveautés pharmaceutiques qui le méritent. En ce début 2019, nulle « Pilule d’or » n’a été attribuée par Prescrire, aucune substance active n’ayant apporté un progrès thérapeutique majeur. En revanche, deux médicaments à base de naxolone – Nalscue et Prenoxad – ont été récompensés. Cette substance active est un antidote : en cas de surdoses d’opioïdes, son administration évite la mort. Jusqu’ici, la naxolone ne pouvait être injectée que par des professionnels de santé… donc éventuellement trop tard. Les deux médicaments distingués cette année mettent la substance directement à disposition des usagers ou de leur entourage : sous forme de spray nasal pour Nalscue ou d’une seringue pour injection intramusculaire pour Prenoxad. L’élargissement et la facilité d’accès ont ainsi été récompensés.

Lire aussi

  • Pour être mieux soigné, il faut savoir éviter certains médicaments et trop de médicaments. Nos conseils.
  • Le bilan de Prescrire pour 2018 et 2017.

(1) L’intégralité de la liste des médicaments à écarter pour mieux soigner est consultable gratuitement : http://www.prescrire.org/Fr/202/1834/PositionsList.aspx

Perrine Vennetier

7 février 2019

Assurance vie Le palmarès des taux de rendement 2018

Assurance vie

 

Le palmarès des taux de rendement 2018

Avec une moyenne autour de 1,6 % et des pointes à 2,5 %, les taux des fonds en euros de l’assurance vie ne font pas d’étincelles en 2018. À peine de quoi éponger l’inflation.

 

Pas de miracle… C’est le calme plat au niveau des rendements 2018 des fonds en euros de l’assurance vie. Comme l’on s’y attendait, une bonne partie des taux du marché se retrouve nettement sous la barre des 2 % de rendements nets de frais, en diminution de 0,05 à 0,2 points par rapport à l’année précédente. Comme en 2017, les meilleurs taux des contrats devraient avoisiner 2,50 %, et les plus faibles s’approcher de 1 %. Selon le cabinet Facts & Figures, le taux de rendement moyen du marché oscillerait ainsi entre 1,50 et 1,80 % nets de frais pour 2018.

Avec une inflation remontée l’année dernière à 1,80 %, on comprend tout de suite que les bénéfices affichés par la plupart des compagnies permettent tout juste de ne pas perdre d’argent sur ses contrats. Encore faut-il que les frais d’entrée et de sortie ne viennent pas encore grignoter quelques points supplémentaires, pour les contrats qui sont très actifs (avec de nombreuses entrées ou sorties d’argent). Comme les années précédentes, ces faibles rendements s’expliquent par le niveau particulièrement bas des taux obligataires (taux des emprunts d’État) sur lesquels s’alignent les fonds en euros. Les variations entre assurances vie découlent ensuite de la qualité de gestion du contrat, des provisions pour les années suivantes réalisées par l’assureur et du niveau des frais de gestion.

TAUX MOYEN AUTOUR DE 1,7 %

Dans le gros du peloton, se trouvent les poids lourds de l’assurance privée en France comme Axa, Generali, Swiss Life, qui affichent des taux compris entre 1,50 et 1,90 %. En queue de peloton, se trouvent les réseaux bancaires traditionnels avec des taux en moyenne entre 1,30 et 1,70 %. C’est le cas notamment des contrats BNP Paribas Multiplacements avec 1,50 % (le taux grimpe néanmoins à 1,90 % pour le contrat plus haut de gamme BNP Paribas Multiplacements Privilège), de Millevie des Caisses d’épargne (1,30 %) ou Vivaccio de la Banque postale (également 1,30 %).

LES MEILLEURS ÉLÈVES

Ce sont les groupes mutualistes qui tirent encore une fois leur épingle du jeu avec des rendements nets supérieurs, pour beaucoup, à la barre des 2 %. Dans notre tableau, la MIF, Le Conservateur, SMAvie BTP et MACSF se distinguent avec des taux respectivement de 2,35 %, 2,27 %, 2,24 % et 2,20 % en 2018. Ces derniers sont talonnés par les contrats de certaines banques en ligne, notamment Carrefour banque, Boursorama et Fortuneo qui affichent des taux nets respectifs de 2,44 % (stable pour Carrefour banque par rapport à l’année dernière et le meilleur de notre palmarès), 2,10 % et 2 %.

TAUX DE RENDEMENTS 2018 DE 20 CONTRATS D’ASSURANCE VIE*

Assureur Nom du contrat Rendement 2018* (rappel du taux 2017) Évolution sur 1 an
Afer

Afer

Afer Multisupport 2,25 % (2,40 %) – 0,15 %
Agipi

Agipi

Fonds Agipi 2,10 % (2,10 %) 0 %
Apicil

Apicil

Apicil Frontière Efficiente 2 % (2,10 %) – 0,10 %
Asac Fapes

Asac Fapès Alliantz

Épargne retraite 2,48 % (0,58 %) + 1,9 %
Axa

Axa

Odyssiel 1,90 % (1,90 %) 0 %
BNP Paribas Cardif

BNP Paribas Cardif

BNP Paribas Multiplacements 1,50 % (1,66 %) – 0,16 %
Boursorama

Boursorama

Boursorama Vie 2,10 % (1,20 %) + 0,90 %
Caisse d’épargne

Caisse d’épargne

Millevie 1,30 % (1,20 %) + 0,10 %
Carac

Carac

Compte épargne Carac 2 % (2,10 %) – 0,10 %
Carrefour-Axa France

Carrefour banque

Carrefour Avenir 2,44 % (2,44 %) 0 %
Fortuneo

Fortuneo

Suravenir rendement 2 % (2 %) 0 %
Generali

Generali

Generali Profil Épargne 1,75 % (1,95 %) – 0,20 %
gmf

GMF

Multeo 2,10 % (2,10 %) 0 %
La Banque postale

La Banque postale

Vivaccio 1,30 % (1,15 %) + 0,15 %
ING Direct

ING Direct

Eurossima 1,65 % (2,77 %) – 1,12 %
Le Conservateur

Le Conservateur

Hellos Selection 2,27 % (2,45 %) – 0,18 %
Linxea

Linxea

Linxea Zen 2,16 % (2,25 %) – 0,09 %
Maaf

Maaf

Winalto 1,85 % (1,85 %) 0 %
Macif

Macif

Actiplus 1,90 % (1,80 %) + 0,10 %
MACSF

MACSF

RES 2,20 % (2,40 %) – 0,20 %
Maif

Maif

Nouveau Cap 1,80 % (2,05 %) – 0,25 %
Mif

MIF

Compte Épargne Libre Avenir 2,35 % (2,50 %) – 0,15 %
SMA Vie

SMAvie BTP

Batiretraite Multicompte 2,24 % (2,26 %) – 0,02 %
Swiss Life

Swiss Life

Swiss Life Liberté 1,50 % (1,80 %) – 0,30 %

Source : Établissements.
*Taux nets de frais de gestion mais bruts de prélèvements sociaux et de frais sur versements.

Élisa Oudin

6 février 2019

Indépendance des médecins Les facultés de médecine toujours exposées

Indépendance des médecins

 

Les facultés de médecine toujours exposées

Le deuxième palmarès des facultés de médecine montre que, malgré la charte éthique et déontologique promue par les doyens depuis fin 2017, le cursus des études de médecine est toujours exposé à l’influence de l’industrie de la santé.

 

Le deuxième palmarès des facultés de médecine selon leurs liens avec l’industrie de la santé vient d’être publié. Réalisé par l’association pour une formation et une information médicale indépendante (Formindep), il distingue cette fois la faculté de Tours (37). Mais sur l’ensemble des facultés, c’est peu de dire qu’il y a encore de la marge pour se détacher réellement de l’influence des firmes ! La 2e faculté du classement, avec 15 points sur 36, n’obtient même pas la moyenne.

Tout était pourtant réuni pour que des avancées puissent être constatées. Secoués par les résultats atterrants d’un premier classement en janvier 2017, les doyens des facultés de médecine s’étaient mis d’accord, quelques mois plus tard, sur une « charte éthique et déontologique ». Objectif, progresser dans l’indépendance vis-à-vis des laboratoires et homogénéiser les pratiques dans les facultés. L’enjeu est de taille, puisqu’il s’agit de préserver l’enseignement et les lieux d’enseignement de la publicité pour les médicaments, des cadeaux de l’industrie et de l’influence d’enseignants payés par Big Pharma. Il est même question, dans le texte, de porter la bonne parole à l’hôpital public, où les étudiants effectuent leurs stages ou leur internat, et où, aujourd’hui encore, les visiteurs médicaux ont leurs entrées.

Louable, l’initiative n’a, pour le moment, pas franchement porté ses fruits. Le Formindep, qui s’était donné pour mission de vérifier si la charte était appliquée, constate d’emblée que 5 des 37 facultés n’ont même pas jugé nécessaire de l’adopter. 17 ne l’ont pas diffusée auprès de leurs membres. Elles sont encore moins nombreuses à la faire signer aux nouveaux enseignants. Des cours sur « l’intégrité scientifique et les conflits d’intérêt » sont parfois dispensés, mais rarement à chacun des trois cycles des études, et sont souvent facultatifs pour les futurs médecins. À quelques exceptions près, les facultés continuent de tolérer en leur sein les stands des laboratoires ou les repas offerts aux étudiants, et n’affichent pas la provenance de leurs financements. Seul point positif qui ressort de l’enquête : dans les supports de cours et lors des examens, les médicaments sont de plus en plus souvent désignés en dénomination commune internationale (DCI) dans une majorité de facultés, et non sous leur nom commercial.

Anne-Sophie Stamane

6 février 2019

Bouygues Télécom, SFR et Free mobile Hausse des tarifs mobiles et Internet

Bouygues Télécom, SFR et Free mobile

Hausse des tarifs mobiles et Internet

À quelques jours d’intervalle, Bouygues Télécom, SFR et Free mobile ont décidé de revoir à la hausse les tarifs appliqués à certains de leurs clients. S’ils n’y prennent pas garde, les abonnés concernés pourraient découvrir de bien mauvaises surprises sur leurs prochaines factures. Il existe néanmoins des solutions pour limiter la casse.

 

Clients Bouygues Télécom, SFR et Free mobile, lisez bien les messages que vous fait parvenir votre opérateur. Les trois opérateurs ont en effet décidé d’augmenter les tarifs appliqués à certains de leurs abonnés.

Chez Bouygues Télécom, les clients de certains forfaits Bbox verront bientôt leur abonnement augmenter de 3 € par mois.

Chez SFR, ce sont les abonnés à certains de ses forfaits mobiles ainsi qu’à sa marque à bas coût Red qui sont concernés. + 2 € sur la facture mensuelle.

Quant à Free mobile, s’il n’augmente pas à proprement parler ses forfaits, il revoit à la hausse les tarifs des appels passés vers de très nombreuses destinations étrangères, et pas qu’un peu ! À partir du 1er mars, les abonnés au forfait à 2 € verront les appels vers 96 destinations passer au tarif unique de 1,35 € la minute. Jusque-là, leur prix oscillait entre quelques centimes et moins de 1 €. Un appel vers un téléphone fixe de Côte d’Ivoire passera ainsi de 30 centimes à 1,35 € la minute (+ 350 %) et un autre vers l’Argentine ou le Brésil de 8 centimes à 1,35 € la minute (+ 1 580 % !). D’autres destinations aussi importantes que la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et Israël sont aussi concernées. Si vous aviez l’habitude d’appeler vers certains pays étrangers depuis votre forfait Free mobile, pensez à vérifier la nouvelle grille tarifaire de l’opérateur. Les abonnés au forfait à 19,99 €/mois ne sont pas épargnés. Eux aussi subiront des augmentations, même si les appels qui étaient jusque-là inclus en illimité le resteront.

Les abonnés concernés par ces hausses de tarif ont beau s’émouvoir, à juste titre, de ces pratiques qu’ils jugent injustes, la loi est du côté des opérateurs : Bouygues, SFR et Free sont en droit d’augmenter leurs prix comme bon leur semble à condition d’en avertir leurs clients par écrit au moins un mois avant l’entrée en vigueur de la hausse. Ce qu’ils ont fait, même si les messages envoyés insistaient plus sur les contreparties proposées (les appels vers les mobiles pour les forfaits Bbox, plus de gigaoctets pour les abonnés SFR, etc.) que sur l’augmentation de tarif

IL EST POSSIBLE DE REFUSER L’AUGMENTATION

Vous pensez pouvoir être concerné par ces hausses, mais vous ne retrouvez pas le message de votre opérateur ? Dans ce cas, pensez à vérifier vos prochaines factures. Bouygues Télécom et SFR laissent en effet aux abonnés qui le souhaitent la possibilité de refuser la hausse à condition de le faire dans les 4 mois suivant la date du changement. Il leur suffit pour cela de se rendre sur leur espace client en ligne. En théorie tout du moins, car plusieurs abonnés nous ont assuré n’avoir pas réussi à se connecter à la page leur permettant de valider le refus ! Free, de son côté, n’offre pas la possibilité de refuser les augmentations, mais il n’en respecte pas moins la loi dans la mesure où ses offres sans engagement permettent aux abonnés de résilier leur contrat « sans frais », comme l’exige l’article L. 224-33 du code de la consommation.

Ces hausses de tarifs ne sont pas une première. Pour les opérateurs, il s’agit d’un bon moyen d’augmenter leurs revenus sans faire fuir trop de clients. Nul doute, vu la concurrence qui règne actuellement dans le domaine des télécoms, que cette tendance va perdurer.

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Que ce soit pour la téléphonie ou Internet, nos comparateurs vous aident à trouver les meilleures offres qui correspondent à vos besoins :

Cyril Brosset

6 février 2019

Grippe saisonnière L’épidémie touche toute la France

Grippe saisonnière

L’épidémie touche toute la France

Toux, frissons, fièvre. L’épidémie de grippe comble son retard et devrait prochainement atteindre son pic. En seulement deux semaines, le virus s’est étendu à l’ensemble du territoire.

Il aura fallu attendre janvier pour assister au début de la traditionnelle épidémie de grippe saisonnière. Mais le virus compense son arrivée tardive par une virulence impressionnante. En moins de trois semaines, l’ensemble des régions françaises a été submergé par cette infection respiratoire hivernale. Dans son bilan du 29 janvier, Santé publique France estime que 339 personnes pour 100 000 ont consulté un médecin généraliste pour syndrome grippal. Le pic devrait être prochainement atteint.

L’agence de santé publique note également une forte hausse des passages aux urgences pour le même motif. Sans être d’une anormale gravité, l’épidémie a tout de même fait plusieurs victimes. 422 cas graves ont nécessité une admission en service de réanimation. Parmi ces personnes présentant des complications de la grippe, 33 sont décédées.

COMMENT ÉVITER LA PROPAGATION ?

Le meilleur moyen de se prémunir de l’infection reste d’appliquer les mesures barrières, qui ont apporté la preuve de leur efficacité. Elles permettent d’empêcher la transmission du virus de la grippe de manière simple. Dès les premiers symptômes évocateurs d’un syndrome grippal (fièvre, courbatures, maux de tête, toux, frissons, fatigue), il est recommandé de rester chez soi. Le repos est le meilleur des traitements contre l’infection.

Si sortir s’avère nécessaire, le port d’un masque respiratoire jetable est conseillé. Ce dispositif permet de limiter la propagation de gouttelettes de salive, porteuses du virus. Au quotidien, mieux vaut éternuer dans le pli de son coude plutôt que dans ses mains et utiliser des mouchoirs à usage unique. Le lavage régulier des mains est également un point essentiel, que l’on soit malade ou non. Pour cela, deux stratégies : de l’eau et du savon, en respectant une durée de 30 secondes ; du gel hydroalcoolique, sur des mains non souillées, en respectant la même durée.

GRIPPE OU RHUME, COMMENT FAIRE LA DIFFÉRENCE ?

Grippe ou rhume ? Comment faire la différence

Audrey Vaugrente

5 février 2019

La contribution des consommateurs au Grand débat Ensemble, libérons 9 milliards de pouvoir d’achat !

La contribution des consommateurs au Grand débat

 

Ensemble, libérons 9 milliards de pouvoir d’achat !

L’UFC-Que Choisir prend part au Grand débat national en vous soumettant 12 mesures qui non seulement feraient du bien à vos finances mais favoriseraient une société plus respectueuse de la santé et de l’environnement. En jouant sur les niveaux de prix des dépenses contraintes (alimentation, banque, énergie…), on pourrait libérer 9 milliards d’euros de pouvoir d’achat, soit 320 euros par ménage. Soutenez cette contribution et votez pour les trois que vous privilégiez !

 

La contribution des consommateurs au Grand débat
Une progression durable du pouvoir d’achat de 9 milliards
5 070 personnes ont déjà signé
Notre objectif est de 75 000 signatures.

Les informations recueillies par l’UFC-Que Choisir font l’objet d’un traitement automatisé destiné à recenser les signataires de la pétition « Une progression durable du pouvoir d’achat de 9 milliards ».
Le destinataire de ces données est l’UFC-Que Choisir et leur durée de conservation est de 24 mois à compter du 04/02/2019.
Vous bénéficiez d’un droit d’accès, de rectification, de portabilité, d’effacement de celles-ci ou une limitation du traitement.
Vous pouvez vous opposer au traitement des données vous concernant et disposez du droit de retirer votre consentement à tout moment en vous adressant au Cil de l’UFC-Que Choisir via notre formulaire dédié.

Si vous le souhaitez, vous pouvez vous désinscrire à tout moment de cette pétition.

LES 12 MESURES PROPOSÉES :

 1  Répercuter les baisses des cours des matières premières agricoles sur les prix en rayon 

 2  Annuler le relèvement du seuil de revente à perte, qui gonfle les marges de la grande distribution 

 3  Supprimer les commissions d’intervention en cas d’incident bancaire 

 4  Simplifier le changement de banque avec la portabilité du numéro de compte bancaire 

 5  Faire varier les aides à la rénovation énergétique en fonction du niveau de performance et non des équipements 

 6  Appliquer strictement le principe « préleveur-pollueur-payeur » pour l’eau potable 

 7  Allonger la durée de garantie légale en fonction de la durée de vie des produits 

 8  Encadrer les loyers dans toutes les zones tendues 

 9  Faciliter la comparaison et le changement d’assurance santé 

 10  Limiter les dépassements d’honoraires médicaux 

 11  Réformer l’apprentissage de la conduite pour baisser le prix du permis 

 12  Libéraliser la vente de pièces de carrosserie automobiles 

1. Répercuter les baisses des cours des matières premières agricoles sur les prix en rayon
(340 millions d’euros libérés)

Trop souvent, certains industriels ou distributeurs profitent des baisses des cours agricoles pour gonfler leurs marges. Ainsi, le cours du lait a baissé de près de 30 % entre 2014 et 2017 mais le prix de la bouteille de lait demi-écrémé a bondi de 5 % ! Un mécanisme empêchant les prix des denrées de rester élevés alors que leurs coûts de production chutent existe déjà pour les fruits et légumes. Le généraliser aux produits alimentaires peu ou pas transformés (viande, lait…) vous ferait gagner au moins 340 millions d’euros/an de pouvoir d’achat.

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2. Annuler le relèvement du seuil de revente à perte, qui gonfle les marges de la grande distribution
(800 millions d’euros libérés)

Entrée en vigueur le 1er février 2019, dans le cadre de la loi Alimentation, la « réforme du seuil de revente à perte » relève de 10 % le prix minimal auquel les distributeurs peuvent vendre une denrée alimentaire. Ainsi, plus question d’étiqueter un produit moins de 1,10 € s’ils l’ont acheté 1 € au producteur. Résultat, la facture des consommateurs grimpe et la marge des commerçants est accrue ! Quant aux agriculteurs, que cette mesure est censée aider à être mieux rétribués, rien n’oblige distributeurs et fabricants à leur reverser le surplus prélevé sur le dos des consommateurs ! Alors supprimons cette réforme inutile.

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3. Supprimer les commissions d’intervention en cas d’incident bancaire
(2,8 milliards d’euros libérés)

Ces « frais sanction » vous sont appliqués automatiquement alors qu’ils n’ont pas de légitimité économique. Dans les faits, ils ne rémunèrent pas la banque pour l’analyse de votre solvabilité ! D’autres frais (lettre d’information, par exemple) suffisent déjà à compenser les coûts de gestion des incidents.

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4. Simplifier le changement de banque avec la portabilité du numéro de compte bancaire
(1,2 milliard d’euros libéré)

Les frais bancaires vous coûtent cher : 215 € en moyenne ! Normal, les Français changent trois fois moins souvent de banque que les autres Européens. S’ils pouvaient conserver leur numéro de compte (portabilité), ce serait plus facile. Et en choisissant les établissements les moins chers, ils économiseraient 1,2 milliard.

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5. Faire varier les aides à la rénovation énergétique en fonction du niveau de performance et non des équipements
(450 millions d’euros libérés)

Le logement représente 30 % de notre consommation d’énergie. La rénovation énergétique peut faire baisser ce poste de dépense. Le problème, c’est que les aides aux particuliers (crédit d’impôt, TVA réduite…) sont mal conçues. Au lieu de cibler les travaux les plus efficaces, comme une isolation performante, elles sont versées en fonction des équipements installés. Ainsi, le changement de fenêtres, qui a bénéficié d’une grande partie des aides, pèse peu dans la baisse des consommations. Passer à un dispositif unique et progressif soutenant les travaux les plus performants soulagerait financièrement les ménages et inciterait les professionnels à proposer des solutions mieux adaptées.

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6. Appliquer strictement le principe « préleveur-pollueur-payeur » pour l’eau potable
(1,04 milliard d’euros libéré)

Les consommateurs sont loin d’être les premiers préleveurs ou pollueurs de la ressource aquatique. Pourtant, ils paient l’essentiel des taxes sur la consommation et la pollution via leur facture d’eau ! Ce surcoût représente pour eux un milliard d’euros par an. Appliquer le principe préleveur-pollueur-payeur encouragerait des pratiques agricoles plus vertueuses, bénéfiques pour nos finances, notre santé et notre environnement.

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7. Allonger la durée de garantie légale en fonction de la durée de vie des produits

La durée légale de garantie de deux ans est insuffisante. Passé ce délai, trop de consommateurs sont contraints de racheter un équipement neuf en cas de panne. L’allongement de la garantie légale en fonction de la durée de vie contrecarrerait l’obsolescence organisée et inciterait les industriels à produire des biens durables. Dans l’esprit de l’économie circulaire, c’est aussi bon pour le pouvoir d’achat que pour l’environnement.

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8. Encadrer les loyers dans toutes les zones tendues

La loi Élan (Évolution du logement, de l’aménagement et du numérique) de novembre 2018 rend facultative l’expérimentation de l’encadrement des loyers pour les collectivités où le marché immobilier est tendu. Pourtant, ce dispositif a fait ses preuves à Paris et Lille. Pour contenir les hausses de loyers, il faut le rendre obligatoire dans toutes les zones tendues.

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9. Faciliter la comparaison et le changement d’assurance santé
(1,2 milliard d’euros libéré)

Offres illisibles et incomparables, résiliation difficile : le marché des complémentaires santé ne joue pas le jeu de la concurrence au service des consommateurs. Résultat, depuis 2006, les cotisations ont augmenté de plus de 50 %. Avec une présentation plus lisible et harmonisée des offres, la publication du taux de redistribution par organisme (part des cotisations reversée aux assurés) et la possibilité de résilier à tout moment, les consommateurs changeraient d’assurance santé plus facilement. Les frais de gestion devraient donc baisser. Et s’ils revenaient simplement à leur niveau d’il y a 5 ans, l’économie serait de 1,2 milliard.

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10. Limiter les dépassements d’honoraires médicaux
(650 millions d’euros libérés)

Majoritairement non remboursés par les complémentaires santé, les dépassements d’honoraires (2,7 milliards d’euros en 2017) ont plus que doublé en 15 ans. L’Option de pratique tarifaire maîtrisée (Optam), censée limiter ce reste à charge sur le principe modération des dépassements contre aides publiques, est un échec. En effet, elle repose sur le volontariat des professionnels de santé. Rendre l’Optam obligatoire améliorerait l’accès aux soins et ferait économiser 650 millions d’euros par an aux patients.

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11. Réformer l’apprentissage de la conduite pour baisser le prix du permis
(365 millions d’euros libérés)

Le permis de conduire coûte 1 800 € en moyenne. En favorisant l’émergence d’auto-écoles en ligne, moins chères grâce au numérique, en modifiant les règles d’attribution des places à l’examen pratique, actuellement trop favorables aux acteurs historiques, et en permettant à des enseignants indépendants de proposer des heures de conduite au-delà d’un socle obligatoire en auto-école, on ferait baisser le prix du permis sans nuire à la sécurité.

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12. Libéraliser la vente de pièces de carrosserie automobiles
(415 millions d’euros libérés)

En France, les constructeurs automobiles décident seuls qui a le droit de fabriquer et de vendre les pièces détachées de carrosserie (pare-chocs, phare, rétroviseur, etc.). Conséquence : le prix de ces pièces, et donc de la réparation auto, est bien plus élevé chez nous qu’ailleurs en Europe. Et cela se répercute sur les primes d’assurance auto. Si on supprimait ce monopole, les Français économiseraient 415 millions d’euros par an.

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NOTES

Les mesures sont classées dans l’ordre alphabétique des secteurs concernés : alimentation, banque, énergie, environnement, logement, santé et transport.
4 février 2019

Crédit immobilier/clause de domiciliation La fin d’un dispositif de l’ancien monde ?

Crédit immobilier/clause de domiciliation

 

La fin d’un dispositif de l’ancien monde ?

Alors que la présidente du Comité consultatif du secteur financier (CCSF) vient d’annoncer avoir remis officiellement le 24 janvier à Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, un rapport qui préconise fermement la suppression des clauses de domiciliation des revenus dans le cadre d’un crédit immobilier, je ne peux m’empêcher de rappeler le feuilleton ubuesque de cette clause problématique qui, souhaitons-le, vit, avec ce rapport, ses dernières heures !

 

L’ouverture d’un compte bancaire sur lequel les revenus des emprunteurs doivent être domiciliés est généralement une condition préalable imposée par les banques pour l’obtention d’un crédit immobilier. De tels agissements, régulièrement dénoncés par l’UFC-Que Choisir, ont poussé la Commission des clauses abusives à recommander la suppression de telles clauses dès 2004. En effet, en l’absence d’un avantage individualisé, ces clauses sont considérées comme abusives par la Commission puisqu’elles créent un déséquilibre au détriment des consommateurs… Elles constituent en effet indéniablement un frein à la mobilité bancaire. Loin d’assainir la situation, le gouvernement a, en catimini, par ordonnance prise sans consultation des parties prenantes au CCSF, légitimé la pratique… Le dispositif prévoit que les banques puissent imposer pour une durée de 10 ans la domiciliation des revenus en échange d’un avantage individualisé, le plus souvent un taux d’intérêt annoncé plus faible.

Cette mesure est particulièrement préjudiciable aux consommateurs, et à la mobilité bancaire encouragée par la Loi… Macron dont le bilan est loin d’être flatteur ! D’une part, les taux pratiqués par les prêteurs n’étant ni uniques, ni publics, les consommateurs ne peuvent apprécier la réalité de l’avantage individualisé… D’autre part, l’absence de fixité des frais liés à la gestion du compte ne leur permet pas d’évaluer l’offre de crédit la moins chère, frais bancaires inclus. Enfin, il impose une décennie de « captivité » à tous les nouveaux emprunteurs, soit une durée supérieure à la durée effective des crédits immobiliers (7 ans en moyenne). Face à une telle aberration, la présidente du CCSF réclame une mesure forte : la suppression de cette clause.

Si je ne peux que me réjouir de cette proposition contenue dans le rapport officiel, je regrette que ce dernier n’ait pas (encore ?) été publié par le Ministre. Fruit d’un large consensus parmi les parties prenantes, à l’exception notable des banques, sa publication est plus que nécessaire. L’objectif est désormais une traduction concrète de cette préconisation avec l’interdiction dans la loi de ces clauses de l’ancien monde. De ce point de vue, la Loi PACTE, actuellement en discussion, offre un bon véhicule…

Alain Bazot

Président de l’UFC – Que Choisir

3 février 2019

Électrosensibilité Un technicien reconnu en maladie professionnelle

Électrosensibilité

 

Un technicien reconnu en maladie professionnelle

Un technicien exposé aux ondes électromagnétiques sur son lieu de travail vient d’être reconnu en maladie professionnelle pour cause d’électrosensibilité. L’affaire a été jugée par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, c’est une première en France.

 

Il aura fallu plus de dix ans à ce technicien d’analyse pour que son électrosensibilité soit reconnue d’origine professionnelle.

De 2007 à 2010, il a travaillé à proximité immédiate d’un spectromètre de masse isotopique et dans ce cadre, il a été exposé de façon continue à des champs électromagnétiques statiques de haute et de basse fréquence.

Embauché en parfaite santé, ses problèmes ont débuté quelques mois après son arrivée dans le service. Dès 2008, il signale au médecin de prévention qu’il souffre d’acouphènes, de problèmes digestifs, d’insomnies, de troubles de la concentration et de maux de tête.

Si le médecin reconnaît l’aggravation de son état de santé, il refuse de l’imputer à ses conditions de travail.

Mais ensuite, plusieurs expertises médicales se sont succédé, et elles concluent à la responsabilité des champs électromagnétiques auxquels il est exposé sur son lieu de travail. Des mesures effectuées autour du spectromètre révèlent en effet un taux de champs électromagnétiques élevé, et par ailleurs aucune pathologie organique ne peut expliquer la dégradation de l’état de santé du technicien. Une expertise souligne que le spectromètre en question « représente une source d’exposition importante et suffisamment impactante pour que le caractère professionnel du syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques puisse être reconnu au salarié ».

Pourtant, l’organisme qui l’emploie ne veut rien entendre. Dans une décision du 1er juillet 2016, la direction refuse de reconnaître le caractère professionnel de sa pathologie. Le technicien décide alors de saisir le tribunal administratif. Rendu le 17 janvier 2019, le jugement stipule qu’« en dépit de l’absence de consensus médical, en l’état des connaissances scientifiques, sur un lien de causalité entre les effets à long terme sur la santé et l’exposition aux champs électromagnétiques […] il existe une probabilité suffisante que l’hypersensibilité électromagnétique contractée par le requérant soit en rapport avec son activité professionnelle ». Le tribunal administratif impose à l’employeur de reconnaître le caractère professionnel de l’électrosensibilité du technicien.

JUGEMENT NON TRANSPOSABLE AU COMPTEUR LINKY

Si ce jugement peut donner de l’espoir aux salariés soumis à de fortes expositions aux ondes électromagnétiques, il ne faudrait pas extrapoler ses conclusions aux faibles expositions environnementales. Il est par exemple inutile d’invoquer ce jugement pour refuser la pose d’un compteur Linky. Rappelons qu’en dépit de ce que prétendent ses opposants, il est très peu émissif, beaucoup moins par exemple qu’un téléphone portable. Ses émissions sont du même ordre que celles de nombreux équipements électriques domestiques, que ce soit les lampes fluocompactes ou les LED, les chargeurs, les écrans d’ordinateurs… Autant d’accessoires ou d’appareils qui n’ont jamais suscité d’angoisse collective.

Élisabeth Chesnais

3 février 2019

Vins italiens Des fraudes massives sanctionnées

Vins italiens

 

Des fraudes massives sanctionnées

Une enquête menée sur l’ensemble du territoire italien a conduit les carabiniers à saisir 5 millions de litres de vins frauduleux. Leurs inspections ont révélé de nombreux manquements en termes de méthodes de production, d’hygiène et de traçabilité.

 

Le succès des vins italiens, en particulier du prosecco, fait-il perdre la tête des producteurs ? La brigade antistupéfiants et de protection de la santé des carabiniers (NAS) a annoncé avoir saisi 5 millions de litres de vin frauduleux après 871 inspections menées entre septembre et novembre 2018 dans tout le pays. 20 % de leurs visites dans des domaines viticoles ont permis de soulever de « graves irrégularités » : non-respect des règles d’hygiène, manque de traçabilité, etc. « L’un des phénomènes les plus préoccupants est celui de l’utilisation de substances interdites dans la fabrication du vin, à commencer par l’ajout de sucre au moût dans le but d’augmenter la teneur en alcool », a expliqué le commandement des carabiniers.

« Les interventions nous ont permis d’identifier 29 entreprises ayant exercé leurs activités dans des conditions de graves déficiences structurelles et sanitaires », ont détaillé les autorités, ce qui a entraîné leur suspension. 14 entreprises ont été renvoyées devant la justice et 162 sanctionnées. 245 amendes administratives ont été prononcées.

Dans la région de Trévise, où est produit le célèbre prosecco, les carabiniers ont découvert d’importantes quantités de moût non enregistrées dont la provenance était inconnue. Ils y ont saisi 69 000 litres de moût, 73 000 tonnes de raisins et 743 000 litres de prosecco sur le point d’être étiqueté « DOCG » (Dénomination d’origine contrôlée et garantie) ou « DOC » (Appellation d’origine contrôlée), l’équivalent italien des AOC (appellation d’origine contrôlée). Trois producteurs de prosecco ont été condamnés pour avoir rajouté du sucre et d’autres additifs interdits dans leurs vins.

Ces pratiques, en particulier l’utilisation de raisins d’origine inconnue, peuvent s’expliquer par l’explosion de la demande en prosecco, qui a pris les producteurs par surprise. Avec des exportations en hausse de 75 % en 15 ans et une production de 600 millions de bouteilles en 2018 (le double de la Champagne sur la même période), le prosecco est devenu l’un des vins mousseux les plus populaires au monde. « Cette augmentation des ventes, cumulée à une ou deux années de vendanges moins abondantes, ont mis les stocks sous pression pendant plusieurs années », décrypte un connaisseur du secteur.

Outre cette tentation de frauder, l’augmentation de la production a un fort impact écologique, selon une étude italienne publiée sur le site de prépublication scientifique bioRxiv. Des chercheurs de l’université de Padoue ont estimé que la zone d’appellation DOCG (215 km² où sont produites 100 millions de bouteilles de prosecco par an) perd chaque année près de 550 000 tonnes de collines. Ils observent que les traditionnelles cultures en terrasse ont laissé place à des vignes plantées directement en pente, pour faciliter la mécanisation. Associée à une disparition des haies et à une baisse du couvert végétal, cette évolution entraîne une fragilisation des sols, lessivés par la pluie.

VIANDE POLONAISE FRAUDULEUSE : 800 KG EXPORTÉS VERS LA FRANCE

En plein procès sur la fraude à la viande de cheval, c’est une nouvelle affaire qui tombe fort mal pour l’image de la filière. Mercredi 30 janvier, les services sanitaires polonais ont signalé que 2,7 tonnes de viande de bovins malades, qui n’auraient donc pas dû être commercialisées, ont été exportées vers au moins 12 pays européens (1), dont la France. Sept tonnes supplémentaires ont été écoulées en Pologne même. L’abattoir à l’origine de la fraude aurait été fermé, et une enquête ouverte.

500 kg détruits

En France, quelque 800 kg ont été livrés à « 9 entreprises de négoce », et plus de 500 kg ont déjà été identifiés et détruits, signalait le ministère de l’Agriculture vendredi 1er février. Ce qui laisse encore près de 300 kg non localisés…

Vérifier la mention précise de l’origine

L’UFC-Que Choisir « demande qu’une enquête nationale soit immédiatement diligentée et que soit révélés les marques, produits et numéros de lots des produits éventuellement concernés ». D’ici là, mieux vaut favoriser les plats mentionnant explicitement le pays d’origine, et non un vague « UE ».

Elsa Casalegno

(1) Estonie, Finlande, France, Allemagne, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Portugal, Roumanie, Slovaquie, Espagne et Suède.

Morgan Bourven

3 février 2019

Grippe saisonnière L’épidémie touche toute la France

Grippe saisonnière

 

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Toux, frissons, fièvre. L’épidémie de grippe comble son retard et devrait prochainement atteindre son pic. En seulement deux semaines, le virus s’est étendu à l’ensemble du territoire.

 

Il aura fallu attendre janvier pour assister au début de la traditionnelle épidémie de grippe saisonnière. Mais le virus compense son arrivée tardive par une virulence impressionnante. En moins de trois semaines, l’ensemble des régions françaises a été submergé par cette infection respiratoire hivernale. Dans son bilan du 29 janvier, Santé publique France estime que 339 personnes pour 100 000 ont consulté un médecin généraliste pour syndrome grippal. Le pic devrait être prochainement atteint.

L’agence de santé publique note également une forte hausse des passages aux urgences pour le même motif. Sans être d’une anormale gravité, l’épidémie a tout de même fait plusieurs victimes. 422 cas graves ont nécessité une admission en service de réanimation. Parmi ces personnes présentant des complications de la grippe, 33 sont décédées.

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Si sortir s’avère nécessaire, le port d’un masque respiratoire jetable est conseillé. Ce dispositif permet de limiter la propagation de gouttelettes de salive, porteuses du virus. Au quotidien, mieux vaut éternuer dans le pli de son coude plutôt que dans ses mains et utiliser des mouchoirs à usage unique. Le lavage régulier des mains est également un point essentiel, que l’on soit malade ou non. Pour cela, deux stratégies : de l’eau et du savon, en respectant une durée de 30 secondes ; du gel hydroalcoolique, sur des mains non souillées, en respectant la même durée.

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Audrey Vaugrente

3 février 2019