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Environnement / Energie

Agriculture conventionnelle et agriculture biologique Trop de biais dans les comparaisons

Agriculture conventionnelle et agriculture biologique

 

Trop de biais dans les comparaisons

Si le coronavirus n’accaparait pas toute notre attention, l’étude de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) pourrait faire du bruit. Elle dénonce en effet les biais des analyses de cycle de vie pour comparer les modèles agricoles.

 

La collaboration est européenne. Des chercheurs danois, suédois et, pour la France, de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) publient une étude qui pourrait faire date.

Ils y démontrent que la méthode la plus courante pour évaluer les impacts sur l’environnement de l’agriculture et de l’alimentation, à savoir l’analyse de cycle de vie (ACV), est « trop simpliste et passe à côté d’avantages majeurs de l’agriculture biologique ». Cette méthode peut notamment amener à conclure que l’agriculture biologique a plus d’impact que la conventionnelle en raison de ses rendements plus faibles qui mobilisent plus de terres.

Mais les ACV oublient des points essentiels pour évaluer l’impact sur l’environnement, assurent les chercheurs. Et de citer la biodiversité, d’une importance cruciale. « L’agriculture conventionnelle s’est avérée être une des principales causes du déclin des insectes et des oiseaux. » Autre élément majeur négligé par la plupart des ACV analysées, « les résidus de pesticides dans le sol, dans l’eau et dans les aliments, qui peuvent être nocifs pour la santé humaine, les écosystèmes terrestres et aquatiques ».

Quant à la dégradation des terres et des sols, les avantages des pratiques agricoles biologiques, que ce soit via les rotations de cultures ou l’utilisation d’engrais organiques, « sont paradoxalement souvent négligés dans les études d’ACV », constatent les chercheurs, sans même parler du bien-être animal.

Par ailleurs, l’ACV évalue l’impact environnemental par kilogramme produit, ce qui favorise l’agriculture intensive conventionnelle. Les auteurs demandent qu’on y intègre la biodiversité, la qualité de la ressource en eau, celle du sol, ainsi que le bien-être animal. Autant d’enjeux de plus en plus déterminants pour les consommateurs.

Élisabeth Chesnais

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